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Accueil > Politiques et mesures > Politiques françaises > Elections présidentielles 2012 > Les affabulations des défenseurs du nucléaire ne connaissent pas de limites…
Les affabulations des défenseurs du nucléaire ne connaissent pas de limites…
date 25 novembre 2011 documents joints 1 document joint
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Communiqué de presse du RAC-France, de Greenpeace, de WECF, du Réseau Sortir du nucléaire et d’Agir pour l’environnement

Montreuil, le 25 novembre 2011 - Nous assistons actuellement à une avalanche de communication pour tenter de sauver l’industrie du nucléaire. Derniers exemples en date : le Président de la République se déplace aujourd’hui à la centrale de Tricastin et Jean-François Copé a annoncé mercredi en grande pompe le lancement d’une vaste campagne « d’information » sur les impacts d’une simple diminution de la part du nucléaire en France.
C’est en effet à coup de millions de tracts et d’affiches que l’UMP entend marteler ses contre-vérités sur l’emploi et le coût qu’impliquerait en France une baisse de la part du nucléaire dans notre production d’électricité. Après l’argument fictif selon lequel le nucléaire serait à même de solutionner la crise climatique [1] , c’est désormais sur les terrains de l’emploi et des coûts de l’électricité que le Gouvernement entend sauver le fleuron de son industrie.
Force est de constater que cette campagne repose sur des arguments mensongers et des approximations rapides.

Miser sur les alternatives : mauvais pour l’emploi et contraire au progrès ?

On peut lire sur la première de ces affiches qu’une diminution de la part du nucléaire entraînerait en France la perte de 400 000 emplois. Or, ce chiffre se réfère à l’ensemble des emplois de la filière nucléaire, tel qu’estimé par une étude de PWC pour Areva. Il ne convient donc pas de l’utiliser dans le cadre d’une simple diminution de la part du nucléaire [2]. Par ailleurs, ce chiffre repose sur des fondements pour le moins farfelus. Il résulte de l’agrégation de 125 000 emplois directs dans l’électronucléaire en 2009 en France, plus 114 000 emplois indirects (« soutenus par les commandes aux fournisseurs ») et 171 000 emplois « induits », définis comme « alimentés par les dépenses des employés directs et indirects ». Cette définition, qui permet de gonfler artificiellement l’estimation totale, ne correspond pas à l’usage habituel du terme « emplois induits » et ne permet pas de comparaison avec d’autres études [3] .

L’UMP s’est par ailleurs bien gardée d’évoquer les emplois détruits ou tout simplement non créés dans les filières renouvelables et de la maîtrise de l’énergie, à cause des nombreuses entraves qu’a mis ce même Gouvernement à leur développement. Ainsi, selon le 10ème bilan sur l’état des énergies renouvelables en Europe [4] , l’Allemagne compte aujourd’hui 333 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables contre 135 000 en France (ce chiffre, on le notera au passage, étant déjà supérieur au nombre d’emplois directs dans la filière du nucléaire)…
Et si nous mettions en œuvre aujourd’hui le scénario négaWatt qui repose sur les économies d’énergie et le développement des renouvelables, nous pourrions aboutir en 2020 à la création nette de 600 000 emplois, en tenant compte des emplois détruits [5] . Développer les filières alternatives n’est donc en aucun cas synonyme de frein au progrès.

Se désintoxiquer du nucléaire : trop cher pour les ménages et l’industrie ?

Sur la seconde de ces affiches, on peut lire qu’une diminution de la part du nucléaire en France représentera une augmentation de 50% de la facture d’électricité…Mais d’après une étude récemment publiée par l’Union française de l’électricité [6] , même sans revenir sur la part du nucléaire en France, le prix de l’électricité augmentera, d’au moins 33% en 2030. Qu’importe pour le Gouvernement, Eric Besson a confirmé mercredi le gel des prix de l’électricité et du gaz jusqu’aux présidentielles….
Par ailleurs, plutôt que de raisonner en fonction du prix de l’électricité, amené dans tous les cas à augmenter, le Gouvernement devrait se concentrer sur l’adoption de politiques et d’instruments fiscaux adéquats pour réduire nos consommations d’énergie et alléger ainsi nos factures. Mais trop occupé à sauver le nucléaire, l’efficacité énergétique semble bien loin de ses préoccupations… [7]

Contacts :

- Morgane Créach, RAC-F : 06 59 25 19 31

- Opale Crivello, Réseau Sortir du Nucléaire : 06 64 66 01 23

date Notes

[1Voir « Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire », novembre 2007 : http://www.rac-f.org/Face-a-lamenace-
climatique-l.html

[2Le RAC-F rappelle qu’il est pour une sortie progressive et complète du nucléaire, voir « 7 mesures clés pour engager la France dans la transition énergétique », novembre 2011 : http://www.rac-f.org/Elections-7-
mesures-cles-pour.html

[3Voir « Sortir du nucléaire : bon ou mauvais pour l’emploi ? », Philippe Quirion, économiste, chargé de recherches au CNRS, CIRED : http://blogs.mediapart.fr/blog/phil...

[5Chiffre pour le scénario 2006, voir http://www.negawatt.org/

[7La France jouerait-elle un double jeu sur l’efficacité énergétique ? : http://www.rac-f.org/La-France-joue...
un-double.html