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Réaction de la société civile au projet français "Energizing Africa : from dream to reality"
date 10 septembre 2009
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Monsieur le Ministre d’Etat,

Le RAC-F, ses associations membres, ENDA Tiers Monde, le Climate Action Network-Europe (CAN-Europe), ses associations membres, ainsi que les 40 ONG du Réseau climat & développement , (ci-après nommés « les signataires ») accueillent avec bienveillance l’initiative « Energizing Africa : from dream to reality » présentée en amont du Major Economies Forum de mai 2009 par le MEEDDM et le MAEE.
Au-delà du constat lucide qu’elle propose, cette initiative a en effet le mérite d’aborder de manière concrète les enjeux climatiques et de développement du continent africain. Cette approche programmatique offre ainsi d’intéressantes perspectives en vue des négociations internationales sur le climat qui auront lieu à Copenhague en décembre prochain.
De plus, l’élargissement des thématiques qui seront traitées au sein de ce projet (sauf erreur : énergie, eau, zones côtières et forêts), suite aux demandes des partenaires africains de la France, renforce la pertinence du projet, pour peu qu’il ne conduise pas à un dispersement inutile.

Cela-dit, les signataires estiment indispensable que ce projet soit mis en cohérence avec les initiatives d’ores et déjà existantes au niveau français et européen. A cet effet, les travaux menés dans le cadre de la stratégie Union Européenne/Union Africaine sur le changement climatique (sous la codirection de la France et du Maroc), ainsi que l’ensemble des coopérations bilatérales et multilatérales européennes pour le développement sont des cadres d’action prioritaires.
Aussi, le projet « Energizing Africa » doit absolument sortir du simple cadre de relations bilatérales entre la France et l’Afrique, afin de remplir son objectif affiché, de « démontrer la capacité de l’UE à s’engager concrètement sur des actions de soutien en lien avec le climat dans ces pays... ». Ainsi, l’adhésion des partenaires européens de la France à cette initiative sera un gage de sa crédibilité.

Concernant le soutien financier engagé dans le cadre de ce projet sur la période pré-2012, les ONG signataires regrettent que son montant soit si faible (uniquement 10 millions d’euros) face aux enjeux auxquels il prétend répondre et en vue des actions à mener.

Pour les projets à plus long terme (post-2012), l’objectif de la proposition « Energizing Africa » semble être de s’inscrire dans le cadre global de lutte contre le changement climatique sous l’égide de la CCNUCC.
A cet égard, les signataires demandent fermement au MEEDDM à ce que les financements envisagés dans le cadre de cette initiative soient entièrement additionnels aux objectifs de l’APD (Aide Publique au Développement). Ceci pour ne pas détourner, de manière inopportune, des sommes dues au pays vulnérables.

De même, concernant la lutte contre le changement climatique, nous souhaitons rappeler la double obligation qui incombe à la France en tant que pays industrialisé :
 La première, de réduire ses propres émissions de GES (gaz à effet de serre) de manière drastique (au minimum de 40% en 2020 par rapport à 1990 à l’échelle de l’UE).
 La seconde, de soutenir financièrement les pays les plus vulnérables dans leurs actions de limitation de leurs émissions de GES ainsi que d’adaptation aux effets du changement climatique.
Si, dans l’atteinte de leurs objectifs domestiques de réduction de leurs émissions de GES, les pays industrialisés ont accès à des mécanismes de flexibilité (MDP : Mécanismes de Développement Propre, notamment), l’utilisation de ces derniers ne saurait être également comptabilisée comme soutien aux pays en développement dans le cadre de leurs engagements au titre de la Convention.
Cette distinction est cruciale pour éviter une double comptabilisation des réductions d’émissions engendrées par une même action.
Dans le cas du projet « Energizing Africa », cette cohérence devra absolument être conservée. Ainsi, le recours à des projets de MDP ainsi qu’à des fonds issus de l’APD traditionnelle ne saurait être envisagé pour le financement des actions prévues.

Enfin, au-delà de l’implication d’experts scientifiques africains au côté de la France, les signataires souhaitent porter à votre attention l’entière légitimité des acteurs de la société civile africaine dans l’élaboration des projets types d’ « Energizing Africa ». De part leur excellente connaissance des problématiques de terrain, ces derniers ont une plus-value importante à apporter dans la construction de cette démarche. Ils se proposent donc, dans le cadre du Réseau Climat & Développement, d’apporter leur contribution au travail de préparation actuellement en cours.

En vous remerciant de la prise en considération de ces demandes et dans l’attente de votre réponse, nous vous prions, Monsieur le Ministre d’Etat, de bien vouloir agréer l’expression de notre plus haute considération.

Pour le RAC-F et ses associations membres,
Sandrine MATHY, Présidente

Pour ENDA Tiers Monde et le Réseau Climat & Développement,
Jean-Philippe THOMAS, Coordinateur ENDA

Pour le CAN-Europe,
Matthias Duwe, Directeur

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