logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Réseau Action Climat > Nos activités > Le RAC-F dans la presse... > Articles 2003 - 2004 > Le plan climat ne s’attaque pas aux transports
Le plan climat ne s’attaque pas aux transports
date 12 février 2006
texte+ texte- google twitter facebook

Le plan climat ne s’attaque pas aux transports
"LE MONDE" Hervé Kempf, 21 juillet 2004


C’est peu dire que le plan climat a été enfanté dans la douleur. Déjà repoussé à trois reprises depuis 2003, il devait initialement être présenté par le ministre de l’écologie, Serge Lepeltier, avant le 14 juillet. Le jour du défilé, il manquait pourtant toujours à l’appel. L’avant-veille, le ministre délégué à l’industrie, Patrick Devedjian, indiquait que le plan serait reporté "après les vacances", pour être contredit dans la foulée par M. Lepeltier, qui l’annonçait pour la fin juillet. Finalement, le plan climat - dont l’objectif est de faire respecter par la France les engagements du protocole de Kyoto sur le changement climatique - devrait être présenté en fin de semaine .

Ces retards successifs s’expliquent notamment par le fait que la réduction des émissions de gaz à effet de serre passe par un changement des comportements. Dans sa dernière phase, les discussions du plan climat se sont donc cristallisées autour du "bonus-malus écologique", visant à taxer les véhicules les plus polluants et à récompenser ceux qui émettent le moins de gaz carbonique. Dans le schéma envisagé par le ministère de l’écologie, quelque un million d’automobiles vendues chaque année en France auraient été concernées. Environ 640 000 véhicules, émettant moins de 140 grammes de CO2, devaient bénéficier d’une prime à l’achat, de 250 ou 500 euros. A l’inverse, environ 300 000 voitures, grosses consommatrices de carburants, émettant plus de 180 grammes de CO2, auraient été pénalisées par un malus allant de 400 à 3 600 euros.

Le "bonus-malus" était la principale mesure concernant les transports, sur lesquels le plan climat est par ailleurs très évasif. Or les transports routiers restent la principale cause de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre en France : + 19 % depuis 1990, selon un rapport publié le 15 juillet par l’Agence européenne de l’environnement.

Le plan comporte, par ailleurs, des mesures notables. Il reprend deux mesures votées par le Parlement lors de l’examen du projet de loi sur l’énergie en juin : d’une part, les biocarburants seront encouragés, de façon à représenter 3 % de la consommation d’essence d’ici à 2010 ; d’autre part, sera instauré un crédit d’impôt pour l’acquisition d’équipements de production d’énergie utilisant les énergies renouvelables intégrées aux logements. Il atteindra 40 % du coût des équipements, ce qui rendra leur installation réellement attractive. Les chaudières à bois et les équipements solaires devraient être les principaux bénéficiaires de cette disposition. Le plan prévoit également un renforcement de la réglementation thermique du bâtiment, de façon à atteindre une diminution de 15 % de la consommation d’énergie des logements neufs.

"PROBLÈME PRINCIPAL"

La polémique sur le bonus-malus a-t-elle nui au plan ? Nathalie Kosciusko-Morizet, député (UMP) de l’Essonne, "regrette que le bonus-malus ait occulté le plan environnement santé, qui était important, et risque d’occulter le plan climat". "Peut-être trop d’efforts ont-ils été dépensés sur ce sujet, alors qu’il y avait beaucoup mieux à faire sur le logement, où le coût de la tonne de gaz carbonique évitée est le plus faible", ajoute-t-elle. Mais le bonus-malus est par ailleurs la seule mesure qui concerne véritablement les transports : "Sans cette mesure, dit Olivier Louchard, du Réseau action climat, il n’y a rien sur les transports, alors que c’est le problème principal."

Dans les cabinets ministériels, on plaide le réalisme. "Il s’agit de faire virer un paquebot à l’inertie énorme, dit-on au ministère de l’équipement. On ne peut pas brutaliser une société qui n’est pas encore mûre.". En 2000, le gouvernement Jospin avait déjà présenté un "Programme national de lutte contre le changement climatique". Très ambitieux et comportant de nombreuses mesures fiscales, il a sombré rapidement, tandis que Laurent Fabius supprimait, en septembre 2000, la vignette automobile. Impôt progressif suivant la puissance du moteur, elle ressemblait furieusement au bonus-malus.

• ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 22.07.04

http://www.lemonde.fr/web/recherche...,13-0,36-373231,0.html
http://www.lemonde.fr/web/recherche...,13-0,37-861981,0.html (Ecologie : le bonus-malus sur les voitures est écarté)