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Accueil > Réseau Action Climat > Nos activités > Le RAC-F dans la presse... > Articles 2005-2006 > Le débat sur le futur réacteur nucléaire d’EDF s’ouvre dans la confusion
"LE MONDE" Jean-Michel Bezat
21 octobre 2005
Le débat sur le futur réacteur nucléaire d’EDF s’ouvre dans la confusion
"LE MONDE" Jean-Michel Bezat
21 octobre 2005
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Le débat sur le futur réacteur nucléaire d’EDF s’ouvre dans la confusion
"LE MONDE" Jean-Michel Bezat
21 octobre 2005
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_...,40-0@2-3234,50-702047,0.html

La polémique sur l’EPR, le futur réacteur nucléaire d’EDF, est lancée.
Programmée mercredi 19 octobre à Cherbourg (Manche), la première des 23
réunions prévues en France par la commission du débat public sur l’EPR a été
annulée, deux jours avant, par un simple message sur son site Internet. Et
depuis, cette instance, chargée d’animer le débat sur les impacts
économiques, sociaux et environnementaux du réacteur dit "de troisième
génération", tente de reprendre la main face à un mouvement antinucléaire de
plus en plus virulent.

Les associations regroupées au sein du réseau Sortir du nucléaire
(Greenpeace, Les amis de la Terre, Réseau action climat...) ont décidé de
boycotter un débat qui, selon elles, ne respectent pas les règles de
transparence requises. Elles en ont même demandé l’annulation. Comme le
député (Vert) de Gironde, Noël Mamère, qui dénonce une "mascarade" .

Objet du litige : le refus du gouvernement de verser au cahier collectif
servant de support aux discussions publiques une étude d’EDF ­ estampillée
"confidentiel défense" ­ sur "le dimensionnement des EPR vis-à-vis du risque
lié aux chutes d’avions civils" .

ÉTUDE "CONFIDENTIEL DÉFENSE"

Ce document de dix pages révèle que les réacteurs construits en bord de mer
ne seraient pas totalement à l’abri d’une attaque de type 11-Septembre. "Les
hypothèses relatives à l’impact doivent assurer une couverture "raisonnable"
du risque , précise-t-il, et ne peuvent prétendre envelopper toutes les
éventualités." Les dirigeants d’EDF et d’Areva, concepteur de l’EPR avec
l’allemand Siemens, jugent le risque de catastrophe nucléaire "proche de
zéro" .

François Loos, ministre délégué à l’industrie, a rejeté toute idée
d’annulation du débat, d’ailleurs obligatoire, depuis la loi Barnier de
1995, avant le lancement d’un grand projet d’infrastructure. Réunie
mercredi, la Commission nationale du débat public (CNDP), qui chapeaute la
commission particulière sur l’EPR, a décidé de le "mener à son terme" ,
prévu le 18 février. Après l’annulation des réunions de Cherbourg et de
Paris, le premier débat public devrait se tenir à Lyon, le 3 novembre.
L’annulation de réunions sur la ligne à très haute tension reliant l’EPR au
réseau a aussi contraint l’autre commission ad hoc à revoir son calendrier.

"On ne convainc personne en refusant le débat" , estime Jean-Luc Mathieu,
président de la commission sur l’EPR, qui juge l’apport des associations
antinucléaires "irremplaçable". Lui-même reconnaît avoir dû se battre pour
pouvoir consulter le rapport préliminaire de sûreté d’EDF. Pour "nourrir les
débats", il va devoir trouver d’autres interlocuteurs, capables de tenir
tête à des experts d’EDF rompus aux subtilités de l’énergie nucléaire. Il
pourrait les puiser dans les commissions locales d’information (CLI),
chargées de faire le lien entre les responsables des sites nucléaires et la
population locale. "Drôles d’opposants au nucléaire que ces commissions
dirigées par le préfet ou le président de conseil général !", ironise
Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du nucléaire.

LANCEMENT RAPIDE

Débat ou pas, l’EPR se fera. Le projet est inscrit noir sur blanc dans la
loi d’orientation sur l’énergie votée au Parlement en juin. Le numéro un
italien de l’électricité, ENEL, doit participer à hauteur de 12,5 % au
financement du projet. Dominique de Villepin estime qu’une partie de
l’avenir et de l’indépendance énergétiques du pays repose sur le lancement
du projet, qu’il souhaite très rapide.

Après la tête de série de Flamanville (Manche), normalement mise en service
en 2012, EDF compte "remplacer la majorité des tranches nucléaires actuelles
par l’EPR à un rythme pouvant atteindre de 1 à 1,5 tranche par an au-delà de
2020", précise le document de base publié à la veille de l’introduction en
Bourse du groupe d’électricité. Un des plus gros chantiers industriels des
décennies 2020 et 2030 : sur la base d’une tête de série à 3 milliards
d’euros, puis des EPR de série à 2,2 milliards, le coût de remplacement des
58 réacteurs en service dans les 19 centrales nucléaires d’EDF atteindrait
130 milliards.

Article paru dans l’édition du 22.10.05