logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Négociations internationales sur le climat : Bilan d’une semaine passée à Bonn
Négociations internationales sur le climat : Bilan d’une semaine passée à Bonn
date 17 mars 2014
texte+ texte- google twitter facebook

Dans le contexte des préparatifs d’un accord mondial sur les changements climatiques fin 2015 à Paris, une première semaine de négociations climat s’est déroulée à Bonn du 10 au 14 mars 2014. Elle a concerné trois points en particulier.

Les contributions nationales post-2020 des pays (attendues d’ici mars 2015)

Pour rappel : la COP19 à Varsovie, en novembre dernier, a appelé les pays à soumettre leurs « contributions » dans le cadre de l’accord après 2020 d’ici fin mars 2015. Le terme « contribution nationale », apparu dans les dernières heures de la négociations à Varsovie, vient remplacer le terme plus fort « engagement ». Il s’agit maintenant de préciser quelles informations ex ante les pays doivent fournir dans le cadre de leur contribution. Cette question est essentielle pour de nombreuses raisons : pour garantir la comparabilité, la transparence et la compréhension des contributions qui seront présentées ; et pour garantir la capacité des gouvernements et de la société civile mondiale à évaluer et comparer ces contributions nationales entre mars et décembre 2015 et si possible, créer une pression suffisante pour que tous les Etats se fixent des objectifs plus ambitieux.

Il s’agit aussi de fixer le champ de cette contribution. Pour les pays développés, les contributions concernent uniquement l’atténuation. Pour une partie des pays en développement (PED), les contributions des pays développés doivent autant concerner l’atténuation que les financements qu’ils comptent fournir pour appuyer les PED. Pour certains, c’est le seul moyen de sécuriser et de renforcer la prévisibilité des financements publics après 2020 et ainsi, l’ambition des contributions nationales des pays en développement. Pour d’autres, cela ralentira les négociations : peu de pays développés seront en mesure de s’engager de manière fiable et certaine sur des financements publics après 2020 et par effet ricochet, cela signifierait que peu de pays en développement soumettront de contributions climatiques ambitieuses. Un atelier a permis à plusieurs pays de présenter l’état de leurs préparatifs pour leur contribution nationale mais pour l’instant, il manque les indicateurs pour les comparer.

Il est attendu que la COP20 à Lima précise les informations ex ante qui formateront les contributions. Mais la discussion pourrait s’envenimer sans résolution de la question du financement dans le cadre de ces contributions. Un atelier de deux jours sur la suite des financements climat est prévu pendant les négociations en juin prochain et sera l’occasion pour les pays développés de préciser leurs intentions financières (objectifs, montants, sources) à la fois pour 2014-2020 et pour après 2020.

Les modalités d’action pour relever l’action climatique jusqu’en 2020.

Pour rappel : les efforts de réduction d’émission des pays et des secteurs sont actuellement plus qu’insuffisants pour tenir un cap compatible avec un réchauffement climatique sous 2°C. Les rapports du PNUE et de l’AIE sont fermes : il faut impérativement rattraper ce retard entre 2014 et 2020 pour que le 2°C reste à notre portée. En d’autres termes, AVANT que le futur accord mondial n’entre en vigueur en 2020. Dans ce contexte, le groupe de négociations des pays insulaires (AOSIS) a exigé fin 2011, à Durban, la création d’un groupe de travail sur l’ambition avant 2020 pour éviter que l’attention internationale se focalise uniquement sur un accord qui arriverait trop tard.

Mais depuis, les négociations n’ont pas avancé, faute de volonté politique. D’une part, faute de financements prévisibles et suffisants de la part des pays développés pour appuyer les efforts de réduction volontaires des pays en développement. D’autre part, parce que les pays développés ne montrent pas l’exemple en relevant leurs propres objectifs 2020 (Kyoto et non-Kyoto) et pour certains, ont annoncé qu’ils ne les tiendraient pas (Japon, Canada). Le groupe de travail peut également construire ou amplifier des initiatives de coopération internationale sur des secteurs spécifiques : les gaz réfrigérants HFC qui ont un pouvoir de réchauffement énorme à court terme, les transports internationaux qui représentent une part croissante des émissions ; l’efficacité énergétique dans les bâtiments et les énergies renouvelables.
Cette semaine, plusieurs ateliers et séances informelles ont été organisés pour étudier le potentiel et les actions des pays en matière d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable. L’IRENA a présenté un scénario qui permettrait de tripler le déploiement des ENR d’ici 2030. Il s’agit maintenant de concrétiser des solutions pour faciliter le déploiement des énergies renouvelables, plusieurs pays ont appelé les négociations à se focaliser sur l’appui que la CCNUCC peut apporter – via ses institutions comme le Comité pour les Technologies et le Fonds Vert. Une proposition qui circule dans la négociation : un tarif de rachat mondial ou régional pour les énergies renouvelables. Lors des négociations en juin, des ateliers similaires sont prévus sur les villes durables et les transports et seront l’occasion d’étudier d’autres formes de coopération.

Le processus et l’agenda de négociation

Le principal sujet qui a occupé les négociateurs cette semaine a été le format des négociations. Pour l’instant, les négociations sont encore informelles, dans le cadre la plateforme de Durban (ADP). Le G77 a appelé les négociations à passer en mode formel – en « groupe de contact ». Cela signifie que les négociateurs travaillent sur un texte de négociation ; et que ce groupe et le texte sont obligés de tenir compte formellement des propositions, éléments et amendements de tous les pays. La crainte principale est que les négociations se fassent entre quelques pays et que les propositions des uns et des autres disparaissent – comme ca a été le cas à Varsovie. Finalement, un seul groupe de contact a été créé sur l’ensemble des sujets de la plateforme de Durban, et initiera ses travaux lors des négociations à juin. Et rien n’interdit ce groupe de créer des sous-groupes de négociation sur des questions plus spécifiques. Les présidents de l’ADP soumettront une note à ce groupe de contact sur les modalités de travail et les pays feront des soumissions sur ce qu’ils souhaitent voir dans le texte de négociation.

Préparer les négociations de Juin

La session de négociation prévue fin juin aura beaucoup de travail sur la planche pour réunir les conditions d’un succès en 2014 et en 2015. La COP de Lima cette année devra préparer le terrain pour un accord à Paris. Ce doit être la COP de l’ambition pre-2020, le moment qui nous rassurera sur la faisabilité d’un accord après-2020.

Concernant l’accroissement des efforts pré-2020, il est temps d’étudier et de décider en quoi les institutions et mécanismes de la Convention Climat peuvent soutenir et amplifier les initiatives internationales en matière d’efficacité énergétique et d’ENR. Par exemple, que doit financer le Fonds Vert ? Quelles technologies doit promouvoir le Comité des Technologies ?

Les réunions ministérielles prévues en juin doivent également faire l’objet d’annonces rassurantes de tous les pays développés, y compris mais pas seulement l’Union Européenne, pour renforcer leurs objectifs actuellement trop insuffisants pour 2020. C’est aussi l’occasion de réaffirmer l’engagement des pays développés à accroître les financements publics pour le climat dès maintenant.

Concernant l’accord après 2020, tous les pays doivent se mettre au travail pour accélérer leurs préparatifs pour une contribution nationale qui place chaque pays sur une trajectoire de sobriété énergétique compatible avec l’objectif de stabiliser le réchauffement climatique sous les 2°C. Et ces contributions doivent être sur la table le plus tôt possible.