logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Préserver l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire et nutritionnelle
Préserver l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire et nutritionnelle
date 3 juin 2006
texte+ texte- google twitter facebook

Les négociations patinent depuis plusieurs années, du fait de divergences sur les priorités à établir entre l’adaptation et l’atténuation. Derrière ces divergences se cachent notamment a) les craintes de certains pays en développement de se voir imposer à terme des réductions d’émission pour le secteur agricole aux dépens des enjeux d’adaptation ; b) les craintes de certains pays émergents que l’on évolue à terme vers des barrières aux échanges commerciaux pour leurs exportations vers les pays développés ; c) la volonté de certains pays développés de mettre en place des politiques d’atténuation du secteur, potentiellement via des mécanismes de marché et les craintes associées à l’égard de mesures susceptibles de générer de nouvelles pressions sur l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire.
Se pose ainsi la question de l’intégration de l’agriculture dans les marchés carbone. Or, ce sont les grandes exploitations agricoles et l’industrie agroalimentaire, et non les petites exploitations, qui seraient susceptibles d’attirer la plupart des investissements dans la séquestration du carbone dans les sols. Par ailleurs, il n’existe pas de méthodologie fiable pour mesurer le carbone contenu dans les sols qui permet de quantifier le CO2 séquestré afin de générer des crédits correspondants. Enfin, l’inclusion de l’agriculture aux marchés du carbone pourrait également entraîner davantage d’accaparement de terres, dans la mesure où les investisseurs seraient attirés par les gains financiers associés à l’acquisition de terres, aux dépens des petits producteurs, des cultures traditionnelles et de la biodiversité.

En parallèle de ce « patinage » des négociations officielles, se développe le projet d’une « Climate Smart Agriculture Alliance » qui devrait être lancée à l’occasion du Sommet de Ban Ki Moon en septembre prochain, et qui pose de nombreuses questions. Il s’agit d’un concept largement porté par le secteur privé et par l’agro-business, portés par la recherche de nouveaux marchés. Le concept est assez flou pour englober de l’agro-écologie aux OGM et semble nier l’existence de différents modèles agricoles qui n’ont pas les mêmes impacts sur l’environnement/climat et sur la sécurité alimentaire. L’alliance pourrait faire la part belle aux partenariats publics-privés et aux entreprises multinationales ou rester une coquille vide de communication, sans financement additionnel ni capacité réelle d’orientation des projets financés. L’alliance est portée par les organisations internationales et les Etats (exemples des Etats Unis, de la Banque Mondiale) qui se sont positionnés très clairement en faveur de l’intégration de l’agriculture dans les marchés carbone. Enfin, le processus contourne délibérément les espaces de négociations onusiens où tous les Etats sont représentés.

Les ONG attendent de la France et de l’Europe

  • qu’elle place au centre des négociations l’objectif de sécurité alimentaire et défende dans ce cadre l’agriculture familiale et souligne que le développement agricole ne peut pas uniquement répondre à un objectif « carbone » ou d’augmentation des rendements mais bien aussi de contribution à la réduction de la pauvreté et à une gestion durable des ressources naturelles.
  • qu’elle porte la reconnaissance la différence d’impact des agricultures industrielles et familiales sur la sécurité alimentaire locale et l’environnement et la différence des enjeux selon les modèles agricoles considérés (priorité à l’adaptation pour les agricultures familiales paysannes, atténuation là où les émissions sont les plus importantes à savoir dans l’agriculture industrielle)
  • qu’elle porte, à la place du concept fourre-tout de « climate-smart agriculture », celui de l’agro-écologie qui repart des connaissances traditionnelles et s’ancre dans l’échelon local et s’inscrit dans une logique de développement territoires.
  • qu’elle se positionne clairement contre l’intégration de l’agriculture dans les marchés carbone.