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Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Archives > Politiques climatiques par pays > Etats-Unis > Pacte climatique entre les USA, l’Australie et 3 pays d’Asie.
Pacte climatique entre les USA, l’Australie et 3 pays d’Asie.
date 25 août 2005
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Il existe un projet alternatif à Kyoto : le pacte du charbon

Les Etats-Unis, l’Australie, la Chine, l’Inde et la Corée du sud ont révélé le 28 juillet 2005 l’existence d’un projet alternatif au protocole de Kyoto.
Cette alliance, baptisée "Asia-Pacific Partnership for Clean development and Climate" et discutée depuis 5 mois, a également pour objectif final la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) afin d’atténuer le changement climatique en cours. Cependant, les moyens qui seront mis en place privilégient la mise en place de technologies propres et avancées sans contraintes juridiques sur les réduction des émissions de CO2. Selon le quotidien The Australian, ces pays veulent créer "un contexte favorable pour le développement, la diffusion, le déploiement et le transfert de pratiques et technologies rentables et plus propres, existantes ou à venir".

Le protocole de Kyoto, qui est entré en vigueur en février 2005 permet de contrôler les émissions, par les pays industrialisés, de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et d’oxyde nitreux (N20) notamment. Considérés ensemble, tous les pays industrialisés qui ont ratifié le protocole se sont engagés à atteindre une réduction moyenne de 2,8 % d’ici 2008-12 (par rapport au niveau de 1990). Ces pays représentent environ 64 % du total des émissions générées par les pays industrialisés, étant donné que les États-Unis d’Amérique et l’Australie n’ont pas ratifié le protocole.

Les ONG sont sceptiques.
Toujours selon The Australian, " cela fait maintenant cinq mois que les cinq pays discutent de ce nouveau partenariat, à l’initiative des Etats-Unis et présenté comme une stratégie "post-Kyoto". Stratégie que les Etats-Unis perçoivent comme une manière de respecter l’environnement sans nuire au développement économique (...) Pour l’Australie, le Protocole de Kyoto constitue une menace pour les exportations nationales de charbon et de gaz vers la Chine et la Corée du Sud ainsi que pour les négociations avec la Chine sur les ventes d’uranium pour l’énergie nucléaire ».

Le parti Vert australien condamne cette initiative qualifiée de " pacte du charbon ". « Le pacte secret inclut quatre des plus gros producteurs mondiaux de charbon, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde et l’Australie » selon le communiqué des Greens australiens. « Il s’agit seulement de détourner l’argent du contribuable destiné aux énergies renouvelables pour tenter de rendre l’utilisation du charbon moins polluante ».
Notons effectivement que l’Australie est le 1er producteur mondial de charbon une énergie fossile fortement émettrice de GES.

Le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, a assuré que les pays signataires " ne portent pas du tout atteinte au protocole de Kyoto" . " Nous le considérons comme un complément, non une alternative, à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques" a également déclaré le secrétaire d’Etat adjoint américain, Robert Zoellick.

www.notre-planete.info

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Les écologistes dénoncent le « pacte du charbon »

Les défenseurs de l’environnement ont condamné jeudi l’accord entre les Etats-Unis, l’Australie et quatre pays d’Asie pour lutter contre l’émission des gaz à effet de serre.

« Un accord sur le changement climatique qui ne limite pas la pollution est comparable à un accord de paix qui autorise les coups de feu » : a condamné sans appel le Fonds mondial pour la nature (WWF). La nouvelle entente est notamment destinée à la diffusion de technologies pour promouvoir la croissance économique tout en permettant une réduction significative de l’intensité des gaz à effets de serre mais, à la différence du protocole de Kyoto, il n’impose aucune obligation en termes de réductions d’émissions de gaz à effet de serre. « Se cacher derrière des accords secrets et sélectifs ne permettra pas » de réduire les émissions comme le demande le protocole de Kyoto, que les Etats-Unis et l’Australie ont refusé de ratifier, souligne Greenpeace-Australie.

Le leader de Verts d’Australie, Bob Brown, a qualifié l’accord de « pacte du charbon », compte tenu de la présence de quatre des plus grands producteurs au monde - la Chine, l’Australie, les Etats-Unis et l’Inde. L’Australie est le premier exportateur mondial de charbon. Selon lui, l’objectif de ce traité est « de défendre l’industrie du charbon à une époque où elle représente la plus grosse industrie qui contribue délibérément à la menace du réchauffement global ».

« Il ne fait aucun doute que le gouvernement australien mijote cet accord depuis un moment pour faire oublier son refus de ratifier le protocole et pour essayer de prouver que les pays émergents l’abandonnent », a déclaré une porte-parole de Greenpeace, Catherine Fitzpatrick. « Ce pourrait être le premier coup de canif pour déchirer Kyoto » ajoute Steve Sawyer, le responsable du programme climat de Greenpeace, et une façon de détourner l’attention des discussions de Montréal, qui doivent, en novembre, ouvrir le protocole de Kyoto aux pays en développement à partir de 2012. Le protocole de Kyoto, entré en vigueur en février, vise une réduction mondiale des gaz à effet de serre d’une trentaine de pays industrialisés par rapport à 1990 et d’ici 2012. Mais cette obligation ne vaut que pour les pays industriels et n’est pas imposée aux nations en développement, comme la Chine et l’Inde.

La nouvelle entente « ne répond pas au besoin immédiat de réduire d’au moins 60% d’ici 2050 la pollution des gaz à effet de serre » puisqu’elle ne contient pas d’objectifs chiffrés, regrette l’organisation des Amis de la Terre d’Australie. « En restant en dehors du jeu du protocole de Kyoto, les Etats-Unis et l’Australie continuent de s’exposer aux critiques, sur le fait que seuls comptent leurs propres intérêts aux dépens du reste du monde », a déclaré à l’AFP Cam Walker, porte-parole des Amis de la Terre.

Le ministre canadien des affaires étrangères, Pierre Pettigrew, dont le pays est un promoteur du protocole de Kyoto ne voit toutefois pas de menace sur un protocole qui s’est renforcé avec la récente signature de la Russie : l’accord Asie-Pacifique est « un progrès, mais j’attends toujours la matière. J’espère beaucoup qu’il en contiendra ».

Libération, 28.07.05