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Accueil > Secteurs d’activités > Energie > Problématique énergétique > L’avis du RAC-F > Pointe électrique : un système électrique en bout de course
Pointe électrique : un système électrique en bout de course
date 3 février 2010
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A chaque période de gel, la pointe électrique fait l’actualité. A chaque fois on craint un black out et des coupures chez les particuliers. A chaque fois les télévisions « célèbrent » un triste record battu. Le RAC-F avance des solutions.

Presque la moitié de la sensibilité au froid du réseau européen se trouve en France (source RTE-EDF). L’importante proportion de chauffage électrique dans notre pays explique la forte instabilité du réseau et le risque pour l’approvisionnement de notre pays. Avec un « gradient de température » de 2 300 MW par degré supplémentaire de froid, notre système électrique est une vraie bombe à retardement.

A chaque période de gel, la pointe électrique fait l’actualité. A chaque fois on craint un black out et des coupures chez les particuliers. A chaque fois les télévisions « célèbrent » un triste record battu. Et à chaque fois on se lamente sur le déclin des solutions de délestage ou de tarifications saisonnières chez les particuliers et les entreprises, qui permettraient de limiter les besoins de pointe.

Il est donc heureux que le Ministre Jean-Louis Borloo ait mandaté ses services climat énergie et sollicité deux parlementaires (Bruno Sido, Sénateur de la Haute-Marne et Serge Poignant, Député du Maine et Loire), pour formuler des propositions de limitation des risques posés par la pointe, à l’aide d’un Groupe Technique ad-hoc.

Tout cela aurait dû faire le bonheur des marchands de centrales électriques, qui ont notamment signé la construction de plusieurs dizaines de centrales au gaz. Le RAC-F reviendra sur ce scandale des centrales inutiles et des émissions qu’elles génèreront prochainement, et des cadeaux dont elles ont fait l’objet.

Les marchands étaient présents en force dans le Groupe Technique Pointe. Pourtant, nous nous devons de noter que le mandat donné par le Ministre (« identifier prioritairement les mesures de maîtrise de la demande en période de pointe... ») et le déroulé des séances a plutôt à l’inverse respecté jusqu’à présent l’idée que les offres d’effacement et la maîtrise de l’énergie doivent être prioritaires sur les nouveaux moyens de production.

Ce « politiquement correct » ne signifie pas que les décisions ou les propositions au final respecteront une telle préséance. Les associations seront vigilantes et dénonceront s’il le faut les cadeaux ou les projets climaticides... et applaudiront si des propositions de sobriété et de priorité aux politiques de maîtrise de la demande s’imposent.

Mettra-t-on enfin la question du chauffage électrique sur la table ? Attaquera-t-on le problème à la racine ou avec des rustines ?
Première réponse le 11 février... lors d’une restitution du groupe.


Les revendications des associations

- Accélérer l’expérimentation de tarifications progressives visant une consommation sobre, à l’occasion des expériences de comptage avancé.

- Limiter l’adoption du chauffage électrique dans la rénovation thermique de l’habitat et du tertiaire ancien

- Limiter la diffusion des pompes à chaleur (PAC) les moins performantes et les plus génératrices de pointe d’hiver, en particulier les systèmes puisant la chaleur dans l’air ambiant.

- En cas de modification des dispositions concernant la production thermique (turbines à combustion, centrales au gaz...) ces dispositions doivent avoir pour impact exclusif la production de pointe, et éviter toutes émissions supplémentaires hors période hivernale. De même il sera nécessaire d’adapter les tarifs de la cogénération en visant une forte modulation des installations en fonction des besoins de puissance du système et en fonction d’un bilan objectif des émissions de gaz à effet de serre.

De façon plus immédiate, le Réseau Action Climat - France (RAC-) et le Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER) ont soumis une proposition de déblocage rédigée par des professionnels, visant à relancer les tarifications de pointe en France. Le texte a été envoyé à la DGEC jeudi 5 février pour être pris en compte dans les conclusions du Groupe.

Ce nouveau tarif saisonnier répond en effet à un constat consensuel du GT Pointe, d’un déclin fort des tarifications EJP et Tempo qui réduit fortement les possibilités d’effacement des particuliers alors même qu’une telle modulation des consommations est de plus en plus nécessaire.

La proposition est téléchargeable en cliquant ici

Son intérêt : elle peut être décidée sans l’intervention du législateur, par un décret du Ministre et les consultations réglementaires pour une modification de tarif.



Information des consommateurs et pointe électrique

La mobilisation autour de la pointe devra inclure tous les acteurs de la société et en priorité les ménages. Un système d’information doit nécessairement accompagner toutes les mesures techniques et économiques qui seront prises. Les collectivités locales et syndicats d’électricité, en tant qu’autorités concédantes de distribution d’électricité et par leur proximité doivent organiser cette information.
Confier cette mission d’information aux entreprises fournissant de l’électricité serait la pire solution, celles-ci étant à la fois juges et parties. Les collectivités locales et leurs syndicats d’électricité peuvent assurer cette tâche par leurs liens directs avec le public ou utiliser les organismes spécialisés tels que les Espaces Info Energie, Agences de l’Energie, ...

Cette information doit prendre deux formes :
1- Immédiatement : information sur les heures de pointes réelles adaptées à chaque région et sur les moyens de réduire les consommations à ces heures là. Des documents d’information
devront être préparés

2- A terme, diffusion des compteurs communicants à programmer suivant les problèmes rencontrés localement. Il faudra définir précisément le cahier des charges des compteurs à installer en coopération avec les collectivités locales. Les fonctions d’affichage dans les logements devront être exigées de manière à sensibiliser chacun. Un affichage sur le compteur est clairement insuffisant puisque la moitié des compteurs ne sont pas accessibles. Cet affichage précisera les usages de l’électricité (chauffage, eau chaude, éclairage, prises, autres) comme la RT2012 l’imposera prochainement aux logements neufs.



Les travaux du GT Pointe à la DGEC

12 ateliers puis une restitution sur trois mois. C’est le rythme d’enfer qu’a proposé l’automne dernier le MEEDDM pour étudier les moyens de limiter la croissance des pointes de consommation électriques. Malgré le délai très contraignant -le même mois que la COP15 de Copenhague !- le RAC-F, le CLER et Négawatt ont délégué des représentants dans les ateliers. Du 3 novembre 2009 à ce 3 février 2010, ce ne sont pas moins de douze séances de travail technique auxquelles ont participé nos représentants bénévoles. Antoine Bonduelle et Simon Métivier (E&E Consultant) ont représenté le RAC-F et le CLER, tandis que Yves Marignac (WISE-Paris) a représenté l’association Négawatt.

Les documents présentés ci-dessous sont d’abord destinés au décryptage de la situation, et aideront à formuler les propositions des ONG. On peut aussi saluer les travaux présentés par l’économiste Alain Granjean (Fondation Nicolas Hulot). Remarquons aussi les contributions des professionnels du secteur, dont plusieurs se sont montrés très constructifs dans le débat et parfois même sont intervenus sans la langue de bois si courante dans ce genre de discussion... ce qui n’a pas empêché les débats de s’échauffer parfois.
Les propositions communes des ONG seront diffusées avant la séance finale du groupe, le 11 février prochain.

Discussion sur les tarifications de pointes :


- Fiche n°1 : Le déclin d’EJP et de Tempo


- Fiche n°2 : Notes sur les tarifications progressives


- Fiche n°3 : Propositions destinées à limiter la contribution des Pompes à Chaleur à la pointe électrique

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Ce travail a été réalisé en collaboration avec le cabinet de conseil E & E Consultants : www.ee-consultant.fr