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Le traité de Kyoto s’appliquera sans les États-Unis
date 7 décembre 2004
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Le traité de Kyoto s’appliquera sans les États-Unis

Alors que le Japon subit chaleur et vents records, cent quatre-vingts
pays
se réunissent à Buenos Aires pour discuter du protocole sur le climat

Environ 6 000 représentants de 180 pays, d’ONG et d’instituts de
recherche
se réunissent à partir d’aujourd’hui à Buenos Aires en Argentine,
jusqu’au
17 décembre, pour discuter de la mise en œuvre du protocole de Kyoto
qui
va entrer en vigueur l’an prochain, et du rôle des pays en voie de
développement dans la lutte contre les gaz à effet de serre.

D’aucuns ne donnaient pas cher de sa peau. Or voilà que le protocole de
Kyoto, cloué au pilori par les États-Unis, ressuscite. Le feu vert du
président Vladimir Poutine, suivi par la ratification russe le 18
novembre
dernier, a en effet débloqué le principal instrument juridique
international de lutte contre le changement climatique. Désormais
ratifié
par plus de 55 pays représentant plus de 55% des émissions mondiales
de gaz
à effet de serre, ce traité pourra enfin entrer en vigueur le 16
février
2005.

C’est donc a priori sous les meilleurs auspices que s’ouvre aujourd’hui
à
Buenos Aires la dixième et dernière « conférence des parties » au
protocole
(Cop 10, en jargon onusien) avant son application effective. La
suivante,
dans un an, sera en effet une « Cop-Mop » (conférence de mise en œuvre
du
protocole), première négociation officielle sur les engagements des
différents pays pour l’« après-Kyoto », c’est-à-dire après 2012.

C’est donc la dernière conférence de l’ONU sur ce thème à laquelle les
États-Unis participeront en tant qu’acteur. Car si le premier pollueur
de
la planète n’a pas et n’entend pas ratifier le protocole de Kyoto, il
a en
revanche signé la Convention climat de l’ONU, entrée en vigueur en
1994,
dont Kyoto est le prolongement. C’est comme membre de cette Convention
que
la délégation américaine participe à Buenos Aires. Dès l’année
prochaine,
en revanche, les États-Unis ne seront plus invités aux négociations
sur le
protocole de Kyoto que comme observateur.

Cette semaine, les modalités techniques de plusieurs mécanismes prévues
par
le traité, comme les « puits » de carbone (la plantation de forêts, qui
absorbent le gaz carbonique, peut, par exemple, être comptabilisée
parmi
les efforts d’un pays) devront être finalisées.

Bien que ne figurant pas officiellement à l’ordre du jour, un des
sujets les
plus sensibles de cette conférence sera vraisemblablement déjà
l’« après-2012 ». La réélection du président George W. Bush ne laisse
guère
augurer d’un revirement de Washington. Depuis leur rejet unilatéral de
cet
outil en mars 2001, les États-Unis préfèrent en effet miser sur les
nouvelles technologies et ne veulent pas entendre parler d’accord
multilatéral contraignant, tant qu’aucune obligation ne pèsera sur les
pays
émergents. La mauvaise volonté américaine a pu être mesurée fin
novembre à
Reykjavik, où les huit membres du Conseil de l’Arctique se sont
contentés de
s’engager à réduire les causes du réchauffement qui affecte
particulièrement
cette région polaire, sans toutefois assortir leurs recommandations de
clauses contraignantes dont les Américains ne voulaient pas.

De leur côté, les pays en développement, menés par l’Inde, considèrent
tout
engagement de maîtrise de leurs émissions de gaz à effet de serre comme
une
entrave à leur développement. Ils attendent cependant de cette
conférence
que les pays industrialisés mettent en place à leur profit des flux
financiers et des transferts de technologie.

La position du groupe dit du G 77 est d’ailleurs compliquée par les
prises
de position intempestives des pays de l’Opep - l’Arabie saoudite et le
Koweït en tête - qui réclament des flux financiers et le financement
de
projets de diversification économique, au titre des compensations
prévues
par le protocole.

« Tout le défi de cette conférence, pour l’Union européenne, est de
parvenir
à passer outre cette confrontation Nord-Sud qui dure depuis deux ans,
depuis la conférence de New Delhi, pour poser le débat sur
l’après-2012 sur
des bases saines », estime Raphaëlle Gauthier, porte-parole France du
Climate Action Network (CAN), le principal réseau international
d’organisations non gouvernementales sur le sujet.

Aussi la présidence argentine de la conférence, très sensible à la
question
d’« après-2012, avance-t-elle prudemment. Aucune déclaration politique
n’est
ainsi prévue en fin de conférence pour les quelque 70 ministres de
l’Environnement à se déplacer à Buenos Aires . Mais, comme le confie
Paul
Watkinson, qui mènera la délégation française, il serait « dommage » que
cette question ne soit pas abordée, car « si aucun séminaire n’est
organisé
dès 2005 sur le sujet, rien ne se passera ».

Caroline de Malet
(http://www.lefigaro.fr/internationa...)