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Accueil > Changements climatiques > Actualités du climat > Les rapports sur le changement climatique remettent les pendules à l’heure
Les rapports sur le changement climatique remettent les pendules à l’heure
date 29 novembre 2012
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Alors que la 18ème conférence internationale sur le climat réunit en ce moment même à Doha les 192 pays membres de l’ONU, les organismes institutionnels et scientifiques ont publié une série de rapports qui analysent l’ampleur actuelle des changements climatiques et leurs conséquences si nos émissions de gaz à effet de serre ne baissent pas rapidement. Synthèse.

Rappel de la réalité climatique

Depuis 2007, le 4ème rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) fait référence et établit notamment que la planète s’est réchauffée de 0,74°C en un siècle. Plusieurs études plus récentes sont venues affiner cette estimation, notamment celle de l’Académie des Science française (2010) qui a évalué ce réchauffement à 0,8°C depuis 1870.

Ce réchauffement s’accompagne d’une série d’impacts directs comme l’augmentation de la fréquence et de la durée des canicules, des sécheresses et des fortes pluies (ces dernières renforçant les risques d’inondation). Les cyclones tropicaux sont intensifiés notamment par des océans plus chauds et dégageant ainsi plus d’énergie.

Évidemment, cette chaleur accrue provoque la fonte des glaces, notamment des glaciers terrestres (dont leur assise est hors de l’eau, comme les glaciers de montagne ou les glaciers recouvrant le Groenland ou l’Antarctique). L’eau libérée par cette fonte s’écoule vers les océans dont le niveau a augmenté au cours du XXème siècle de 17cm. Cette estimation est une moyenne car dans certains endroits du globe, cette élévation a été trois fois plus importante, notamment dans îles Pacifique tropicales comme Tuvalu.


L’année 2012 très chaude au Nord

L’année 2012 a été extrême sur le plan climatique. Chaque mois a réservé son lot de records, en terme de température, de fonte des glaces ou en matière d’évènements extrêmes. Par exemple, selon les relevés mensuels de l’Agence Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA), les mois d’avril, mai, juin et juillet ont été les plus chauds jamais vécu par l’Hémisphère Nord depuis 130 ans (début des relevés). Tous les autres mois sont parmi les 10 plus chauds jamais enregistrés.

Comme l’a rappelé l’Organisation Météorologique Mondiale dans une communication le 28 novembre, après un hiver glacial en Eurasie (-50°C en Russie fin janvier), l’été a été particulièrement chaud dans l’hémisphère Nord. Une sécheresse historique a sévi au cœur des Etats-Unis, dans le sud de l’Europe et en Russie alors même que le Groenland montrait des signes de fonte estivale sur 97% de sa surface (usuellement, seulement 50%) et voyait se décrocher un bloc de glace de la taille de Toulouse. La banquise Arctique, quant à elle, atteignait à la fin du mois d’aout une surface réduite comme jamais depuis le début des analyses.


Les émissions de CO2 augmentent mais doivent impérativement et rapidement baisser

Selon l’Académie des Sciences française, « l’augmentation de la température est principalement due à l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère. Cette augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l’activité humaine ».

En 2010, nous avons rejeté dans l’atmosphère approximativement 50 Milliards de tonnes équivalent CO2 (Mdtéq.CO2). C’est 20% de plus qu’en 2000 et bien au-delà des objectifs fixés pour 2020 (44Mdtéq.CO2) pour avoir une chance de limiter le réchauffement à 2°C d’ici 2100 (comme s’y sont engagés les pays à la conférence de Copenhague en 2009).
Selon le Copenhagen diagnosis (daté de 2009), cette trajectoire d’émissions correspond au pire scénario établi par le GIEC en 2006 pour mesurer l’impact de différentes stratégies mondiales en matière d’énergie. Ce dernier - modélisant un monde qui a largement recours aux énergies fossiles - prévoit un réchauffement jusqu’à 6,4°C.

D’après le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, et son rapport Bridging the emission Gap (Combler l’écart entre les tendances actuelles des émissions et les réductions nécessaires), pour respecter l’engagement des 2°C max, les émissions devront culminer à 58 Milliards de tonnes équivalent CO2 en 2020, puis décroitre : 37 Milliards en 2030 et 21 Mdtéq. CO2 en 2050.


Les contours des perturbations climatiques se précisent

Dans son rapport Turn Down the Heat, (Baisser le chauffage !) publié le 18 novembre 2012, la Banque mondiale redoute une hausse de la température mondiale moyenne de 4 °C dès 2060 avec des températures de +4 à +10° sur les continents.
Il en résulterait une élévation du niveau des mers de 50 cm à 1 mètre, entraînant le déplacement de millions de personnes, des épisodes climatiques plus extrêmes, des périodes de précipitations et de sécheresse intenses, des vagues de chaleur multipliées par dix, ou encore une acidification des océans.

Les pays en développement seront en première ligne, notamment l’Afrique pour les pénuries d’eau et l’Asie pour l’élévation du niveau des mers. Toutefois, les pays développés seront aussi touchés : les sécheresses vont se multiplier dans l’ouest des Etats-Unis, les cyclones et tempêtes verront leur intensité augmenter, l’élévation du niveau de la mer touchera la Charente-Maritime, le pourtour méditerranéen ou encore le nord de l’Europe (Belgique, Pays-Bas, etc.) et la France pourrait voir disparaître tous ses glaciers.

Surtout, compte tenu de l’inertie climatique, le réchauffement se poursuivra au-delà de 2100. Avec cette trajectoire, on pourrait atteindre + 8 °C à + 10 °C en 2300 (élévation du niveau de la mer de 1,5 à 4m).


La solution est connue

Dans son rapport annuel publié le 12 novembre 2012, intitulé "World Energy Outlook 2012", l’Agence internationale de l’énergie (AIE) préconise de laisser dans le sol plus des deux tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles. L’AIE écrit en effet que "notre consommation, d’ici à 2050, ne devra pas représenter plus d’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles" afin de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global maximal d’ici la fin du siècle.