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Sauvez le soldat Kyoto, supprimez l’air chaud !
date 5 décembre 2012
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La question de "l’air chaud" est un sujet brûlant des négociations à Doha. Il s’agit d’un surplus artificiel de permis à émettre qui est aujourd’hui entre les mains de quelques Etats. Cette question va fortement peser sur le résultat de la conférence de Doha, et sur les efforts des pays en général dans les années à venir, y compris dans le cadre d’un accord mondial après 2020.

13.000.000.000.000 tonnes de CO2. Treize milliards !

C’est ce que représente "l’air chaud" que certains pays récalcitrants veulent ré-insuffler dans l’atmosphère à Doha. C’est autant que les efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de tous les pays agissant sous l’égide du Protocole de Kyoto dans les prochaines années.

Ce que les pays vont décider de faire de cet air chaud dans le cadre d’une suite au protocole de Kyoto est une question centrale à Doha, qui va déterminer en grande partie le succès ou l’échec de la conférence.

Il s’agit d’un stock inutilisé de permis à émettre détenus les pays en transition (Russie, Pologne, etc). Selon les règles du Protocole, les pays ont le droit de conserver ces permis et de les reporter sur la période suivante. Ils peuvent aussi les vendre à d’autres pour qu’ils respectent leurs engagements internationaux.

Mais les réductions d’émissions dans les pays en transition sont calculés par rapport à une année de référence volontairement choisie dans la période qui a précédé l’écroulement de leur économie. Pour recueillir la signature de ces Etats, on leur a concédé des objectifs tellement faibles qu’ils les avaient déjà atteints au moment de leur ratification du traité. La Pologne, par exemple, devait faire moins 6% en 2012 par rapport à 1990. En 1997, ses émissions s’étaient déjà effondrées de 20% par rapport à 1990 à cause de sa désindustrialisation. C’est pourquoi ces pays n’ont pas eu besoin d’utiliser tout le "budget carbone" (leurs permis à émettre) qu’ils s’étaient vus attribuer. Grâce à ce traitement de faveur, les pays en transition sont aujourd’hui en possession d’un surplus de quotas d’émissions, qu’ils veulent pouvoir conserver à l’avenir.

Ce décalage entre les chiffres du Protocole et la réalité des émissions a des impacts concrets pour l’efficacité du traité au niveau international. Le premier problème majeur, c’est que cet air chaud n’est pas le résultat de politiques volontaristes de réductions d’émissions, mais d’un jeu comptable. Le second problème, c’est que les efforts prévus aujourd’hui dans les pays développés ne sont pas suffisamment ambitieux pour absorber tout ce surplus de permis à émettre. En d’autres termes, aucun pays n’aura besoin de les acheter aux pays d’Europe de l’Est et en transition pour remplir ses engagements.

A Doha, les ONG demandent la suppression totale de l’air chaud à la fin de la deuxième phase du Protocole. Au cours de cette phase, le risque que l’air chaud soit insufflé dans l’atmosphère est relativement réduit car il n’y aura pas suffisamment de demande pour ces crédits. En effet, les objectifs de réduction des pays sont si faibles qu’ils les atteindront aisément avec leur propre quantité de permis à émettre.

Mais l’air chaud représente un risque considérable pour la négociation de l’accord mondial sur le climat, qui doit être conclu d’ici 2015 et amener tous les pays du monde, y compris les pays en développement, à faire des efforts de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. La Pologne et les autres pays qui revendiquent la conservation de leur air chaud pourraient s’en servir de levier dans la négociation du futur accord. Une telle prise en otage du climat serait inacceptable. En outre, l’absence de référence claire à la suppression de l’air chaud avant 2020 décrédibiliserait davantage la position de l’Union européenne, qui jusqu’à présent a été incapable de se mettre d’accord sur une position en interne, à cause de la Pologne.

La Pologne, le pays hôte de la prochaine COP, doit faire preuve de leadership et de flexibilité, et cesser de retarder les efforts de l’UE sur cette question.

Les ONG attendent des ministres à Durban qu’ils éclatent la bulle d’air chaud et donne une deuxième vie ambitieuse au Protocole de Kyoto.

Voir l’action des ONG contre l’air chaud à Doha >>>