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Lyon 2050 ? 3 scénarios catastrophes
date 3 avril 2006
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Lyon Capitale, N°543 - mardi 18 octobre 2005
http://www.lyoncapitale.fr/mag-543-...

Lyon 2050 ?
3 scénarios catastrophes

Changements de végétation, disparition d’espèces, apparition de nouvelles maladies, élévation des températures... Dans cinquante ans, quel visage aura Lyon ? Comment y vivrons-nous ?
Pour tenter d’y voir plus clair, chaque mois, nous demandons à des experts d’élaborer, pour des thématiques données, un scénario catastrophe et les solutions permettant de l’éviter.

PHOTOMONTAGE TRANSPORTS
par Jean-Paul Lhuillier vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, en Rhône-Alpes

- Le scénario catastrophe :
L’invasion des autoroutes

Le pétrole devient rare, l’essence à la pompe vient de dépasser le prix de l’heure du Smic (actuellement 8 euros bruts). Le principe de précaution, article 5 de la Charte de l’environnement incluse en 2004 dans notre Constitution française, n’a pas été respecté. Aucun investissement significatif dans les modes de transport alternatifs n’a été fait. Bien au contraire, les principaux acteurs politiques et économiques de la région lyonnaise sont fiers d’avoir inauguré, les unes après les autres, les autoroutes A45, A48, A432 nord, A89, COL, TOP... Ils envisagent l’A432 sud et le doublement des voies de la rocade est. Le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL) n’a pas été réalisé. Les études de réalisation d’un réseau tram-train sont posées sur l’étagère d’un bureau d’autorité organisatrice des transports (AOT) quelconque. LEA déverse ses 40 000 usagers du mauvais côté : tous les matins et tous les soirs, c’est la bagarre générale dans le hall de la gare de la Part-Dieu entre ceux qui rentrent côté Villette et ceux qui rentrent côté Vivier-Merle. Il faut dire que les TER et TGV “dégueulent” leurs 20 000 usagers, dont le tiers en correspondance, depuis 4 heures du matin jusqu’à minuit.
Angoisse : depuis ce matin du 18 octobre 2050, un convoi de fret de produit chimique inconnu se vide doucement sur le ballast de l’ancienne gare des Brotteaux. Tout le trafic ferroviaire est arrêté. Le quartier de la Part-Dieu est évacué. On pense sérieusement à évacuer les 3e et 6e arrondissements, ainsi que la moitié de Villeurbanne.

- les solutions alternatives :
Un réseau maillé de transports doux

Il n’y a qu’une seule autorité organisatrice des transports qui couvre l’ensemble de la région urbaine de Lyon (RUL). À cette échelle, le réseau structurant des transports collectifs, qu’il soit sur rail (tram-train, métro) ou sur pneus (bus à haut niveau de service), fonctionne de façon cadencée, de 5 heures à 1 heure du matin. Après celles de Crémieu et de Trévoux, vient d’être inaugurée une nouvelle voie ferrée entre Lyon et Saint-Étienne. En amont, ce réseau est en correspondance avec les réseaux TER et TGV. En aval, les trams et trolleys assurent tous les accès aux quartiers, bourgs, villages et villes moyennes. Il y a des stations Vélo’v dans tous les quartiers et toutes les communes. Il faut dire que grâce au respect de notre Constitution et à la réalité de l’évolution des coûts de l’énergie fossile, nos élus ont arrêté tous les projets autoroutiers et l’agrandissement de l’aéroport St-Ex. Le CFAL est réalisé dans son intégralité. L’urbanisation a été pensée autour de ces services de transport ferroviaires, des transports collectifs et des vélos. Le stationnement, quand il existe, coûte très cher, sauf pour une voiture par résident.

CLIMAT
par Diane Vandaele du réseau Action Climat France

- Le scénario catastrophe :
Étés caniculaires et inondations

La température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 6 °C. Le changement climatique n’ayant pas que des conséquences sur la température, Lyon, comme l’Isère et la France entière, connaissent des étés caniculaires (la fournaise de 2003 est désormais un été classique) engendrant des sécheresses, des incendies de forêt et une mortalité importante des personnes âgées et des enfants. En hiver, les précipitations sont plus abondantes, ce qui provoque des inondations et des glissements de terrain, obligeant des milliers de personnes à quitter leurs habitations.
50 % des glaciers alpins ont disparu. Le tourisme, importante ressource économique pour la région, n’a plus lieu d’être. Les activités saisonnières comme le ski et la randonnée sont devenues impraticables et dangereuses. De nombreuses espèces endémiques - animales et végétales - ont disparu des Alpes à cause d’un réchauffement trop important et trop rapide, tout comme certaines activités agricoles qui ne peuvent plus être pratiquées.

- les solutions alternatives :
Agir sans attendre les politiques

Tous les secteurs émettent des gaz à effet de serre et renforcent le changement climatique déjà en cours. En France, les transports et l’habitat sont très gourmands en énergie et sont responsables d’environ 50 % des émissions de gaz à effet de serre nationales. Chacun, à sa propre échelle, peut donc limiter son impact sur le climat en réduisant l’utilisation de la voiture (et donc du carburant) et en économisant l’énergie chez soi et sur son lieu de travail. Privilégier les transports en commun, le vélo ou la marche à pied en ville et réduire l’utilisation du chauffage, de l’électricité et de l’eau sont autant de petits gestes qui, additionnés, feront une grande différence. Les gestes éco-citoyens sont complémentaires des politiques de lutte contre le changement climatique, mais ne sont en aucun cas indissociables. Nous ne pourrons pas réduire notre impact sur le climat avec les seules politiques et nous ne devons plus attendre qu’elles se mettent en place. Il est encore temps d’agir !

BIODIVERSITE
par Vincent Dams, chargé d’études à la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna)

- Le scénario catastrophe :
Disparition des “coulées vertes”

En 2050, il n’y a plus d’agriculture traditionnelle. Ni à Lyon, ni dans le Grand Lyon. Tout le réseau bocager (haies, mares, fossés, etc.) a disparu, au profit de haies en “béton vert”, sortes de clôtures créées par la main de l’homme. Conséquence directe : la multitude de mini-écosystèmes très riches en biodiversité a été anéantie. C’est aussi la faute aux politiques, qui ont permis un étalement urbain sans limite. On se retrouve avec des lotissements à perte de vue, notamment dans les monts d’Or, devenus une immense colline à lotissements, version américaine. D’un point de vue écologique, c’est un désastre. En parallèle, les infrastructures routières se sont développées à une vitesse grand V, car le pétrole a rapidement été remplacé par d’autres énergies. Cela provoque la destruction des corridors biologiques et donc la disparition de très nombreuses espèces animales. Les interdictions de construction dans les “coulées vertes” de l’agglomération, comme Irigny ou Fourvière, ont été levées. Résultat, l’habitat a été densifié à l’extrême et il n’y a plus une seule parcelle de boisement. La colline s’effondre dangereusement.

- les solutions alternatives :
La sauvegarde des corridors biologiques

Il faut absolument entreprendre des politiques de sauvegarde des corridors biologiques, ces maillages naturels qui permettent à la faune de se déplacer et de se mélanger, de façon à garder un brassage génétique des espèces. On peut imaginer, compte tenu des progrès qui sont réalisés, que dans cinquante ans, l’eau du Rhône sera de bonne qualité et que la loutre recolonisera les berges du fleuve, tout comme les poissons. Individuellement, chaque propriétaire doit protéger la biodiversité dans sa petite parcelle de terrain, en laissant les espaces naturels au maximum... naturels. On imagine aussi que les énergies alternatives se seront développées en masse, faute de pétrole suffisant.