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Accueil > Changements climatiques > Comprendre et réagir > Impacts et conséquences > Biodiversité > Sauver les joyaux naturels du changement climatique
Sauver les joyaux naturels du changement climatique
date 11 avril 2007
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Sauver les joyaux naturels du changement climatique

Télécharger le rapport sur le site du wwf international (en anglais)

Dans son dernier rapport, « Sauver les joyaux naturels du changement climatique », le WWF décrit les impacts destructeurs du changement climatique sur la faune et la flore représentantes les dix plus belles merveilles naturelles du monde.

À l’occasion de la publication du rapport du second groupe de travail du GIEC, le fond mondial de la nature (WWF) dénonce dans un rapport intitulé « Sauver les joyaux naturels du changement climatique », les conséquences désastreuses du changement climatique sur des écosystèmes naturels remarquables. Dans ce document, l’association fait référence à « dix [des] plus belles merveilles du monde » et explique à chaque fois son action dans ces régions menacées. Pour le Docteur Lara Hansen, Responsable du Programme sur le changement climatique au WWF, nous tentons par tous les moyens de gagner du temps pour que des mesures soient prises afin de stopper le changement climatique.

Le WWF cite notamment le déclin du saumon sauvage dans les mers de Bering et dans le Pacifique nord. Les 7 espèces de saumon sauvage qui passent leur vie adulte dans cette mer semblent en déclin lors des années anormalement chaudes. L’augmentation même légère des températures de l’eau et la diminution de la salinité due à une fonte précoce et accrue des glaces seraient à l’origine de la raréfaction des saumons qui remontraient vers les pôles. Élément important de la chaîne alimentaire de cette région, la disparition du saumon pourrait perturber l’équilibre écologique et les activités de pêche des États-Unis et de la Russie qui s’approvisionne pour moitié dans ces mers.

Plus au sud, le WWF prend l’exemple du désert de Chihuahua. Avec plus de 3.500 espèces végétales dont un tiers de plantes endémiques et des animaux rares tels que le jaguar ou l’ours noir, ce grand désert d’Amérique du Nord est l’un des plus riches sur le plan de la biodiversité. Mais les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir sur le plan de la disponibilité en eau. Les fleuves qui le traversent comme le Rio Grande se sont parfois asséchés au cours des dernières années et la zone est marquée par des pratiques agricoles intensives. C’est pourquoi le WWF travaille avec des partenaires régionaux et locaux pour permettre un approvisionnement régulier en eau pour les exploitants et l’environnement.

Aux Caraïbes, six espèces de tortues marines sur sept sont sérieusement menacées à cause du réchauffement climatique. Le WWF explique que ce dernier provoque certains changements dans l’alimentation des tortues avec la disparition des récifs coralliens ou encore dans leurs migrations avec l’évolution des courants. C’est pourquoi, au niveau local, le WWF agit sur la protection de l’habitat des tortues imbriquées pour leur garantir un environnement de meilleure qualité.

Les perturbations climatiques ont également un impact sur le fleuve amazone qui en tant que second plus grand et plus long fleuve du monde constitue un véritable régulateur du climat à l’échelon mondial et régional. Le réchauffement de 2 à 3 degrés prévu par les scientifiques d’ici 2050 pourrait provoquer la conversion de 30 à 60 % de la forêt amazonienne en savane sèche. C’est dans ce contexte que le WWF met en place le projet Climat pour renforcer et développer les savoirs traditionnels des communautés et les aider à s’adapter aux changements climatiques qui les menacent.

Les forêts tempérées de Valdiviennes situées au Chili et en Argentine sont également exposées à la sécheresse et aux incendies alors qu’elle accueille le Fitroya. Arbre de la famille du cyprès, le Fitoya est l’un des plus vieux arbres au monde en vivant plus de 3.000 ans. Des analyses effectuées sur cette espèce témoignent d’une hausse des températures sur les 100 dernières années ce qui en fait un témoin privilégié du changement climatique.

En Afrique, le WWF pointe du doigt les forêts humides qui s’étendent sur les littoraux de Somalie, du Kenya, de Tanzanie et du Mozambique. Cet écosystème riche et fragile dépend de la régularité des pluies apportées par l’Océan Indien. Par conséquent, une modification des régimes de pluie provoquerait l’assèchement des forêts, l’augmentation des risques d’incendie et l’appauvrissement des surfaces agricoles. Selon le WWF, la montée du niveau de l’eau, la multiplication de tempêtes et l’expansion du paludisme favorisées par des températures plus chaudes ajouteraient au désarroi des populations. À ce problème forestier viennent s’ajouter les menaces qui pèsent sur la biodiversité marine au large des côtes africaines. Identifiés par le WWF comme une région prioritaire, les 4.600 km de littoral incluent par exemple une grande diversité de récifs coralliens, de mangroves, d’espèces de tortues. Le blanchiment des coraux, les tempêtes et la montée du niveau des océans posent un risque à ces milieux exceptionnels et aux populations qui en vivent. Le WWF est donc particulièrement impliqué dans l’étude de la vulnérabilité des coraux et des mangroves à la montée des températures.

En Asie, et plus particulièrement dans le delta du Bengale, les îles Sundarbans constituent la dernière mangrove où vit encore la plus importante population de tigre du Bengale ainsi qu’une diversité incroyable d’espèces végétales. Selon le WWF, les conséquences du réchauffement climatique sont déjà visibles : montée du niveau de la mer, salinisation des terres agricoles, mousson plus tardive et plus violente, disparition d’îles... D’ici 2050, les scientifiques estiment qu’ 1 million de personnes entre l’Inde et le Bangladesh seront touchées par les conséquences du réchauffement. C’est pourquoi, dans ces missions, le WWF tente d’identifier et de protéger de la montée des eaux les zones les plus à risques.

La situation est également critique pour la chaîne himalayenne. L’énorme surface de glaciers (33.000 km2) est la source d’eau potable de centaines de millions d’habitants pendant la saison sèche. La région abrite également des espèces rares et menacées (tigres, léopards des neiges, pandas rouges...). Le WWF prévoit que la fonte des glaces due au réchauffement climatique affecte gravement la vie des populations humaines, notamment agricoles et celle de la biodiversité : d’abord par des inondations et débordements de lacs de montagne, puis par la pénurie d’eau.

Le même phénomène est évoqué pour les sources du Yang-Tse-Kiang. Le plus long fleuve d’Asie, qui abrite notamment le Panda, est menacé par la fonte des glaciers du plateau Tibétain où il prend sa source. Une étude du WWF a montré qu’en moyenne, les glaciers régressent de 10 mètres par an sur la zone est de l’Himalaya. La région subit déjà des changements saisonniers : orages violents, inondations, sécheresses catastrophiques...Dans cette région, le WWF développe une politique énergétique novatrice destinée aux communautés rurales qui partagent l’habitat du Panda. D’une façon générale, il tente de limiter la vulnérabilité du Yang-Tsé-Kiang face aux pressions qu’elles soient climatiques ou autres.

Mais au-delà de ces 10 merveilles naturelles mondiales, c’est bien toute la planète qui va être confrontée à des modifications. Dans son dernier rapport, le GIEC prévoit notamment que de nombreux milieux naturels seront particulièrement touchés par le changement climatique et dresse la longue liste des impacts économiques et sociaux que les événements météorologiques extrêmes : accès à l’eau, ressources énergétiques, rendements agricoles, mouvements de populations...

F.LABY