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Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Préparer Paris Climat 2015 : les enjeux de la négociation à Bonn
Préparer Paris Climat 2015 : les enjeux de la négociation à Bonn
date 3 juin 2014
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Du 4 au 15 juin se déroule une nouvelle séance de négociation internationale de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le changement climatique. Fait exceptionnel : les ministres sont invités à y participer pour recréer un climat de confiance et renouveler leurs engagements. L’objectif : poser les bases de l’accord mondial qui sera adopté à Paris fin 2015 et accélérer les efforts de réduction d’émission de Gaz à Effet de Serre et de solidarité avec les pays pauvres. Efforts immédiats et pré-requis pour tout accord à Paris fin 2015.


Fin 2013 et début 2014, la communauté scientifique sur les changements climatiques (GIEC) publiait trois rapports d’envergure. Le premier pour constater que le budget carbone disponible est très limité. Selon l’AIE, ce budget implique de ne pas exploiter 2/3 de nos réserves (connues) en énergies fossiles. Le deuxième pour constater les impacts en marche : la démultiplication des évènements extrêmes, une variabilité hydrique de plus en plus forte, la dégradation et même l’extinction de certains écosystèmes et espèces, et une baisse dans la productivité agricole. Le rapport souligne que les prochaines décennies jusqu’en 2040 sont celles de la responsabilité et de l’action climatique, et rappelle que l’inaction coûtera cher en pertes et dommages irréversibles. Le troisième souligne qu’il est encore possible de maîtriser l’emballement climatique en deca de 2°C (et même de 1,5°C) à un coût très raisonnable (0,06% de notre PIB chaque année et sans compter les co-bénéfices pour la santé, les économies d’énergie, etc). Le rapport appelle à la fin progressive mais nécessaire des énergies fossiles et des émissions de C02, ainsi qu’au doublement des investissements dans les énergies renouvelables entre 2010 et 2029.

Les rapports du GIEC viennent confirmer l’urgence d’entamer une transition énergétique partout dans le monde et ce, sans attendre l’accord de ParisClimat2015 qui n’entrera pas en vigueur avant 2020. Malgré ces sonnettes d’alarme, l’inertie dans les négociations climatiques continue de placer la planète sur une trajectoire de réchauffement climatique proche de 3,5°C, bien au-delà de ce que des continents entiers seraient en mesure de supporter. Elle ne réunit pas les financements climat nécessaires pour réduire les émissions de C02 et faciliter l’adaptation aux impacts existants et futurs du changement climatique. Enfin, les Etats sont plus que frileux sur leurs objectifs post-2020, attendus d’ici mars 2015. L’Europe n’a toujours pas adopté les grands objectifs de son paquet énergie-climat 2030 et risque de se fixer un objectif insuffisant pour se replacer sur une trajectoire de réduction de 80 à 95% de ses émissions d’ici 2050.
Heureusement, tous les rapports sont formels : il est encore possible de changer radicalement de trajectoire à condition de commencer dès maintenant. Il s’agit maintenant de traduire ces conclusions scientifiques en actes politiques et décisions concrètes pour à la fois, accélérer la réduction des émissions d’ici à 2020 et préparer les fondations d’un accord à Paris cohérent avec les conclusions du rapport du GIEC.

Les négociations à Bonn en mars ont mis en avant les potentialités mondiales en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, et la COP20 de Lima doit maintenant faciliter leur déploiement généralisé et rapide pour replacer ainsi la planète sur une trajectoire en deca de 2°C.
Dans ce contexte, le sommet sur le climat organisé à New York le 23 septembre par Ban Ki Moon doit servir de rampe de lancement pour la COP à Lima en démultipliant et consolidant les initiatives de court terme, et en capitalisant le Fonds Vert. Le sommet de Ban Ki Moon doit également servir de rampe de lancement pour la COP21 à Paris et entamer un virage énergétique mondialisé en actant la redirection massive des investissements des énergies fossiles et fissiles vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Cette session de négociation à Bonn aura beaucoup de travail sur la planche pour réunir les conditions d’un succès et d’un accord en 2014 et en 2015. A ce titre...
-* les tables rondes ministérielles prévues le 5 et 6 juin peuvent et doivent cranter des actions additionnelles des pays pour recréer de la confiance et redonner une chance au 2°C.

-* les pays doivent donner un mandat à la CCNUCC pour accélérer et faciliter le déploiement des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique.

-* les pays développés doivent préparer la capitalisation du Fonds Vert et accroître les financements publics pour l’adaptation

-* Les Etats doivent lancer et faciliter la négociation d’un texte et d’une vision de long terme pour l’accord de Paris.

-* les Etats doivent progresser sur la forme et le fond des contributions nationales attendues d’ici mars 2015

-* le programme de travail sur les pertes et dommages doit commencer ses travaux

-* les ateliers et négociations sur l’agriculture doivent préserver l’agriculture familiale et contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle

-*les pays doivent questionner l’efficacité climatique et les risques pour les populations des mécanismes de marché existants et envisagés.