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Les Etats-Unis et les pays du Sud font ami-ami
date 8 décembre 2004
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Les Etats-Unis et les pays du Sud font ami-ami

Ils privilégient leur développement économique à la lutte contre le réchauffement de la planète.

En ouvrant la dixième conférence sur le changement climatique à la Rural, un centre d’exposition situé dans une des zones les plus verdoyantes de la capitale, le ministre argentin de la Santé et de l’Environnement n’a pas mâché ses mots : « Dans notre pays, les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir : recul des glaciers, augmentation des précipitations et des tornades, inondations de plus en plus fréquentes et recrudescence des maladies tropicales. » Mais les efforts de Gines Gonzales Garcia pour justifier la présence de milliers de délégués de 150 pays ont été très vite balayés par les positions intransigeantes du représentant des Etats-Unis dont le pays est opposé à l’application du protocole de Kyoto et par celle du délégué qatari qui assure la présidence du groupe des 77 (pays émergents et la Chine).

Surréaliste. Dans une des premières interventions de la journée, Harlan Watson, principal négociateur américain, a carrément refroidi les attentes des délégations ­ certaines nourrissaient l’espoir d’un changement d’attitude du premier pollueur mondial après la ratification, le 18 novembre, du protocole de Kyoto par la Russie. « La plupart des pays attendent avec anxiété l’application de ce protocole. Les Etats-Unis ont choisi un chemin différent pour affronter les changements climatiques. Nous pourrions signer un traité mais à deux conditions : qu’il ne cause pas de dégâts majeurs à l’économie américaine et qu’il soit véritablement appliqué par tous les pays du monde ». Presque surréaliste, Harlan Watson a ensuite justifié la position des Etats-Unis en reprenant les arguments des pays émergents : « La priorité des pays en développement, c’est la réduction de la pauvreté à travers la croissance économique, donc la consommation d’énergie et par conséquent l’utilisation de combustibles fossiles. »

Après avoir tenté de s’opposer aux rencontres sur les « Petits Etats insulaires en voie de développement » dont l’existence est menacée par la montée des eaux, les Etats-Unis se sont vu attribuer le prix du « fossile du jour » par les organisations non gouvernementales qui souhaitaient récompenser les efforts déployés par l’administration Bush pour nier les problèmes dus au réchauffement.

Tractations. Comme les pays en développement ne se sont pas montrés plus favorables aux mesures de réduction de la pollution, cette première journée a vite douché l’optimisme des délégués qui pensaient que la ratification russe allait peut-être changer les choses. Au nom du « groupe des 77 » dont il est le président, le qatari Mohamed Jassim al-Maslamani, a réclamé aux pays industrialisés des moyens financiers et un transfert des technologies nécessaires pour s’adapter aux changements climatiques. Tout en réaffirmant l’adhésion des pays en développement et de la Chine aux grands principes du protocole de Kyoto, il a rappelé que « la principale priorité du groupe des 77 est le développement économique et social ainsi que l’élimination de la pauvreté » et qu’il n’accepterait pas d’autres engagements.

Dédaignant les tractations sur l’ouverture au 1er janvier du marché des émissions de gaz carbonique, les pays émergents, emmenés par l’Inde, réclament en priorité l’étude de modèles de développement économique plus solidaires et des mesures concrètes pour venir en aide à des populations affectées par les sécheresses ou les inondations récurrentes dues au changement climatique.

Antoine BIGO