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Lettre ouverte du Réseau Action Climat International aux Pays de l’ombrelle
date 17 novembre 2013
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La COP19 a commencé avec l’annonce des impacts dévastateurs du super typhon Haiyan à Palau, en Micronésie, aux Philippines et dans les pays voisins. Non seulement la destruction subie par ces pays est tragique, mais ce n’est pas la première Conférence des Parties au cours de laquelle se produit en parallèle un événement climatique extrême. Comme si la Planète nous envoyait un message : le monde ne peut pas rester immobile face à la crise climatique. Pourtant, de nombreux pays ne semblent pas avoir compris le message.

Les mesures annoncées à Varsovie et à domicile par le Japon, l’Australie et le Canada sont tout simplement inacceptables. Une des tâches principales de Varsovie est justement d’élever le niveau d’ambition à court terme, afin de rapprocher l’écart gigantesque entre ce que les pays font et ce qu’il est indispensable de faire pour éviter un réchauffement supérieur à 2 degrés. L’annonce du Japon est absolument honteuse : il a décidé d’affaiblir son objectif de réduction d’émissions, à tel point qu’il peut désormais augmenter ses émissions par rapport à 1990. Le monde a besoin de mesures décisives et immédiates pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour ajouter l’insulte à l’injure, le Japon essaie de présenter son objectif sous un jour meilleur en utilisant des artifices comptables. Mais nous ne sommes pas dupes : la vérité vraie, indéniable, c’est que le Japon a décidé d’augmenter ses émissions par rapport à 1990. C’est un recul considérable par rapport au Protocole de Kyoto.


Nous appelons le gouvernement japonais à réviser sa position de toute urgence et à mettre des objectifs ambitieux sur la table. Sans parler du nucléaire : le Japon devrait apprendre de ses erreur et cesser sa dépendance à cette source d’énergie.

Aux antipodes, la situation est tout aussi déprimante. A ce stade, l’Autralie n’est bonne élève sur aucun volet de la négociation internationale. Par exemple, sur les financements pour aider les pays pauvres à lutter contre le changement climatique, notamment l’aide vitale fournie aux communautés vulnérables pour renforcer leur résilience aux impacts. En outre, le nouveau gouvernement australien parle de baisser les objectifs nationaux de réduction d’émissions et de supprimer sa législation nationale. L’Australie a enfin adopté une ligne très dure sur la question d’un mécanisme pour traiter les pertes et les dommages subis par les pays en développement touchés par le changement climatique. D’autres pays sont avec l’Australie sur ce dernier point. Nous ne croyons pas que ces positions représentent les souhaits de la communauté australienne et nous nous attendons mieux.

L’accueil positif réservé par le gouvernement Canadien à la proposition du gouvernement australien de supprimer sa législation climatique n’est rien d’autre qu’un manque de respect à tous les pays présents à Varsovie qui cherchent à accroitre l’action contre le changement climatique. Ces propos honteux sont aggravés par les projections d’émissions du Canada : le pays ne devrait même pas respecter son faible objectif annoncé à Copenhague. Et il se trouve à des années lumière de son engagement pris initialement sous Kyoto, sans parler de ce qui est exigé par la science. Cet écart est le résultat du développement insensé des sables bitumineux, qui se traduira par un triplement des émissions (provenant des sables bitumineux) entre 2005 et 2020. L’expansion de l’extraction de combustibles fossiles est incompatible avec la nécessité d’éliminer les émissions de GES d’ici 2050.

Nous, membres de la société civile, avons utilisé tous les moyens à notre disposition. Nous avons même créé un "fossile de l’incrédulité [1]", parce que la situation est devenue kafkaïenne. L’humanité doit réduire ses émissions pour éviter les pires impacts du changement climatique. Si les vents à 360 km/heure du super typhon Haiyan ne suffisent pas à vous convaincre, vous n’êtes pas seulement sourds ; vous êtes aveugles.

date Post Scriptum

Les pays de l’ombrelle sont : Japon, Australie, Etats-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège, Russie, Ukraine

date Notes

[1Les fossiles sont les prix décernés aux pays par les ONG pendant les négociations internationales, récompensant les plus mauvais élèves.