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Accueil > Réseau Action Climat > Nos activités > Le RAC-F dans la presse... > Articles 2003 - 2004 > « Sans objectifs clairs, ce sera le statu quo »
« Sans objectifs clairs, ce sera le statu quo »
date 23 février 2006
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« Sans objectifs clairs, ce sera le statu quo » Bilan, avec Raphaëlle Gauthier, du Réseau action climat, de la 10e conférence de l’ONU


Raphaëlle Gauthier, chargée de mission internationale au sein de l’ONG Réseau action climat-France (RAC-F), est présente à Buenos Aires
(Argentine) depuis le début de la conférence. Elle revient sur dix jours de négociations.

Dans quel contexte international s’est tenue cette conférence ?

Raphaëlle Gauthier. L’un des objectifs était de définir la façon dont on approvisionne les fonds nécessaires à l’adaptation au changement climatique des pays en développement (Chine et pays du G77). Face au changement climatique, la situation de ces pays est très différente. C’est donc du cas par cas. Il y a deux ans, à Marrakech (Maroc), il a été décidé que les pays industrialisés, compris dans l’annexe 1 du protocole de Kyoto, s’engagent à revoir leurs obligations de financement pour que cette adaptation soit possible.

La ratification du protocole de Kyoto par la Russie a-t-elle modifié la tonalité des débats ?

Raphaëlle Gauthier. Le protocole va entrer en vigueur, ça ne fait pas l’ ombre d’un doute. Toutefois, en tant qu’ONG, nous pensions que la communauté internationale manifesterait plus d’enthousiasme. Il y a certes une volonté manifeste de continuer de la part des Européens. Mais les pays en développement, eux, ne sont pas du tout prêts à prendre des engagements, notamment l’Inde. De son côté, l’administration Bush a répété à satiété qu’ il était hors de question d’envisager d’autres actions futures. Résultat, alors qu’on pourrait fêter la prochaine entrée en vigueur du protocole, il faut déjà renégocier la deuxième période d’engagement.

Le principal enjeu est en effet l’après-2012. Au terme de dix jours de négociations, où en est-on ?

Raphaëlle Gauthier. D’un côté, les pays du Sud se battent autour des moyens d’adaptation et, de l’autre, les pays de l’annexe 1, sauf les États-Unis, essaient de préparer des séminaires sur les actions futures, avant la prochaine conférence en novembre 2005. L’Union européenne et certains pays de l’annexe 1 doivent relancer le débat sur les engagements pour 2012, mais ils ne savent pas comment aborder le sujet. Au bout du compte, le Sud se déchire avec la Chine, l’Europe regarde tout ça en se déclarant prête à prendre des initiatives - mais pas n’importe lesquelles -, et les États-Unis tirent tout vers le bas.

Le protocole de Kyoto a-t-il un avenir sans les États-Unis ?

Raphaëlle Gauthier. L’administration Bush, fortement opposée au protocole de Kyoto, a été confirmée par les urnes. On ne peut pas attendre qu’elle évolue beaucoup sur cette question. Toutefois, la population américaine, elle, commence à être sensibilisée. Les États fédérés et certains milieux économiques s’aperçoivent même qu’il y a des affaires à réaliser autour des énergies renouvelables. Mais sans objectifs clairement affichés collectivement, les pouvoirs économiques et politiques nationaux ne feront rien. Et ce sera le statu quo.

"L’Humanité" Vincent Defait
17 décembre 2004
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