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Montréal à la poursuite de Kyoto
date 29 novembre 2005
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Montréal à la poursuite de Kyoto

Kyoto, et après ? La 11e conférence des parties de la Convention climat de
l’ONU, alias « COP-11 », s’ouvre aujourd’hui à Montréal (Canada) avec un menu
qui témoigne du caractère « révolutionnaire et insuffisant » du protocole de
Kyoto, comme l’a souligné Denys Gauer, ambassadeur à l’environnement au Quai
d’Orsay (1). « Révolutionnaire » puisque, pour la première fois dans
l’histoire des relations internationales, des pays ont signé un accord les
contraignant à limiter leur « consommation » de climat planétaire : ils se
sont engagés à contenir leurs émissions de gaz à effet de serre.
« Insuffisant », puisque cette limitation n’engage que les pays
industrialisés ­ à l’exception notable des Etats-Unis ­, et qu’il ne porte
que sur la période 2008-2012.

Statistiques. Première conférence des signataires du protocole de Kyoto
depuis son entrée en vigueur en février 2005, la COP-11 doit d’abord
poursuivre la mise en œuvre de ce traité. Alors que chaque pays va apporter
les dernières statistiques de ses émissions de gaz à effet de serre, les
experts vont plancher sur la création de trois fonds internationaux destinés
à aider les pays en voie de développement à affronter les conséquences du
changement climatique. Ils poursuivront aussi la discussion sur les puits de
carbone (plantation de forêts ou pratiques agricoles permettant de
séquestrer du CO2), à prendre en compte dans les calculs des émissions. Et
sur le mécanisme de développement propre qui offre la possibilité à un pays
ou une entreprise de réaliser ses engagements de réduction d’émissions en
finançant un projet à même visée dans un pays du Sud. Enfin, et surtout, les
ministres décideront des moyens de contrôle ­ voire de sanction ­ des Etats
ne respectant pas leurs engagements.

Ce dernier point a d’autant plus d’importance que les objectifs ne seront
pas faciles à atteindre, malgré leur modestie. Ainsi le Canada a signé pour
une réduction de 6 % de ses émissions en 2012, comparées à celles de 1990.
Or en 2003, il affichait une augmentation de 24 %. Quant à l’Union
européenne qui promettait une baisse de 8 %, si elle semble en meilleure
posture avec une diminution de 1,4 % en 2003, une analyse prospective laisse
présager qu’en 2012 ses émissions seront en augmentation. Le deuxième enjeu
de la conférence est de lancer officiellement les discussions sur
« l’après-Kyoto ». Limité dans le temps et l’espace, le protocole, conclu en
décembre 1997, n’est en effet qu’une étape vers l’objectif fixé en 1992 lors
du sommet de Rio : « Stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre de
l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique
dangereuse du système climatique. »

Cohérence. Pour parvenir à cet objectif, les pays industrialisés devraient
avoir divisé par quatre leurs émissions en 2050 afin de compenser la hausse
inéluctable de celles des pays en développement. Cette perspective, qui
suppose une grande cohérence entre décideurs politiques et acteurs
économiques, ne deviendra réalisable qu’avec la participation active des
Etats-Unis, plus gros pollueur mondial par pays et par habitant. Sous Bill
Clinton, Washington avait signé une baisse de 8 %, mais en 2003, les
Etats-Unis enregistraient une hausse de 13,3 %, sans aucun espoir
d’infléchissement de cette croissance. Il faudrait également que les pays en
voie de développement, dont les émissions sont vouées à devenir
majoritaires, entrent dans la danse...

Le temps presse d’autant plus que, selon Denys Gauer, « il ne sera sans doute
ni possible, ni même souhaitable, d’élaborer à Montréal un mandat de
négociation pour l’après-2012. Le meilleur résultat serait, sans doute, une
déclaration politique des ministres présents, qui légitimerait le lancement
du processus de réflexion ».

Par Sylvestre HUET lundi 28 novembre 2005
Libération
http://www.liberation.fr/page.php?A...

(1) Lors du « Rendez-vous Climat 2005 », à Paris, le 14 novembre.