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Les biocarburants de seconde génération permettraient d’envisager l’avenir en rose
date 5 avril 2006
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Les biocarburants de seconde génération permettraient d’envisager l’avenir en rose, selon un rapport provisoire.

Dans l’ébauche finale du rapport de perspective intitulé "Biofuels in the European Union. A Vision for 2030 and Beyond" (Les biocarburants dans l’Union européenne. Perspective pour 2030 et au-delà) qu’il vient de publier, le BIOFRAC (Biofuels Research Advisory Council - Conseil consultatif de recherche sur les biocarburants) incite fortement à investir dans les biocarburants, notamment ceux de seconde génération, qui offrent une performance CO2 maximale.

Le BIOFRAC a été mis sur pied au début de l’année 2005 à l’initiative de la DG Recherche pour réunir différentes pistes de recherche et creuser la question de l’application de la biomasse aux carburants de transport. Les auteurs espèrent que ce rapport de mise en perspective viendra étayer les initiatives du Septième programme-cadre (7e PC).

Le scénario suggéré par le BIOFRAC est que "à l’horizon 2030, l’Union européenne couvre plus du quart de ses besoins en carburant destiné au transport routier par des biocarburants propres à haute performance CO2", les auteurs estimant que cela stimulerait par contrecoup les technologies innovantes et la croissance dans les secteurs de la biomasse, des biocarburants et de la construction automobile. Ils dressent, dans l’hypothèse d’une atteinte de cet objectif, un tableau optimiste comportant plusieurs situations avantageuses pour tous.

Les transports représentent aujourd’hui 30 pour cent de l’énergie totale consommée dans l’UE, dont 98 pour cent sont dépensés en combustibles fossiles. Tous les combustibles fossiles contribuent aux émissions de CO2 et au changement climatique. L’un des avantages de l’utilisation de biocarburants est que le CO2 relâché est neutre pour l’environnement : le CO2 utilisé pour générer la biomasse et celui qui est relâché ne font qu’un. Il n’y a donc pas d’accroissement net de CO2.

Les investissements dans les biocarburants auraient le double avantage de contribuer aux objectifs impartis en matière d’émissions de CO2 et de permettre de sécuriser l’approvisionnement en carburants de l’UE. Un vif essor des biocarburants pourrait avoir d’importantes conséquences sur la physionomie de nos campagnes. Les estimations oscillent entre quatre et 13 pour cent s’agissant du montant de la surface agricole de l’UE qu’il faudrait consacrer à faire pousser des cultures destinées à la production de biocarburants et à remplacer entièrement les combustibles fossiles. Les auteurs estiment que cela pourrait "faciliter l’absorption du secteur agricole dans la Politique agricole commune (PAC)".

Les auteurs estiment que chaque pour cent de carburant fossile remplacé par du biocarburant pourrait se traduire par la création de 45.000 à 75.000 nouveaux emplois. Si les biocarburants contribuent effectivement pour un quart à la couverture des besoins en énergie, cela pourrait représenter 551.250 nouveaux emplois dans toute l’UE, et tous en zone rurale.

Les auteurs du rapport approuvent la tactique de la Commission consistant à favoriser l’émergence d’une plateforme technologique sur les biocarburants, dont le comité consultatif espère qu’elle sera propre à stimuler l’excellence dans tout le secteur.

Dans l’UE, la plupart des biocarburants sont actuellement obtenus à partir de graines de colza, dont la culture est concentrée en Allemagne, en France et en Italie. En Allemagne, le biodiesel bénéficie d’une exemption fiscale de 100 pour cent, avec pour résultat un accroissement spectaculaire de l’utilisation de ce carburant, que l’on peut désormais se procurer dans plus de 1.500 stations réparties sur tout le territoire allemand. L’UE est le chef de file mondial de la fabrication de biodiesel. Le reste de la production mondiale de biocarburant est concentré au Brésil, numéro un mondial du bio-éthanol.

D’autres carburants tels que le biogaz et l’huile végétale pure sont employés dans le cadre de programmes de transports publics, mais contribuent pour l’heure très peu au marché planétaire.

Dans leur analyse, les auteurs du rapport tablent sur un accroissement de 0,6 pour cent des besoins en énergie d’une année sur l’autre avec, à la clé, une envolée du taux de dépendance à l’égard des importations énergétiques, qui passerait de 47,1 pour cent actuellement à 67,5 pour cent en 2030. Le transport routier de marchandises continuera à croître pour représenter 77,4 pour cent du fret, stimulant la proportion de carburant utilisée par les véhicules de transport. Le voyage aérien va poursuivre son expansion, tirant avec lui la demande de carburant destiné à l’aviation.

La technologie des moteurs n’étant pas appelée à connaître de développement notable, le transport va continuer à s’appuyer sur les carburants actuels (essence et diesel). La demande de diesel va toutefois augmenter avec l’accroissement de la flotte de transport, ce qui va engendrer une pénurie à la fois de diesel et de kérosène, mais une surabondance relative de l’essence. Cela pourrait constituer une chance pour le secteur du biodiesel, qui pourrait combler par du biocarburant la "brèche" du diesel lorsqu’elle s’ouvrira. "Les carburants tirés de la biomasse possèdent donc un potentiel élevé de réduction des émissions de gaz à effet de serre et constituent par conséquent des moyens essentiels pour répondre aux objectifs à atteindre en matière d’émissions de CO2 liées au transport routier. Ils peuvent être une source de carburant fiable, apte à réduire graduellement la dépendance vis-à-vis des importations de brut et, à condition d’être développés, constituer une partie des réserves stratégiques."

Les auteurs du rapport soulignent que "l’électricité tirée de la biomasse présente les plus gros avantages en termes de gaz à effet de serre, [que] le chauffage à partir de la biomasse est le moins onéreux, et [que] c’est dans les carburants destinés au transport que le taux d’emploi potentiel est le plus élevé et que les avantages en termes de sécurité d’approvisionnement sont les plus grands". L’essor des biocarburants sur les marchés de l’énergie permettrait donc de gagner sur trois tableaux.

Les auteurs esquissent une approche orientée dans trois directions pour développer les biocarburants. Premièrement, utiliser les excédents actuels de produits alimentaires, tels que le blé, comme culture-source pour fabriquer des biodiesels et autres carburants. Deuxièmement, exploiter les "déchets" ou résidus de l’agriculture, ce qui nécessitera des avancées techniques entre 2010 et 2020, en développant la fabrication de biocarburants de "seconde génération". Enfin, explorer les possibilités de faire pousser des cultures spécifiquement dédiées à la production de biomasse, afin de s’assurer de l’impact sur la biodiversité, est-il souligné dans le rapport. Ces cultures pourraient être des produits GM distincts de la chaîne alimentaire.

Glossaire succinct sur les biocarburants :

- Carburants de première génération - obtenus à partir de technologies et de processus chimiques simples et accessibles tels que la fermentation.

- Bio-éthanol - alcool de haute pureté produit à partir des cultures commerciales telles que la betterave sucrière ou les grains. Les véhicules doivent être dotés de moteurs spécialement modifiés lorsque la proportion d’éthanol dans le mélange éthanol-essence dépasse 25 pour cent.

- Huile végétale pure - semblable en tout point à celle que l’on trouve dans la cuisine, produite à partir de graines ou de colza et pouvant être utilisée sur des moteurs diesels modifiés.

- Biodiesel - des oléagineuses ou des huiles résiduelles de cuisine passent par un processus de transestérification pour aboutir à des biodiesels.

- Biogaz - des bactéries digèrent des déchets de matière organique, et donnent du gaz utilisable sous pression comme carburant.

- Bio-ETBE - le bio-éthanol est transformé par processus chimique en éthyl-tertio-butyl-éther (ETBE), qui a les mêmes propriétés combustibles que l’éthanol mais peut-être ajouté aux carburants conventionnels sans modifications du moteur.

- Biocarburants de seconde génération - carburants obtenus à partir de matériaux riches en cellulose, actuellement difficiles à exploiter.

Pour lire le rapport, consulter le site web suivant :
http://europa.eu.int/comm/research/...

Source : http://icadc.cordis.europa.eu.int, le 22.03.2006