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Les accords de Marrakech ont été entérinés...mais beaucoup de pain reste sur la planche
date 1er décembre 2005
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Les accords de Marrakech ont été entérinés...mais beaucoup de pain reste sur la planche

La CP-RP (COP/MOP) a adopté hier les accords de Marrakech, qui servent
à
opérationnaliser le protocole de Kyoto. Ce sont donc 21 décisions qui
avaient été transmises par la CP vers la CP-RP qui ont été acceptées
par les
Parties du PK (voir le Guide des négociations de l’IHQEDS pour plus de
détails sur les Accords de Marrakech, mais également sur les
négociations
qui ont actuellement lieu à Montréal).

Après les applaudissements d’un auditoire visiblement soulagé, la
plénière
de la CP-RP est toutefois rapidement « revenue sur terre » avec les
discussions sur les mécanismes pour le respect des dispositions du PK.
La
proposition de l’Arabie saoudite, qui désire qu’un amendement soit
adopté
par la CP-RP afin de donner des dents au PK, peut sembler positive de
prime
abord. Un amendement au PK devrait toutefois être ratifié
individuellement
par les plus de 150 Parties du PK, processus qui promettrait d’être
long et
difficile. De plus, cette avenue aurait comme résultat de possiblement
créer
deux classes de Parties au PK : celles qui ont ratifié l’amendement et
qui
donc pourraient juridiquement être punis s’ils ne respectent pas leurs
engagements, punitions qui se résumeraient principalement à des
réductions
plus importante pour la seconde phase d’engagements (1,3 tonne pour
chaque
tonne dérogatoire). Toutes les autres Parties, mais plus clairement
l’UE, le
Japon, le G-77/Chine et le Canada, ont exprimé hier leur désir de voir
cette
question réglée par une décision de la CP-RP. La Russie, dont le bilan
en ce
qui a trait à la mise en œuvre du protocole de Montréal est peu
reluisant, a
pour sa part souligné que l’adoption des mécanismes sur la conformité
impliquerait un système moins coercitif et qui viserait davantage à
aider
les Parties à réaliser leurs engagements. Un groupe de contact a
finalement
été formé afin de se pencher sur cette question, au grand désarroi de
plusieurs Parties qui désiraient voir ce dossier réglé dès mercredi,
dont l’
Union européenne. Celle-ci a d’ailleurs rappelé dans le cadre du groupe
de
contact qu’une opérationnalisation rapide de cet aspect était cruciale
à la
mise en œuvre du Protocole et de ses mécanismes.

L’autre sujet chaud du jour, les discussions sur l’après 2012, n’a pas
été
abordé en profondeur. Les Parties ont répété leur position sur cette
question, qui pour la première fois était abordé officiellement à
l’agenda
lors d’une CP. Je n’étais pas dans la salle lorsque ce sujet a été
abordé,
mais un groupe de contact présidé conjointement par le Canada et
l’Afrique
du Sud a été formé. Le G-77 et la Chine ont par ailleurs présenté un
projet
de décision afin de promouvoir les discussions sur la question. Les
échanges
de point de vue promettent d’être difficiles puisque les divergences
sont
importantes entre les différents blocs.

- Side-event des États-Unis

Par ailleurs, les Etats-Unis présentaient hier un side-event sur leur
programme de lutte contre les changements climatiques, avec un accent
sur
les actions posées sur la scène nationale. Harlan Watson, le
négociateur en
chef des Etats-Unis, présidait la conférence qui réunissait un
représentant
des principales agences oeuvrant dans ce dossier au sein du
gouvernement
fédéral américain (State, EPA, NOAA-Commmerce, Energy, Agriculture,
Transportation, USAID). L’ambiance était tendue dans une salle remplit
à
craquer, les représentants américains semblant vouloir être n’importe

sauf là. Les applaudissements se faisaient très discrets et rapides
après
les présentations, sauf lorsque certains intervenants ont profité de la
période de questions afin d’interpeller le gouvernement américain pour
que
celui-ci passe réellement à l’action dans le dossier.

Les présentations en elles-mêmes n’apportaient rien de nouveau pour
ceux qui
suivent déjà le dossier. Washington s’oppose à des limites
contraignantes
sur les émissions de GES, que ce soit aux niveaux international ou
national,
et favorise le développement technologique comme principal outil dans
sa
lutte contre les changements climatiques. M. Watson a de nouveau
souligné l’
importance que les Etats-Unis accordent à la séparation des questions
touchant le PK et celles dans le cadre de la CCNUCC, que les Etats-Unis
ont
ratifié. Il a par ailleurs ajouté du bout des lèvres que les Etats-Unis
reconnaissent le principe de responsabilités communes mais
différenciées
dans le cadre de la CCNUCC, mais que cette position pouvait être
différentes
dans d’autres forums.

Questionné afin d’obtenir plus de détails sur le Partenariat
technologique
de l’Asie Pacifique que Washington a initié, M. Watson n’a rien voulu
dévoilé, assurant l’auditoire que le contenu du Partenariat serait
dévoilé
en janvier prochain lors d’une rencontre ministérielle en Australie sur
le
sujet. Rappelons que cette rencontre devait tout d’abord avoir lieu
avant la
Conférence de Montréal, ce que plusieurs observateurs avaient dénoncé
comme
une manière de détourner l’attention du PK et de peut-être
court-circuiter
les négociations sur l’après 2012. La rumeur veut que les quatre
Parties du
PK qui font également partie de ce Partenariat (Chine, Inde, Japon et
Corée
du Sud) ont insisté pour que la rencontre ait lieu après Montréal.

Cet accord, qui n’a pour l’instant aucun financement ou échéancier,
pourrait
tout de même s’avérer un concurrent important à un Kyoto 2. Les pays
émergents insistent qu’ils n’ont pas l’intention de souscrire à des
cibles
contraignantes lors de la prochaine période d’engagements, mais qu’ils
sont
très ouverts à une coopération sur le plan technologique. Deux éléments
doivent toutefois être soulignés. Tout d’abord, les cibles
contraignantes
comme celles incluses dans le PK peuvent jouer un rôle moteur dans le
développement technologique en forçant le secteur privé, qui jouit
d’une
expertise et de ressources beaucoup plus importantes que les
gouvernements,
à véritablement s’attaquer au problème. De simples incitatifs
financiers ont
démontré à plusieurs reprises, dans le dossier climatique et ailleurs,
qu’
ils ne suffisaient pas à réellement mobiliser les forces du marché. Le
PK
est d’ailleurs né de cet échec puisque les Parties de la CCNUCC ont
rapidement réalisé que leurs émissions nationales augmentaient très
rapidement malgré leur engagement volontaire visant à les ramener au
niveau
de 1990 à l’horizon 2000. La dichotomie entre les cibles contraignantes
et
les initiatives technologiques est donc fausse : les deux sont
nécessaires
et les deux sont beaucoup moins efficaces de manière isolée.

En deuxième lieu, l’option technologique pourrait s’avérer relativement
intéressante si les Etats-Unis étaient sincères dans leur désir de s’
attaquer au problème. L’attitude et les positions adoptées par la
Maison-Blanche depuis 2001 démontrent amplement cependant que cette
administration s’oppose à ce que de réels développements aient lieu.

Pourquoi sinon insister sur des développements technologiques à moyen
ou
long terme comme le l’hydrogène et la fusion ? Pourquoi ne pas
augmenter les
standards CAFE (économies d’essence des voitures) et imposer des normes
plus
élevées pour les centrales électriques américaines, où 50% de
l’électricité
est produite avec du charbon ? Cette insistance sur la technologie et
la
science cache très mal les véritables intentions de cette
administration,
qui tentent depuis 2001 de niveler par le bas les normes
environnementales
nationales et a même eu recours à plusieurs reprises à la censure afin
d’
éviter la publication de rapports gouvernementaux soulignant la
validité du
consensus sur la science des changements climatiques. Jumelée à son
aversion
pour les organisations internationales comme l’ONU, la position de la
Maison-Blanche sur les changements climatiques donne comme résultats ce
à
quoi on assiste à Montréal ; peu de rhétorique, encore moins de
substance.

jeudi 1er décembre 2005 par Alexis Beauchamp
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