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Accueil > Politiques et mesures > Politiques locales > Etalement urbain > Les tours de passe-passe de la Ville de Paris
Les tours de passe-passe de la Ville de Paris
date 22 novembre 2010
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Le conseil municipal de Paris a voté mardi 16 novembre une modification de son PLU, permettant la construction de tours de grande hauteur. Cette décision est pourtant totalement contraire au Plan Climat de la Ville de Paris, et elle vient ancrer une vision "repoussoir" de la densité urbaine.

Le Conseil de Paris (sans les voix de l’UMP, des Verts et du Nouveau Centre) a voté mardi 16 novembre une modification du plan local d’urbanisme pour pouvoir construire des tours de grande hauteur et ainsi dépasser le plafond de 37 mètres de hauteur, en vigueur depuis 1977.

La révision du règlement d’urbanisme pour le quartier Masséna Bruneseau (13e arrondissement) permettra aux tours d’habitation d’atteindre 50 mètres, échappant ainsi à la réglementation sur les immeubles de grande hauteur qui s’applique au-delà de 50 m, ainsi que des tours de bureau de 180 mètres !

Le conseil municipal de Paris veut également se pencher sur le règlement d’urbanisme de cinq autres quartiers : les Batignolles (17 e), lieu du futur TGI (hauteur prévue de 200 mètres), la porte de Versailles (15 e), où s’érigera la tour Triangle d’Unibail (hauteur prévue de 180 mètres), mais également la porte de Montreuil, Bercy-Charenton et la porte de la Chapelle.

Anne Hidalgo, première adjointe PS chargée de l’urbanisme, a ainsi eu le culot d’annoncer : « Ce que nous faisons là participe d’une réflexion engagée dans la précédente mandature sur la question de la ville dense, durable », ce qui « passe par des libertés qu’on peut se donner à certains endroits précis en matière de hauteur ».

Une décision contraire aux objectifs du PCET
On constate pourtant que les tours actuelles présentent une consommation d’énergie environ 10 fois supérieure (ordre de grandeur de 500 kWh/m2.an) avec une consommation théorique minimale d’environ 100 kWh/m2.an [1].
La réglementation thermique 2012 qui vient d’être publiée [2] témoigne de cette incompatibilité entre tours et performances énergétiques.

Alors que la loi Grenelle a fixé un plafond moyen de consommation de 50 kWh/m2.an en France, elle n’exigera des tours qu’une consommation de 110 kWh/m2.an pour les bureaux. C’est le jeu des coefficients de modulation qui permettra ceci. Il n’est pas prévu d’assouplir les exigences directement en fonction de la taille des bâtiments, mais d’autres critères permettent de moduler l’exigence, et en particulier le coefficient CE2 qui définit les bâtiment dont on considère qu’ils doivent être climatisés. Il existe plusieurs conditions pour que s’applique ce coefficient, notamment le fait que des fenêtres de bureau ne sont pas ouvrables ou que l’immeuble se trouve en zone de bruit.

Et encore aucun de ses chiffres ne tient compte des autres consommations induites par les immeubles de grande hauteur : ascenseurs, sur-presseurs et énergie grise.

C’est pourtant pratiquement la même équipe municipale qui avait établi le Plan Climat de Paris, voté à l’unanimité par le Conseil de Paris le 1er octobre 2007, huit mois avant les élections municipales. Cette stratégie climat-énergie fixe ainsi un seuil maximal de consommation d’énergie primaire de 50 kWh/m² shon /an pour les opérations neuves, et la ville de Paris entend être « particulièrement performante » pour ses propres constructions neuves [3]. Objectif pour le moins compromis...

La persistance d’une vision repoussoir de la densité.

La majorité des Parisiens se prononce régulièrement contre la construction de tours de grande hauteur dans leur ville, et souhaite même la destruction de la tour Montparnasse ! Alors que 65% [4] des Français pensent que la densité est quelque chose de négatif, et que cette dernière est systématiquement associée à l’idée des tours et barres, symboles de l’anonymat urbain et de l’insécurité, la décision « historique » des élus parisiens ne fera que renforcer cette vision repoussoir de la densité. Pourtant, il est tout à fait possible de faire des opérations denses beaucoup mieux acceptée socialement, de type maisons en bande [5].

Par ailleurs, Paris intramuros est déjà la 3ème ville la plus dense au monde. Défendre les tours au nom de l’augmentation de la densité urbaine est un faux argument, et la Mairie de Paris le sait parfaitement. Enfin, la ville de Paris a dépassé la densité acceptable pour ses infrastructures, comme en témoignent quotidiennement la saturation et les retards des transports en commun, la manque d’espaces verts et d’équipements sportifs en plein air, la mauvaise qualité de l’air, etc. Au lieu de construire des tours qui contribuent à aggraver ces problèmes, la Mairie de Paris ferait mieux de s’attaquer aux difficultés déjà créées par une trop forte densité urbaine.

date Notes

[1Notes techniques « Analyse de la consommation énergétique des tours », Olivier SIDLER/ Enertech, Janvier 2009

[2Décret n°2010-1269 du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des constructions. Arrêté du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments

[3Consulter le site de la ville de Paris : http://www.paris.fr/portail/pratiqu...

[4Sondage TNS SOFRES 2007 : Les Français et leur habitat

[5Dossier « La densité en débat », Etudes foncières n°145, Mai-Juin 2010