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Accueil > Secteurs d’activités > Agriculture > Agriculture, émissions de GES et adaptation > Les rapports importants > Le rapport de la FAO montre la hausse des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture
Le rapport de la FAO montre la hausse des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture
date 12 avril 2014
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Le 11 avril 2014, la FAO (Food and Agriculture organisation) a publié un rapport sur l’évolution des émissions de GES du secteur de l’agriculture dans le monde. Ces estimations montrent que les émissions de l’agriculture, des forêts et de la pêche ont quasiment doublé au cours des 50 dernières années et pourraient continuer à augmenter de 30% d’ici 2050, si des actions pour les réduire ne sont pas rapidement mises en place.

C’est la première fois que la FAO publie ses propres estimations des émissions de GES à l’échelle mondiale issues de l’agriculture, de la foresterie et d’autres utilisations des terres (AFOLU), contribuant au cinquième Rapport d’évaluation du GIEC.

Les émissions de l’agriculture et de l’élevage sont passées de 4,7 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2001 à plus de 5,3 milliards de tonnes en 2011, soit une hausse de 14%, traduisant essentiellement une expansion des productions agricoles totales dans les pays en développement.

Les émissions de l’agriculture, de la foresterie et d’autres utilisations des terres sur la période 2001-2010 sont répartis entre :

- agriculture et élevage : 5 milliards de tonnes éq. CO2/an

- conversion nette de forêts à d’autres utilisations (indicateur de la déforestation) : 4 milliards de tonnes éq. CO2/an

- tourbières dégradées : 1 milliard de tonnes éq. CO2/an

- feux de biomasse : 0,2 milliard de tonnes éq. CO2/an

Dans le même temps, quelque 2 milliards de tonnes éq.CO2/an ont été absorbées par les puits de carbone forestiers.

Les données de la FAO, basées sur les rapports des pays, montrent que si ces émissions continuent à croître, elles augmentent moins que les émissions de combustibles fossiles d’autres secteurs, de sorte que la part du secteur AFOLU (agriculture, forestry and other land use) sur le total des émissions anthropiques est en recul.

Sources d’émissions agricoles :



La première source d’émissions de GES dans l’agriculture est la fermentation entérique, c’est-à-dire le méthane provenant des rots et flatulences issus de la digestion des ruminants. Elle représentait 39% des émissions totales de GES du secteur en 2011, et a augmenté de 11% entre 2001 et 2011.

Les émissions issues de l’application d’engrais synthétiques représentaient 13% des émissions agricoles (725 millions de tonnes éq. CO2) en 2011. C’est la source d’émissions agricoles qui augmente le plus rapidement (environ 37% depuis 2001).

Les émissions de méthane des rizières représentent 10% du total des émissions agricoles, et les feux de savane 5%.

En 2011, 44% des émissions de GES liées à l’agriculture ont eu lieu en Asie, suivie des Amériques (25 %), de l’Afrique (15 %), de l’Europe (12 %) et de l’Océanie (4 %), selon les données de la FAO. Cette répartition régionale est restée relativement stable au cours de la dernière décennie. En 1990 toutefois, la contribution de l’Asie au total mondial était inférieure (38 %), tandis que celle de l’Europe était beaucoup plus importante (21 %).

"Les nouvelles données de la FAO sont la source la plus complète d’informations existant à ce jour sur le rôle de l’agriculture dans le réchauffement de la planète", a souligné Francesco Tubiello de la Division FAO du climat, de l’énergie et des régimes fonciers. "Jusqu’à présent, le manque d’informations rendait le travail des scientifiques et des décideurs très difficile pour la prise de décisions stratégiques face au changement climatique et a entravé les efforts d’atténuation des émissions de l’agriculture".

Vers quelles pistes d’atténuation ?

Si la part de la progression est principalement due à une extension du secteur agricole, en particulier dans les pays du sud, nous ne pouvons leur en imputer la faute. D’une part, les pays du nord ont une forte responsabilité historique face à la quantité de GES présente actuellement dans l’atmosphère. De plus, il est essentiel que les pays du sud puissent se développer et assurer leur souveraineté alimentaire.

En revanche, il est intéressant de regarder de plus près les balances commerciales et les régimes alimentaires des pays du nord. D’après l’étude du RAC-F d’avril 2013, Les émissions importées – Le passager clandestin du commerce mondial, les importations de produits agricoles, sylvicoles et de la pêche et pour les produits alimentaires et le tabac, en équivalent CO2, sont plus importantes que les exportations. Par ailleurs, les produits de l’industrie alimentaire importés pour la consommation finale en France représentent le poids le plus important en terme d’émissions de CO2 en 2007 par rapport aux autres catégories de produits, devant l’automobile et les équipements, et cette part est en forte progression depuis 1990. Le panier alimentaire des habitants des pays occidentaux ont donc été en partie produits dans des pays du sud, et leurs émissions de GES induites ont donc été comptabilisées dans les inventaires de ces derniers.

La responsabilité des pays occidentaux est donc très probablement beaucoup plus importante que nous le laisse entendre le découpage géographique proposé par la FAO... A creuser.

Le rapport de la FAO