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Accueil > Politiques et mesures > Politiques européennes > Paquet climat-énergie européen 2030 > Paquet énergie climat 2030 : Le RAC et 22 ONG européennes demandent à Angela Merkel de prendre les choses en main
Paquet énergie climat 2030 : Le RAC et 22 ONG européennes demandent à Angela Merkel de prendre les choses en main
date 4 février 2014 documents joints 1 document joint
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Les 20-21 mars, les chefs d’Etat de l’UE négocieront un accord politique sur les objectifs climatiques et énergétiques de l’Union pour les 17 prochaines années. Face au rôle négatif de la France (en particulier de l’Elysée) dans cette négociation, le RAC et 22 ONG européennes se tournent vers la Chancelière Angela Merkel, dans une lettre ouverte à lire ci-dessous, pour lui demander de relever le niveau d’ambition de l’Union Européenne.



L’Allemagne a déjà entamé sa transition. Les énergies renouvelables se développent à un rythme extrêmement rapide dans le pays, qui produit déjà 23% de son électricité à partir de ces sources d’énergie. L’Allemagne a tout à gagner à ce que l’Europe se dote d’objectifs climat-énergie ambitieux. Cela facilitera sa propre transition énergétique, en réduisant les coûts et en lui permettant de développer des marchés à l’exportations dans les secteurs d’avenir (énergies renouvelables, efficacité énergétique).


La position du gouvernement allemand repose globalement sur l’accord de coalition entre les deux principaux partis, SPD et CDU. Ce dernier prévoit "au moins" 40% de baisse d’émissions au niveau européen d’ici à 2030 (par rapport à 1990) et soutient l’adoption de deux autres objectifs européens en matière de déploiement des énergies renouvelables et de gains d’efficacité énergétique.

Après les propositions très peu ambitieuses de la Commission européenne pour le prochain Paquet énergie climat 2030, l’UE a besoin d’un leader pour relever le niveau d’ambition.

Angela Merkel doit donc assumer un leadership européen et convaincre ses partenaires, dont la France, d’adopter un trio d’objectifs climatiques et énergétique à l’horizon 2030 :

- au moins 55% de baisse des gaz à effet de serre (par rapport à 1990),
- 45% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie de l’UE,
- 40% d’économies d’énergie par rapport à 2005.

En particulier, l’adoption d’un objectif d’énergie renouvelable pleinement contraignant, comme c’est le cas dans le Paquet énergie-climat actuel, est aujourd’hui remise en cause. La France et le Royaume-Uni sont au premier rang des opposants à cet objectif. L’Allemagne doit se faire le défenseur du développement des énergies renouvelables en Europe, en refusant catégoriquement d’adopter un compromis européen sans un tel objectif.

Un objectif pleinement contraignant sur les énergies renouvelables, avec des obligations nationales, c’est la garantie de l’atteinte de nos objectifs climatiques. C’est aussi la garantie du développement de nouvelles filières industrielles et de la création de nouveaux emplois en Europe, dont nous avons grandement besoin aujourd’hui. D’après la Commission européenne, au moins 600 000 emplois supplémentaires seraient créés en Europe d’ici à 2030, à travers l’adoption d’un objectif européen de développement des énergies renouvelables.

EU NGOs Letter Merkel EU 2030 Jan 2014 FINAL by Reseauactionclimat






FOCUS

Mythes et réalités de la transition énergétique allemande

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L’Allemagne est l’un des pays d’Europe les plus engagés dans la transition énergétique et le développement des ENR. La production d’électricité renouvelable y a été multipliée par 6 en quinze ans (135 TWh en 2012) et 137 millards d’euros ont été investis sur cette période dans les seules installations photovoltaïques et éoliennes.

L’argument selon lequel la sortie du nucléaire en Allemagne et la transition énergétique « Energiewende » ont conduit à une remise en cause des objectifs climatiques est erronée : les émissions de CO2 du pays ont augmenté de 2% entre 2011 et 2012 , et seulement de 1,5% si l’on prend en compte non pas seulement le CO2e période, les émissions de CO2 ont stagné . Par ailleurs, c’est la première année depuis 1990 que les émissions allemandes affichent une tendance à la hausse.

La hausse des prix de l’énergie pour les ménages allemands est notamment et surtout la résultante des nombreuses exonérations accordées aux industries intensives en énergie, qui ont fait pivoter le poids du financement sur les ménages, devenu relativement plus important. Autrement dit : les consommateurs allemands ont payé pour la transition énergétique de leur pays, pas les entreprises.

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De plus, l’Allemagne est soumise à l’EU ETS et a mis en place une politique nationale de réduction de ses émissions, avec un jalon 2030 de -55%. Le nouveau gouvernement allemand élu en 2013 demeure engagé sur la question de l’Energiewende. Si les politiques de soutien et de développement des ENR et de l’efficacité énergétique se poursuivent et s’améliorent, alors la hausse des émissions allemandes devrait être passagère.

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Enfin, cette hausse est surtout due au faible prix du CO2 sur l’EU ETS et à la baisse du prix du charbon en Europe compte tenu d’une baisse de la demande américaine (à cause d’une substitution par les gaz de schiste). Le charbon est devenu compétitif par rapport a d’autres sources d’énergie comme le gaz, par ailleurs devenu relativement plus cher en partie parce qu’en Europe, il est indexé sur le prix du pétrole) . Il faudrait un signal prix de 40 à 50 euros/tCO2 pour passer du charbon au gaz dans les conditions actuelles de prix de ces combustibles.

Cependant, l’Allemagne est loin de recourir massivement au charbon : 20 centrales charbons sur les 29 proposées initialement ont été abandonnées, et 5 ou 6 projets ont été mis dans un tiroir. En réalité, le pays n’a construit aucune nouvelle centrale charbon après l’accident nucléaire de Fukushima.

L’Allemagne montre donc qu’une sortie du nucléaire est compatible avec le respect des engagements climatiques et la prospérité économique – cette conciliation est possible via un développement des ENR et la mise en place de politiques d’efficacité énergétique.