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Plan Borloo pour les énergies renouvelables : une cerise séduisante, mais il manque le gâteau !
date 19 novembre 2008
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Communiqué de presse - 18 novembre 2008

Comité de Liaison Energies Renouvelables - Réseau Action Climat-France.

Plan Borloo pour les énergies renouvelables : une cerise séduisante, mais il manque le gâteau !

Le plan de développement des énergies renouvelables dévoilé le 17 novembre par le Ministre Borloo se veut très volontariste.

On peut lui reconnaître quelques avancées significatives, comme le renouvellement du soutien à toutes les filières renouvelables et en particulier aux parents pauvres des politiques antérieures :
- Soutien à la chaleur renouvelable : création d’un fonds de soutien à la chaleur renouvelable, développement de la géothermie, éventualité de l’injection du biogaz dans le réseau de gaz naturel.
- Promotion du solaire photovoltaïque.

Toutefois, devant l’ambiguïté de certaines annonces, il faudra attendre le détail des mesures pour avoir la certitude qu’il ne s’agit pas d’un simple habillage de dispositions existantes et que les nouveautés vont bien dans le bon sens.

L’ambitieux objectif de 23 % d’énergies renouvelables ne pourra être réalisé que si la demande d’énergie est maîtrisée par des mesures fortes. Les quelques bons points du Plan ne suffiront pas à compenser les reculs significatifs par rapport aux objectifs du Grenelle.

L’énergie la moins polluante et la moins chère est celle que l’on n’a pas besoin de produire : cette évidence a été perdue de vue par les députés lorsqu’ils ont, pour une raison incompréhensible, oublié de fixer un seuil de consommation à 80 kWh/m2 par an dans les logements existants dans la loi « Grenelle 1 », avec l’approbation de Jean-Louis Borloo. Ce seuil a même été porté à 150 kWh/m2 par an pour les logements sociaux ! La faiblesse de cet objectif interdit de fait d’exploiter toutes les possibilités d’économie d’énergie pourtant indispensables, car personne n’ira ajouter une deuxième couche d’isolant dans 10 ou 20 ans. Nous saurons en janvier 2009 si les Sénateurs sauront faire preuve de leur légendaire sagesse pour rectifier cette faute lorsqu’ils examineront à leur tour le projet de loi ...

Pour des raisons inexplicables, le plan présente des mesures dans le domaine du captage et du stockage de CO2, lesquels sont tout à fait étrangers aux champs des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie.

Ce qui s’annonce déjà très difficile dans ces conditions se révèlera totalement impossible si le projet d’imposer à l’éolien terrestre une classification ICPE, parfaitement inutile et très pénalisante, va à son terme sous l’influence d’opposants aussi bien introduits au Ministère que minoritaires dans le pays.

Comme celle-ci, beaucoup des mesures annoncées (appels d’offre nationaux pour les centrales, tarif « bâtiments professionnels » pour le photovoltaïque) démontrent une volonté persistante de maintenir le développement des énergies renouvelables sous le strict contrôle de l’État et de privilégier les grands opérateurs énergétiques dominants au détriment de la prise en charge par les acteurs des territoires, les collectivités locales et les citoyens eux-mêmes de leur propre avenir énergétique.

Les citoyens semblent être oubliés de ce Plan, alors que le dispositif de conseil et d’information du grand public (Espaces Infos Energie) a un besoin urgent d’être renforcé. Comme si les vieux démons centralisateurs d’un autre âge ne supportaient pas l’idée même que le caractère intrinsèquement décentralisé des énergies renouvelables puisse fonder une réelle « démocratie énergétique » qui pourrait leur échapper.

Au-delà des effets de manches à vouloir être les premiers de la classe européenne, c’est cette frilosité qui plombera très certainement les ambitions du Grenelle sur l’énergie : encore un effort, Monsieur le Ministre, si vous voulez hisser la France à la hauteur des enjeux et des ambitions que vous affichez !