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Les enjeux de la conférence de Buenos Aires
date 30 novembre 2004
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Climat : les enjeux de la conférence de Buenos Aires

Une fois n’est pas coutume, la conférence des parties à
la convention de l’ONU sur les changements climatiques
pourrait produire quelques résultats. Tout d’abord, cette
10ème « COP », qui se tiendra à Buenos Aires du 6 au 17
décembre prochain, sera la dernière avant l’entrée en
vigueur du protocole de Kyoto, le 16 février 2005. « Il
faudra d’ailleurs, à cette occasion, continuer d’affirmer le
rôle du protocole de Kyoto comme instrument de la mise
en œuvre de la convention »,a rappelé Paul Watkinson,
le chef de la délégation française. Mais le plus important
n’est peut-être pas là ? L’un des buts, plus ou moins
avoués, de la conférence est de préparer l’après-2012. En
clair, comment convaincre les pays en développement de
participer plus activement à la lutte contre le changement
climatique ? Or, ces derniers sont un peu échaudés par les
promesses d’aides non tenues par les pays industrialisés
et par les objectifs de Kyoto désormais hors d’atteinte.
« Nous devons leur apporter des preuves que nous nous
orientons vers l’atteinte des objectifs de Kyoto »,confirme le
négociateur.

Pour ce faire, l’Union européenne va présenter sa politique
climatique sur un grand stand. Dans ce cadre, la
France cherchera de nouveaux clients pour Seringas, le
logiciel de tenue du registre de quotas d’émissions. Autre
argument, sans doute plus motivant, le lancement d’un
nouveau fonds spécial international, chargé de financer
les actions d’adaptation au changement climatique dans
les pays du sud. Effrayés à l’idée de voir leurs clients
réduire, à terme, leurs importations de brut, les pays de
l’OPEP pourraient se voir proposer des projets MDP
(pour financer leur équipement en ENR, notamment),
en compensation d’un changement d’attitude. Raison
pour laquelle l’Algérie et l’Indonésie devraient annoncer
leur ratification du protocole à Buenos Aires. Si la COP
pourrait donc aboutir au lancement, l’an prochain, d’un
fructueux dialogue avec les pays en développement, elle
masquera d’autres ambitions. Jeudi, par la voix de Pierre
Sellal, son ambassadeur auprès de l’Union européenne,
la France a rappelé qu’elle entendait faire accepter l’énergie
nucléaire comme une technologie susceptible d’être
financée par le mécanisme de développement propre,
après 2012. L’EPR contre l’effet de serre ?

ENERPRESSE N° 8709, LUNDI 29 NOVEMBRE 2004