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Accueil > Presse > Derniers Communiqués > Les constructeurs automobiles français en roue libre vers les objectifs européens CO2
Les constructeurs automobiles français en roue libre vers les objectifs européens CO2
date 9 septembre 2013
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Montreuil, le 9 septembre 2013 - Si les constructeurs automobiles français font figure de bons élèves et les constructeurs allemands restent à la traîne, les objectifs européens de réduction des émissions de CO2 des véhicules neufs sont à la portée de tous les constructeurs automobiles. C’est ce que montre le dernier rapport de l’ONG Transport & Environment*, alors que l’Allemagne s’efforce de torpiller la future règlementation censée limiter les émissions des voitures neuves à 95gCO2/km en 2020 et que s’ouvre cette semaine le salon international de l’automobile à Francfort.


Une réglementation européenne efficace …

Se fondant sur les données officielles de l’Agence Européenne pour l’Environnement, le rapport de T&E montre que tous les constructeurs pourront atteindre leurs objectifs 2015 (130gCO2/Km en moyenne, 5,3L/100km) et 2020 (95gCO2/km, 3,7l/100km) quel que soit le type de véhicules produits. Les constructeurs français sont très bien placés comparativement à la majorité des constructeurs étrangers. Après PSA en 2011, Renault a atteint son objectif de 2015 en 2012, ce qui illustre l’efficacité mais aussi le manque d’ambition des réglementations européennes pour réduire les émissions du secteur automobile qui, à lui seul, produit un huitième des émissions de CO2 européennes.

Les progrès effectués par les constructeurs les plus performants (PSA, Toyota, Renault, Fiat) démontrent également que, pour ce faire, les constructeurs n’ont nul besoin de recourir aux échappatoires qui existent dans la législation (telles que les super-crédits qui bénéficient aux véhicules électriques **) ni de manipuler les cycles de test.

… mais menacée par l’Allemagne

Ces résultats sont d’autant plus encourageants qu’ils récusent les arguments du gouvernement allemand qui, poussé par ses constructeurs, BMW en tête, s’efforce de retarder l’adoption du règlement pour 2020 pour y introduire des super crédits encore plus généreux pour les véhicules électriques. Le rapport de T&E établit que, pour l’année 2012, la vente de 2.800 voitures électriques (soit 0,6% de ses ventes) a permis à Nissan de baisser artificiellement de 2 g/km la moyenne de ses émissions.

« Si la tendance actuelle à l’augmentation des ventes de véhicules électriques se maintient, les super-crédits telles que réclamées par l’Allemagne enlèveraient tout sens à l’objectif de 95 gCO2/km en 2020, lequel ne serait dès lors plus atteint que sur le papier – et non sur la route. » s’inquiètent les associations. « Le compromis trouvé en juin entre les trois institutions européennes pour réduire les émissions à 95gCO2/km et plafonner les super crédits doit donc absolument resté intact et ne pas subir un deuxième report, quoi qu’en dise Angela Merkel. »

Second problème de taille, le rapport met également en évidence la croissance du différentiel entre la consommation de carburant mesurée durant les tests et celle du véhicule en conditions réelles. Si certains constructeurs comme BMW choisissent-ils de répondre aux objectifs CO2 en manipulant les cycles de test, et ce au détriment des consommateurs et de l’environnement, d’autres constructeurs, comme Peugeot-Citroën et Renault, réalisent des progrès sans utiliser ces ficelles.

Les associations en concluent que « la France doit jouer un rôle moteur pour que le règlement limitant les émissions de CO2 des voitures à 95gCO2/km en 2020 soit adopté tel quel et sans plus attendre, et ainsi laisser place aux négociations sur l’objectif de 2025, qui fait cruellement défaut au compromis actuel. Ne nous privons pas d’un dispositif au service de la transition énergétique qui témoigne une fois de plus que respect de l’environnement et efficacité économique vont de pair. »

* How clean are European cars in 2012 ?, Transport & Environment , septembre 2013. http://www.transportenvironment.org...
** Les supercredits (ou bonifications) sont un mécanisme qui permet, dans le calcul de la moyenne des émissions de CO2 des voitures, de surpondérer les voitures dont les émissions sont inférieures à 50 g/km. Ainsi, en 2012, une telle voiture compte pour 3,5 voitures (article 5 du règlement (CE) N° 443/2009). Dans le compromis qui doit être adopté prochainement, ce véhicule compterait double en 2020, ce qui permet la vente d’un véhicule très polluant en contrepartie de celle d’un véhicule électrique.

Contacts :
Lorelei Limousin, chargée de mission climat-transports au RAC-F, lorelei@rac-f.org, 0148513768.
Jean Baptiste Poncelet, coordinateur transports-mobilité, France Nature Environnement, jean-baptiste.poncelet@fne.asso.fr, 01 44 08 77 88.