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Objectifs climatiques de l’Europe : score bien ou passable ? ?
date 4 juin 2014
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L’Agence européenne de l’environnement (AEE) a annoncé que, fin 2013, l’Europe avait réduit ses émissions territoriales de gaz à effet de serre de 19,2% par rapport à 1990, et donc quasiment atteint son objectif de 20% en 2020. Ce résultat en demi-teinte cache une réalité que l’UE refuse de reconnaître à Bonn : son objectif actuel n’est pas à la hauteur de la crise climatique.

Aux autres pays, l’Europe dit qu’elle a déjà quasiment son objectif de réduction d’émissions pour 2020. Et qu’en 2020, elle l’aura dépassé de 5 points. Cette affirmation doit être mise en perspective. Au lieu de s’en satisfaire, l’UE devrait réfléchir aux politiques et mesures qu’elle devrait mettre en place ou renforcer dès aujourd’hui pour accroître ses efforts. Le projet Climate Action Tracker vient de rappeler, conformément aux derniers travaux du GIEC, que TOUS les Etats doivent accélérer la baisse de leurs émissions de gaz à effet de serre. L’UE peut-elle VRAIMENT se reposer sur ses lauriers pendant 7 ans ?

Soyons clairs : l’Union européenne n’est pas le pire élève des négociations internationales. Mais elle tend de plus en plus à se limiter au strict minimum, loin de ce qu’elle devrait réaliser pour limiter le réchauffement à moins de 2°C. L’Europe ne sait plus donner le ton de la négociation.

Un bilan qui ignore les émissions liées à nos importations

Il faut garder en tête que le bilan des émissions de l’UE ne comprend que les émissions territoriales, c’est-à-dire celles produites sur le territoire européen. Il ne prend pas en compte les émissions induites par la production et le transport de tous les produits que nous importons pour notre consommation. Or, ces émissions liées à nos importations sont en croissance constante, parce que nous importons de et nous consommons de plus en plus. Dans le système actuels, ces émissions sont intégralement imputées aux émissions des pays producteurs de ces biens de consommation, comme la Chine.

Lire la première publication du RAC sur ce sujet : http://www.rac-f.org/Les-emissions-importees-le,2417

Quid de la transformation en profondeur du système de production et de consommation de l’Europe ?

Si les politiques climatiques européennes ont bien été suivies d’effet, elles n’ont pas permis d’entamer le virage énergétique dont nous avons besoin en Europe. Une partie des réductions d’émissions réalisées par l’UE depuis 2008 est liée à la crise économique. En cas de relance, les émissions pourraient baisser moins vite, voire reprendre une tendance haussière, quand il faudrait que les réductions s’accélèrent. En outre, le prix du CO2 sur le marché carbone européen est situé à un niveau bien trop bas pour orienter les investissements structurels dans la transition énergétique. Le prix devrait d’ailleurs demeurer à un niveau assez bas, à moins d’une décision rapide et ambitieuse des pays pour le réformer. De plus, le soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique demeure fluctuant et incertain. L’action sur les économies d’énergie reste aussi insuffisante, si bien que l’objectif européen pour 2020 ne sera très probablement pas atteint. Enfin, les Etats membres continuent de subventionner massivement les énergies fossiles et fissiles, envoyant des signaux contradictoires au marché.

Une confusion entre l’objectif interne à l’UE et son objectif au titre du Protocole de Kyoto

L’Europe tend à brouiller les pistes dans sa communication sur son objectif pour 2020 dans le cadre du protocole de Kyoto. En effet, l’annonce de l’AEE exclut les émissions du transport maritime et aérien, qui ont augmenté depuis 1990. Or, si l’on inclut ce secteur, les émissions seraient plutôt en baisse de 16,9%. En outre, l’engagement de l’UE au titre du protocole de Kyoto n’est pas de -20%, mais de -24%, afin de tenir compte de l’inclusion du transport international mais aussi des différences d’année de référence pour certains pays (qui ne se rapportent pas à 1990 mais à 1988 par exemple).

L’introduction massive de crédits internationaux

Stockés dans les caisses climatiques de l’UE : des millions de crédits internationaux de compensation achetés par les Etats européens et les entreprises, mais inutilisés (acquis via les mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto et du Paquet énergie climat 2020). Non seulement la qualité et l’additionnalité de ces crédits est parfois discutable, mais ce type de crédits ne permet pas d’engendrer une transformation du système de production européen.

Des suspicions d’incohérences sur la question des investissements charbon des pays européens à l’étranger

L’Europe semble vouloir multiplier les incohérences politiques. Ainsi, la Commission européenne prépare de nouvelles règles pour les subventions accordées par les agences de crédit à l’export européennes qui pourraient demeurer très laxistes sur le financement d’investissements charbon partout dans le monde. [1]

date Notes

[1Les agences de crédits à l’export sont des institutions publiques qui accordent des taux préférentiels aux entreprises nationales pour couvrir une partie des coûts de l’export.