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Pour un accord ambitieux à Copenhague, l’Europe doit mettre de l’argent sur la table !
date 27 février 2009
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Communiqué de presse du RAC-F et Coordination Sud

Pour un accord ambitieux à Copenhague, l’Europe doit mettre de l’argent sur la table !

Le 2 mars, les 27 ministres européens de l’environnement vont discuter de la stratégie de l’Union européenne pour cette année, afin de conclure un nouvel accord mondial sur le climat d’ici a la conférence de Copenhague en décembre prochain. Cette stratégie devra par la suite être validée par les chefs d’Etat, lors du Conseil européen des 19 et 20 mars.

Malgré l’adoption du paquet énergie-climat en décembre dernier, l’Europe doit préciser sa position sur des sujets centraux dans ces négociations. Les ONG environnementales du RAC-F et les associations de solidarité internationale de Coordination Sud demandent aux ministres de l’environnement de lever le voile au plus vite sur les sujets suivants.

-L’exemplarité de l’Europe en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre

Ils doivent tout d’abord clarifier le futur degré d’ambition et d’exemplarité de l’Europe sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Le Paquet énergie climat prévoit en effet une réduction de 20% de ses émissions d’ici 2020 et de 30% si l’Union européenne (UE) juge l’accord de Copenhague suffisamment ambitieux. Pour Morgane Créach, du RAC-F : « ces deux objectifs font fi des recommandations des scientifiques d’une réduction d’au minimum 25% à 40% des émissions des pays industrialisés pour 2020. Comment l’Europe compte-elle entraîner d’autres pays comme les États-Unis sur des objectifs ambitieux si elle est incapable de montrer l’exemple ? ».

- Le soutien financier et technique aux pays en développement

Par ailleurs, il a été acquis lors de la conférence de Bali fin 2007, que les pays en développement devront mettre en place des actions de réduction de leurs émissions, à condition d’être soutenus par les pays industrialisés par le biais de financements et de technologies adéquats. Et ce, parce que les impératifs de développement restent une priorité au Sud. De même, la question du financement de l’adaptation dans les pays en développement est non seulement centrale dans les négociations à venir, mais aussi une question vitale pour la sécurité des populations de ces pays qui sont les premiers touchés par les changements climatiques.

Mais l’UE reste jusqu’ici silencieuse à l’heure de chiffrer ce nécessaire soutien financier... Dans les pays en développement, environ 110 milliards d’euros par an seront nécessaires d’ici 2020 (70 milliards pour la réduction et 40 pour l’adaptation). Ce coût global devra par la suite être réparti entre pays industrialisés en fonction de leur responsabilité dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre et de leurs ressources, financières et technologiques. L’UE devra pour sa part contribuer à hauteur de 35 milliards d’euros par an d’ici 2020.

Pour Karine Gavand de Greenpeace France : « L’Europe doit sans plus attendre s’engager de manière chiffrée pour tirer les autres pays industrialisés sur cette voie. Seul ce signal clair aux pays en développement pourra enfin ouvrir la phase des négociations, bloquées, à 9 mois de la Conférence de Copenhague, par le silence des pays industrialisés. L’Europe ne peut exiger d’un côté que les pays en développement réduisent leurs émissions de 15 à 30% en 2020 par rapport à la tendance, sans proposer un soutien financier et technique de l’autre ! C’est la clef du succès des négociations de Copenhague ».

-La compensation des émissions dans les pays en développement

L’Europe devra par ailleurs préciser sa position sur un autre sujet et non des moindres : celui du rôle de la compensation de ses émissions au Sud pour atteindre son objectif de réduction. Via le paquet énergie climat, l’Europe s’est en effet tournée vers la possibilité de recourir massivement à des projets dans les pays en développent pour couvrir ses propres émissions, délaissant les cobénéfices, notamment en termes d’emplois, d’une politique ambitieuse de réduction de ses émissions sur son territoire.

L’absence de remise en cause de notre modèle de consommation n’est pas la seule faille de cette compensation massive. En effet, pour Damien Demailly du WWF France : « l’Europe veut faire passer la compensation de ses émissions pour une aide aux pays en développement, alors qu’il s’agit de l’aider à réaliser ses propres engagements au moindre coût quitte à continuer à construire sur son sol des centrales électriques fonctionnant au charbon . L’Europe doit s’engager sur une contribution de 35 milliards d’euros par an qui soit additionnelle à cette compensation carbone ».

- La gouvernance des financements internationaux

Enfin, la gouvernance des nouveaux financements internationaux pour le climat doit être précisée. L’UE laisse actuellement la porte ouverte à une gouvernance décentralisée et multiple, au détriment d’un rôle central de la Convention Climat. Pour Anne Chetaille de Coordination Sud : « il est crucial que la gouvernance des sommes dégagées reste du ressort de la Convention et permette une représentation équilibrée entre donateurs et bénéficiaires ». Et d’ajouter, concernant une éventuelle contribution des Etats par les canaux de l’aide traditionnelle au développement : « les changements climatiques sont un obstacle de plus au développement. Le soutien financier des pays industrialisés doit nécessairement venir s’ajouter et non se substituer à l’aide publique au développement ».

- Les mécanismes de financement

Plusieurs mécanismes pour générer de nouveaux financements seront discutés lundi par les ministres de l’environnement. Parmi eux, un système de mise aux enchères des futurs droits d’émissions des pays industrialisés. Ce type d’instrument tout comme celui de la mise aux enchères des droits à polluer des industriels européens doit être privilégié par les décideurs européens car ils permettront de générer des revenus pérennes et prévisibles pour les pays en développement. Par ailleurs, la France n’a toujours pas annoncé ce qu’elle ferait du revenu généré par la mise aux enchères des quotas de ses industriels et de son secteur électrique (plus d’un milliard d’euros par an). Pendant sa Présidence de l’Union européenne, elle s’était enorgueillie d’avoir fait adopter par les 27 Etats membres une déclaration politique selon laquelle 50% de ce revenu seraient attribués au changement climatique, notamment en soutien aux pays en développement. Les ONG environnementales et de solidarité internationale attendent toujours du Ministre d’Etat et du Président de la République qu’ils s’expriment sur l’utilisation de ce revenu. Elles ne pourraient comprendre que cet argent disparaisse dans les caisses de l’État....

Contacts :
- Morgane Créach, RAC-F : 06.89.78.44.93
- Anne Chetaille, Coordination Sud : 06.77.18.01.69
- Karine Gavand, Greenpeace France : 06.63.02.22.99
- Romain Benicchio, OXFAM International : +41.22.321.23.72
- Damien Demailly, WWF France : 06.11.42.15.51

Accessible au format PDF :

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