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Accueil > Changements climatiques > Actualités du climat > Sècheresse extrême en France : un avant-goût de l’avenir
Sècheresse extrême en France : un avant-goût de l’avenir
date 23 juin 2011
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Au printemps, la France a eu chaud et a souffert de la sècheresse comme cela faisait bien longtemps. Le mois d’avril en paticulier a été 4°C plus chaud que la normale saisonnière. Météo France, dans son bulletin de juin, dresse le bilan de cet épisode exceptionnel et rappelle que ces effets des changements climatiques sont depuis longtemps connus. Et qu’il va falloir s’y habituer.

Ce printemps, le pays a connu une sécheresse exceptionnelle sur une grande partie du territoire en raison de deux facteurs principaux :
- les pluies d’automnes et d’hiver 2010 ont été radicalement plus faibles que les autres années, ce qui n’a pas pu remplir de façon suffisante les nappes souterraines. Près de la Méditerranée, les pluies ont été plus excédentaires, mais sur le reste du pays, elles ont été largement déficitaires, souvent de plus d’un cinquième des réserves. Au 1er juin, 79% des réservoirs affichaient un niveau inférieur à la normale.
Sècheresse extrême en France : un avant-goût de l'avenir

- le manque de pluie a perduré avec le printemps (sauf dans les régions méditerrannéennes), et s’est accompagné de températures anormalement hautes (+1,2°C en mars, +4°C en avril et +3,7°C en mai). Ce printemps se positionne ni plus ni moins au premier rang des printemps les plus chauds depuis le début du XXème siècle.

Privés de réserve suffisante, les sols se sont rapidement assèchés. Au 1er juin, les sols connaissaient sur l’ensemble du pays, régions méditerranéennes exceptées, un niveau de sécheresse jamais atteint à la fin du printemps au cours des cinquante dernière années. Cette sécheresse, sévère en France, n’a pas épargné les autres pays nord-européens, qui ont eux aussi enregistré des déficits pluviométriques remarquables au printemps. Egalement, les températures d’avril ont très largement dépassé les normales de l’Europe.
Alors, cette sècheresse est-elle un accident climatologique isolé comme il en arrive parfois ?
Rien n’est moins sûr d’autant que Météo-France rappelle que des travaux menés sur l’évolution du climat en France et dans le monde ont montré une augmentation du nombre de sècheresses des sols superficiels d’ici la fin du XXIe siècle. « Ces sècheresses augmenteront fortement en nombre, mais aussi en intensité et en étendue spatiale » comme le repère inlassablement la communauté scientifique depuis des dizaines d’années. La frise (ci-dessous) représente les anomalies de température d’un mois d’avril depuis 1900, par rapport à la moyenne une moyenne 1971-2000.

Sècheresse extrême en France : un avant-goût de l'avenir
On y constate que les anomalies semblent suivre une tendance vers le réchauffement, les anomalies négatives ayant totalement disparu depuis l’année 2002.
Dans le même temps, l’AEI révèle qu’en 2010, jamais le monde n’avait émis autant de CO2 dans l’atmosphère (30,6 gigatonnes soit 1,6 gigatonne de plus qu’en 2009). Du coup, l’espoir de contenir le réchauffement climatique dans la limite d’une augmentation de 2°C s’éloigne peu a peu.
Nous serions en vérité sur la route d’une augmentation de +3°C, voire +4°C ?
« Il y a 50% de risques que l’augmentation de la température dépasse les 4°C vers 2100 » a déclaré le docteur Birol au journal anglais The Guardian. Pour éviter la catastrophe, l’AEI avait fixé la barre maximum à 32 gigatonnes d’émissions en 2020. Si l’on continue à ce rythme (+4,4% chaque année), nous aurons atteint le seuil critique en... 2012.
Une élément de plus (s’il en fallait encore) qui rend indispensable la prise d’objectifs radicaux et immédiats pour endiguer significativement les émissions de gaz à effet de serre.
L’Europe et la France ont la parole.