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Réchauffement climatique - Une conférence sur le climat pour rien
date 12 juin 2007
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Réchauffement climatique - Une conférence sur le climat pour rien ?

Au Kenya, les Masaïs s’estiment les premières victimes du réchauffement.
Les femmes passent leur temps à chercher de l’eau.
Réunis à Nairobi, 163 pays vont se quitter, ce soir, sans avoir trouvé un
avenir au protocole de Kyoto. Les pays en développement soulignent la
responsabilité des « riches » dans le réchauffement.

Et après 2012 ? À la veille de se séparer, après dix jours de discussions,
les participants à la conférence ont, hier, renvoyé à plus tard les
négociations sur « l’après-Kyoto ». En ratifiant le protocole, l’Europe et
35 autres pays industrialisés ont accepté une réduction de 5 % de leurs
émissions de gaz à effet de serre (GES), avant 2012. Et après ? Cela devait
faire l’objet des discussions. Manque de temps, disent les uns. Manque de
volonté politique, disent les autres. Les organisations écologistes comme
WWF ou Rac (Réseau action climat) s’alarment : signé en 1997, le protocole
n’a commencé à être appliqué qu’en 2005...

Les pays en développement sur la réserve. Mercredi, la Chine a annoncé la
couleur : pas question de s’engager sur des réductions de ses émissions de
GES après 2012. Le protocole de Kyoto n’est pas contraignant pour les pays
en développement. Ces pays, réunis au sein du « groupe des 77 », soulignent
la « responsabilité histori-que » des « riches » dans le réchauffement et
revendiquent leur aide pour continuer à se développer. Toutefois, les pays
émergents commencent à peser lourd. Les émissions de la Chine, de l’Inde et
du Brésil devraient doubler dans les vingt prochaines années. Deu-xième
émetteur de gaz carbonique (CO2) derrière les États-Unis, la Chine ne
tardera pas à passer en tête. C’est l’une des raisons invoquées par George
Bush pour ne pas ratifier le protocole.

Kyoto : un programme minimal. Difficile à faire adopter, long à démarrer,
le protocole marque, certes, un premier pas essentiel, mais apparaît
insuffisant. Les émissions globales de CO2, principal gaz à effet de serre
cause du réchauffement, continuent de grimper. L’Union européenne juge
qu’avec une augmentation de 2°C des températures moyennes, la Terre
deviendrait ingérable.

Pour rester sous cette barre, estime le Réseau Action Climat, « les pays
industrialisés doivent réduire leurs émissions de 80 % d’ici à 2050 ».

Une « menace globale ».

Des débats persistent sur les causes, des
interrogations subsistent sur les conséquences. Une chose est sûre : le
réchauffement a commencé. Depuis 1900, le thermomètre mondial est monté de
0,7° C. La cadence semble s’accélérer, tandis que se multiplient les
phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, sécheresses, inondations, etc. )
« Le changement climatique n’est pas qu’un enjeu environnemental, a prévenu
Kofi Annan, le secrétaire général de l’Onu. Il s’agit d’une menace
globale » à la sécurité et à la paix. Au même titre que les conflits, la
pauvreté.

Un gouffre économique.

Rendu public le 30 octobre, le rapport de Nicholas
Stern a fait l’effet d’une bombe. L’ancien économiste en chef de la Banque
mondiale évalue l’impact économique potentiel du réchauffement. Si on
continue sur notre lancée, les conséquences coûteront entre 5 et 20 % du
produit intérieur brut mondial à l’horizon 2100. Alors qu’une lutte
efficace contre les émissions de GES ne demanderait « que » 1 %, soit 270
milliards d’euros. Une autre étude, présentée mardi par l’Onu, estime qu’en
totalisant les pertes économiques, les risques climatiques pourraient
coûter jusqu’à 1 000 milliards de dollars par an, d’ici à 2040. Pour
mémoire, l’ouragan Katrina (2005) a laissé en Louisiane une facture de 120
milliards de dollars.

Bush pris à contrepied.

L’ampleur de cette potentielle catastrophe
économique devrait, en principe, ébranler le président américain. Son souci
de préserver l’activité économique était l’autre raison justifiant son
refus de ratifier le protocole de Kyoto. Pas question de lever le pied sur
la consommation de pétrole, gaz et charbon, que l’Amérique brûle sans
mesure. Depuis 1990, ses émissions de CO2 ont augmenté de plus de 15 %.

Les Masaïs en première ligne.
Venus en voisins, des Masaïs ont interpellé
les participants à la Conférence. Ce peuple d’éleveurs (500 000 au Kenya et
3.5 millions en Tanzanie) réclame une aide urgente. Ils s’estiment « les
premières victimes » du réchauffement. La pluie manque depuis trois ans.
Les animaux meurent, les enfants ne vont plus à l’école et les femmes
passent leur temps à chercher de l’eau. Pourtant, ils n’ont pas
d’industries, ne roulent pas en 4x4 et ne prennent pas l’avion. Le
réchauffement, ils n’y sont pas pour grand-chose.

Serge POIROT Ouest-France du vendredi 17 novembre 2006
http://www.ouest-france.fr/dossiers...