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Accueil > Secteurs d’activités > Transports > Transport aérien > Transport aérien - Rapports de référence > Réduire les émissions de l’aviation par une tarification du CO2
Réduire les émissions de l’aviation par une tarification du CO2
date 3 avril 2013
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Cette étude scientifique, publiée par l’Université de Manchester Metropolitan, montre que les mesures existantes de limitation des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’aviation sont insuffisantes [1]. Elles ne permettront pas d’atteindre l’objectif de neutralité carbone à partir de 2020, adopté par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et les compagnies aériennes (Association internationale de l’aviation – IATA) [2].


Les émissions de l’aviation ont déjà un impact important sur le climat, avec 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si rien n’est fait pour limiter la croissance des émissions, cet impact devrait augmenter rapidement puisque le trafic aérien s’accroît de 4 à 5% par an au niveau mondial.

Cette étude est publiée alors que l’actualité à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) est dense cette année : le Conseil de l’OACI, son Groupe d’experts de haut niveau sur l’aviation et le climat et son assemblée générale se réunissent pour tenter de trouver une solution internationale aux émissions de l’aviation. Le Groupe d’experts et le Conseil sont chargés de réfléchir, négocier et donner des orientations à l’assemblée de l’OACI (en septembre) [3] pour l’adoption d’un accord à 191 pays.

Les travaux de recherche du professeur Lee [4] et de ses collègues analysent les scénarios d’émissions du secteur aérien en fonction de trois types de mesures de réduction. Les projections pour un scénario d’émissions [5] moyen révèlent un fossé de 153 à 387 millions de tonnes de CO2 restant à combler pour atteindre l’objectif à l’horizon 2050. Ce fossé représente un tiers des émissions actuelles de l’aviation. Ces projections prennent en compte toutes les mesures de réduction d’émissions proposées par l’OACI et par l’industrie, y compris la prolongation du marché européen des quotas (EU ETS) jusqu’en 2050.

L’étude conclut qu’un mécanisme économique de limitation des émissions du secteur au niveau mondial permettrait d’aller plus loin dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les auteurs défendent l’instauration d’un système de droits à polluer négociables.

Cette étude scientifique révèlent le caractère abusif des affirmations de l’industrie aérienne, de l’Organisation de l’aviation civile internationale et des Etats-Unis. Il est clair que les mesures actuelles sont insuffisantes pour limiter les émissions de CO2 du secteur, et que des mesures supplémentaires doivent être adoptées au plus vite. A cet égard, les trajectoires présentées par les auteurs sont bien plus alarmantes que celles présentées par les compagnies aériennes (International Air Transport Association - IATA).

Trajectoires présentées par Lee et al. (2013)

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Une tarification mondiale des émissions de CO2 de l’aviation permettra de réduire l’impact de ce secteur très polluant sur le climat. L’étude de l’Université de Manchester Metropolitan montre l’importance de mécanismes régionaux de limitation des émissions de l’aérien, comme le Système européen d’échange des quotas, en attendant une solution internationale. L’Union européenne a suspendu l’application de son mécanisme régional aux vols intercontinentaux pour laisser le temps à l’OACI de s’accorder sur un instrument international.

L’OACI est sous le feu des projecteurs et doit désormais agir au plus vite. L’industrie doit désormais faire face à ses responsabilités, en adoptant dès cette année une mesure internationale de limitation des émissions de l’aviation. L’industrie doit aussi accepter l’idée qu’une tarification du carbone dans l’aérien fait partie des solutions indispensables pour éviter un changement climatique catastrophique [6].

Il est également essentiel, dans ce contexte, de préserver et d’étendre le système de tarification européen, sans l’affaiblir.



date Notes

[1D. S. Lee, L. L. Lim and B. Owen, « Bridging the aviation CO2 emissions gap : why emissions trading is needed », Dalton Research Institute, Department of Environmental and Geographical Sciences, Manchester Metropolitan, mars 2012 :
http://www.cate.mmu.ac.uk/wp-conten...

[2Engagement de IATA : http://www.iata.org/pressroom/pr/Pa...

[3L’Assemblée de l’OACI n’a lieu qu’une fois tous les trois ans.

[4Le chercheur David Lee bénéficie d’une crédibilité et d’une reconnaissance dans le secteur aérien puisqu’il est conseiller technique à l’OACI.

[5Les scenarios de croissance et de mesures possibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont fondés sur les méthodologies utilisées pour le rapport de référence de l’Onu (Programme des Nations unies pour l’environnement) en 2011 : « Bridging the Emissions Gap » : www.unep.org/pdf/unep_bridging_gap.pdf

[6Le lobby des compagnies aériennes américaines, Airlines for America (A4A) continue de faire campagne contre tout type de mécanisme de tarification de limitation des émissions du secteur. Ils privilégient une amélioration des technologies, des procédés et des infrastructures. http://www.reuters.com/article/2013...