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"Pas de nouveaux engagements" pour les pays en développement au sommet sur le climat de Buenos Aires
date 8 décembre 2004
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"Pas de nouveaux engagements" pour les pays en développement au
sommet sur le climat de Buenos Aires

Parmi les 180 pays réunis en Argentine du lundi 6 décembre au vendredi
17
décembre pour discuter de la mise en œuvre du protocole de Kyoto, qui
entrera
en vigueur le 16 février prochain, les pays en développement ont
largement
laissé entendre leur voix. Selon leur porte-parole qatari, "aucun
autre
processus de négociations" ne sera accepté où serait abordée la
question des
engagements des pays en développement. Les Etats-Unis se sont, quant à
eux,
déclarés prêts à une "risposte efficace et fondée".
Les pays en développement ont sonné la charge, lundi 6 décembre, à
Buenos Aires,
à la reprise des négociations de l’ONU sur le changement climatique,
avertissant qu’ils rejetteraient tout engagement futur de maîtrise de
leurs
émissions de gaz à effet de serre.

"Il n’y aura pas de nouveaux engagements", a martelé, à l’ouverture de
la
conférence, le Qatar au nom du Groupe des pays en développement (G77),
qu’il
préside actuellement.

Le représentant de l’émirat, Mohammed Al-Maslamani, a ainsi donné le
ton des
tractations qui vont se dérouler pendant deux semaines dans la capitale
argentine entre 170 pays du Nord et du Sud pour savoir si un nouvel
accord de
lutte contre le changement climatique doit être envisagé à l’échéance
du
protocole de Kyoto en 2012.

Le feu vert du président, Vladimir Poutine, suivi de la ratification
officielle,
le 18 novembre, avait débloqué le principal outil de lutte contre le
changement
climatique, ouvrant la voie à des négociations sur "l’après-Kyoto". Le
protocole, conclu en 1997, était suspendu au bon vouloir russe depuis
le
retrait des Etats-Unis en 2001, du fait de ses règles spécifiques de
ratification.

LE "DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE" PRIVILÉGIÉ

M. Al-Maslamani a souligné qu’une disposition du protocole, prévoyant
l’ouverture de négociations formelles en 2005 en vue de nouveaux
engagements
après 2012, ne visait expressément que les pays développés."Nous
n’accepterons
aucun autre processus de négociations" où serait abordée la question
d’engagements des grands pays en développement, a insisté le délégué
qatari,
"quel que soit le nom qu’on donne à ce processus".

Les Etats-Unis ont appuyé aussitôt cette position. "Le développement
économique
conditionne l’adoption de mesures pour combattre le changement
climatique", a
déclaré le chef de la délégation américaine, Harlan Watson.

Le traité impose aux pays industriels de réduire leurs émissions de six
gaz à
effet de serre, CO2 notamment, de 5,2 % en moyenne d’ici à 2012 par
rapport au
niveau de 1990. Son entrée en vigueur, après des années
d’atermoiements, va
contraindre les pays riches qui l’ont ratifié à diminuer en
catastrophe des
rejets, qui, entre-temps, se sont envolés, comme au Canada (+ 20 %) ou
au
Japon (+ 12 %).

Le sauvetage du protocole, s’il a une portée diplomatique et économique
considérable, aura néanmoins un impact infime sur le climat. Car les
gaz qu’il
réglemente, issus surtout de l’usage du charbon et du pétrole, ont une
durée de
vie pouvant atteindre des centaines d’années, et leur accumulation
dans
l’atmosphère réchauffe déjà la planète.

Il faut donc impérativement poursuivre les négociations pour aller plus
loin.
Selon les experts, une diminution de moitié des émissions mondiales
serait
nécessaire d’ici à 2050 pour limiter le réchauffement mondial à 2 °C
supplémentaires à la fin du siècle.

L’objectif final ne peut donc être atteint sans les Etats-Unis, premier
pollueur
planétaire avec le quart des émissions de CO2, et les pays en
développement,
qui n’ont actuellement sous le régime de Kyoto que des obligations
d’inventaire.

Les émissions des pays du Sud représentent aujourd’hui environ 40 % des
émissions mondiales, mais ils dépasseront les pays industriels vers
2025,
selon l’Agence internationale de l’énergie.

RIPOSTE AMÉRICAINE SUR L’ "APRES-KYOTO"

Intervenant à la reprise des négociations de l’ONU sur le dossier, le
chef de la
délégation américaine, Harlan Watson, a rappelé que le président
George W. Bush
avait proposé en juin 2001 "aux amis, alliés et à l’ensemble de la
communauté
internationale de bâtir une riposte, efficace et fondée sur la
connaissance
scientifique, en vue de résoudre le problème du changement climatique".

Trois mois plus tôt, M. Bush avait refusé de ratifier le protocole de
Kyoto. Il
avait jugé que l’accord briderait la croissance économique américaine
et
mondiale, et serait inefficace parce qu’il exonère les pays en
développement
de tout engagement chiffré.

M. Watson a repris ces arguments lundi, soulignant que "la lutte contre
le
changement climatique ne pourra être efficace que si elle contribue
aussi au
développement de la prospérité (économique) et au bien-être des pays du
monde
entier".

M. Watson a souligné que la politique climatique américaine visait
fondamentalement à "réduire l’intensité carbone" de l’économie
mondiale,
c’est-à-dire le rapport entre les émissions de gaz à effet de serre
par unité
de production.Diminuer ce ratio ne réduit pourtant pas les émissions
de gaz à
effet de serre mais ralentit seulement la croissance de ces rejets
polluants.

L’Australie s’est, quant à elle, déclarée prête à atteindre les
objectifs fixés
par le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à
effet de
serre, mais refuse de le signer parce qu’il n’englobe pas des
domaines-clés de
la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays en
développement.

Le Canada a, quant à lui, annoncé lundi à Buenos Aires qu’il avait
décidé
d’abandonner une revendication visant à alléger ses obligations de
réduction
d’émissions de gaz à effet de serre. Il demandait en vain depuis trois
ans à
bénéficier d’un système avantageux de calcul de ses émissions de gaz à
effet de
serre, qui aurait pris en compte la pollution évitée aux Etats-Unis
grâce à
l’utilisation d’"énergies propres" canadiennes.

L’"APRÈS-2012"

Forte de cette expérience, la présidence argentine a avancé prudemment.
Elle a
renoncé à toute déclaration pour les quelque 70 ministres de
l’environnement
qui feront le déplacement en fin de conférence (15-17 décembre).

Elle a inscrit le sujet qui fâche dans une des tables-rondes
ministérielles, "la
Convention dix ans après : ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire".
Un
libellé pudique qui cite la convention "climat" de l’ONU, entrée en
vigueur en
1994, dont Kyoto a durci les dispositions.

Selon des diplomates, la présidence propose d’organiser dans les
prochains mois
deux ou trois "séminaires", destinés à déminer le terrain avant
l’ouverture des
négociations officielles en novembre 2005 sur "l’après-2012".

Ces réunions informelles seraient ouvertes à toutes les parties à la
Convention.
Les Etats-Unis, qui ont ratifié ce traité, y siégeraient de plein
droit, comme
à Buenos Aires, où la Convention sert de cadre officiel aux travaux.

Le Monde, le 07.12.04