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Près de 90 % des glaciers de la péninsule Antarctique ont régressé en cinquante ans
date 5 octobre 2005
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Près de 90 % des glaciers de la péninsule Antarctique ont régressé en cinquante ans

La péninsule Antarctique, qui s’étire au nord-ouest du continent blanc entre la mer de Weddell et celle d’Amundsen, est l’endroit du globe qui a connu le réchauffement climatique le plus élevé : + 2,5ºC depuis 1950. Cette situation a entraîné la régression de 87 % des 244 glaciers marins recensés dans la région. Un constat que vient d’établir une équipe de chercheurs anglais et américains dirigés par Alison Cook, du British Antarctic Survey (Cambridge, Grande-Bretagne).

Les glaciers marins sont des glaciers terrestres qui se terminent dans l’océan. Sous l’effet du réchauffement, leur glace descend jusqu’à la mer pour former des plates-formes flottantes. "Pour leur étude, les chercheurs ont observé l’évolution du front en bas du glacier, qui peut, selon les cas, avancer ou reculer", explique Catherine Ritz, glaciologue au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE ­ CNRS et université Joseph-Fourier), à Grenoble.

Pour obtenir ces statistiques, expliquent Alison Cook et ses coéquipiers dans la revue Science du 22 avril, il a fallu réaliser un travail de compilation pour la période comprise entre 1940 et 2001. Puis étudier 2000 photos aériennes et plus de 100 images satellitaires prises à partir des années 1960, notamment celles fournies par les satellites Landsat entre 1986 et 1989.

Toutes ces données ont ensuite été regroupées et enregistrées dans un système d’information géographique, qui a servi de référence commune. "Cela nous a fourni des archives uniques concernant les glaciers de cette partie de l’Antarctique", précise Alison Cook. Ce travail permettra aussi de créer trois cartes très précises de la région, que l’US Geological Survey mettra à la disposition des scientifiques et du public.

Le système d’information géographique a permis d’établir que 62 % des glaciers étudiés ont avancé et 38 % ont reculé entre 1945 et 1954. Après cette date, la tendance s’est inversée, et, de 2000 à 2004, la proportion des glaciers en régression a atteint 75 %. Le retrait moyen a été de 600 mètres, mais certaines langues de glace ont connu un recul plus important. Le glacier Sjogren, situé à la pointe nord de la péninsule, a ainsi subi une régression de 13 km depuis 1993. Le glacier Widdowson, sur la côte ouest, a subi le recul le plus important sur cinq ans ­ équivalent à 1,1 km/an ­, alors qu’il avait avancé de 200 mètres par an dans les années 1940.

Les résultats obtenus "sont globalement compatibles avec un retrait dû au réchauffement de l’atmosphère, concluent les chercheurs. Mais la rapidité de la migration suggère aussi que ce n’est pas la seule cause de la fonte des glaciers de la région". D’autres éléments, comme la température de l’océan, ont pu aussi jouer un rôle.

"En raison du réchauffement, le phénomène observé n’est pas surprenant, précise Catherine Ritz. Mais la grande calotte glaciaire n’en sera pas déstabilisée pour autant, car ces petits glaciers n’ont aucun effet sur la grande masse du continent antarctique. Situés le long de la chaîne de montagnes de la péninsule, ils n’ont qu’un effet local."

D’autant plus "que le climat n’a pas changé dans le reste du continent antarctique. Il y a même quelques endroits où la température a baissé, ajoute pour sa part Christophe Genthon, climatologue au LGGE. Mais nous manquons de données climatiques à grande échelle".

LE MONDE | 23.04.05, Christiane Galus
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-642308,0.html