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NAIROBI : UN SOMMET ATTENTISTE
date 20 novembre 2006
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NAIROBI : UN SOMMET ATTENTISTE

Très attendue, après la surprise survenue l’an
passé à Montréal, la conférence de Nairobi n’a
pas tenu toutes ses promesses. Rappel des principaux
sujets abordés.

Rarement, les délégués d’une conférence sur le
changement climatique auront été plus en décalage
avec la société mondiale. Alors que le
prochain rapport du GIEC devrait confirmer la
responsabilité humaine dans le renforcement de
l’effet de serre, que les économistes, tels Nicholas
Stern ( cf. Enerpresse n°9198), l’AIE ( cf. Enerpresse
n°9195), la Banque mondiale, le PNUE, les
chefs de gouvernements, sans oublier lesO.N.G. ne
cessent d’appeler à une rapide « décarbonisation »
de notre société, il ne s’est rien passé à Nairobi.
Ou presque. Les enjeux de cette COP-MOP 2
étaient pourtant d’importance. Dans la foulée
de Montréal ( cf. Enerpresse n°8969), ce sommet
devait décider de la suite à donner au processus
climatique mondial : post-2012, évolution du régime
des MDP. Sans oublier quelques questions
annexes.

2% des MDP en Afrique

Sur le plan des MDP, une décision a été prise. Si
personne ne sait encore qui gérera le fonds d’adaptation
(en tout cas pas un pays n’ayant pas ratifié
Kyoto, donc pas les Etats-Unis), les règles de cette
institution, qui prélèvera une taxe de 2% sur les
URCE pour financer des projets d’adaptation
dans les pays pauvres, existent désormais.

Reste à savoir si les fonds ainsi collectés seront suffisants. « Selon un
rapport de la Banque mondiale, explique Morgane Creach du Réseau Action
Climat, le fonds d’adaptation pourrait collecter entre 250
et 600 millions de dollars par an. D’un autre côté, les besoins de
financement de projet d’adaptation
s’éléveraient de 10 à 40 milliards de dollars par an. »

Les pays européens espéraient beaucoup que
la capture et la séquestration du carbone soient
intégrées dans le dispositif des MDP. Aucun rejet
définitif n’a certes été prononcé, mais il faudra
attendre la prochaine COP-MOP pour être fixé.
Première conférence climatique à se tenir en
Afrique sub-saharienne, Nairobi fut l’occasion de
rappeler que l’Afrique n’intéresse pas les promoteurs
de « flex-mex » (2% y sont réalisés). Ce qui
n’a pas empêché la France de signer un accord
bilatéral avec le Gabon et la Corée du Sud. En
attendant de conclure un accord avec le Sénégal
dans les jours qui viennent. Certes, sous l’impulsion
de son secrétaire général, Kofi Annan, l’ONU
a lancé le « cadre de Nairobi », une initiative visant
à rendre les pays les plus pauvres plus attractifs
aux yeux des investisseurs. Mais comment investir
dans des projets de production d’énergie propre
dans des régions dont les besoins énergétiques
sont des plus modestes ?

Réduire de moitié les émissions mondiales

Autre question non vraiment résolue : l’avenir des
projets de destruction de HFC 23. Pour un faible
coût d’investissement, ces opérations génèrent de
très importants volumes d’URCE. Engendrant,
de fait, d’importants risques de déstabilisation du
marché mondial des crédits d’émissions. Pour y
pallier, un fonds, alimenté par une autre taxe sur
ces projets, pourrait voir le jour.Mais pour ce faire,
il faudra convaincre la Chine qui espère attirer
plus d’un milliard de dollars de l’étranger pour
détruire ses émissions d’hydrofluorocarbones.

En
définitive, la seule réelle avancée de la conférence
kenyane fut l’accord sur la nécessité de réduire de
moitié des émissions mondiales de GES. « Certes,
souligne François Bordes, le conseiller technique
de la ministre de l’Ecologie et du développement
durable, aucune échéance n’a été fixée, mais la
fixation d’un tel objectif était encore tabou, l’an
dernier, à Montréal. »Une décision qui devrait un
peu rassurer les investisseurs de MDP et de MOC,
ainsi que les pays hôtes des projets. Parallèlement,
les délégués ont abordé certaines questions
inédites. Dans un discours lu par Nelly Olin, le
président Chirac a proposé l’instauration au niveau
mondial de la fameuse « taxe Cambridge »,
qui frapperaient aux frontières les produits de pays non « climatiquement »
corrects. Soutenu par
la Suisse, et plus tièdement par la Commission, ce
projet a été voué aux gémonies par les Etats-Unis
et l’Australie. La Russie, de son côté, a souhaité
que les pays « non annexe 1 » puissent prendre des
engagements volontaires mais non contraignants
de réduction d’émissions. Une proposition surprise
dont on reparlera sans doute au cours des
prochains mois.

Valéry Laramée de Tannenberg LUNDI 20 NOVEMBRE 2006 ENERPRESSE N° 9203