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Accueil > Politiques et mesures > Politiques européennes > Paquet climat-énergie européen 2030 > Le couple franco-allemand à l’épreuve de la politique climatique : Lettre des ONG françaises et allemandes à Angela Merkel et à François Hollande
Le couple franco-allemand à l’épreuve de la politique climatique : Lettre des ONG françaises et allemandes à Angela Merkel et à François Hollande
date 18 février 2014
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Le 19 février, les gouvernements français et allemand se retrouvent pour un conseil des ministres conjoint, à Paris. Le climat est à l’agenda. A cette occasion, des représentants de la société civile française et allemande écrivent à leurs chefs d’Etat. Il est capital que la chancelière allemande et le Président de la République s’accordent sur la création d’une Europe du climat et de l’énergie.


Le sommet franco-allemand du 19 février est une étape cruciale sur la route de la conférence de Paris sur le climat : il sera déterminant dans l’adoption d’une position de l’Union européenne en mars, lors d’un sommet des chefs d’Etat européens et en vue de la négociation d’un accord mondial.


L’heure des choix pour le gouvernement français


Le 22 janvier, la Commission européenne a fait une proposition de cadre pour l’action climatique de l’Europe à l’horizon 2030 qui n’est que l’ombre du cadre législatif en vigueur, opérationnel jusqu’en 2020. A ce jour, la France s’est rangée du côté des mauvais élèves, plutôt que des champions de l’ambition. Le gouvernement français est prêt à accepter tous les compromis. Même si cela se fait au prix de l’ambition climatique.

Le gouvernement français est à l’heure des choix. Il peut choisir le rang des moins disants, ou bien celui des champions de la transition énergétique en Europe. Il aurait des alliés pour cela. L’Allemagne en fait partie.

L’Allemagne comme la France, si l’on en croit les objectifs affichés par les deux gouvernements, ont tout intérêt à ce que l’UE se dote d’un cadre politique ambitieux et stable. Ce cadre étayerait leur propre processus de transition énergétique, mais aussi leur offrirait des marchés à l’exportation dans les secteurs d’avenir (énergies renouvelables et efficacité énergétique).


Une coopération rapprochée entre la France et l’Allemagne est dans les cartons depuis plusieurs années déjà. En 2013, Delphine Batho et Peter Altmaier, les deux ministres de l’énergie de l’époque, ont voulu lancer une initiative conjointe. Elle s’est limitée à la constitution de l’Office franco-allemand des énergies renouvelables. Depuis, il semblerait que la montagne ait accouché d’une souris. François Hollande a mentionné en janvier 2014 une "coordination" énergétique entre la France et l’Allemagne. Une idée qui peine à prendre forme, y compris dans la tête de ses conseillers ! Les Allemands, apparemment non consultés en amont, n’ont pas accueilli une telle annonce avec enthousiasme : la constitution d’un "Airbus de l’énergie" souhaitée par le Président français est bien trop déconnectée de leur réalité nationale et des enjeux économiques de la Transition.

La « coopération franco-allemande » dans le domaine énergétique ne peut se limiter à des questions technologiques ou industrielles. Si une seule décision doit être prise au sommet du 19 février, c’est bien sur les fondations d’une alliance politique solide, comportant une vision partagée et des objectifs européens traçant une feuille de route commune. Sans cela, il sera difficile d’éviter que le Conseil européen de mars n’entérine un retour en arrière de la politique climatique européenne. Ce qui entraînerait une spirale très négative pour la négociation internationale, et catastrophique pour le climat.

François Hollande et Angela Merkel peuvent redresser la barre de la négociation européenne en se saisissant de l’opportunité du sommet franco-allemand pour lancer concrètement la communauté européenne de l’énergie et du climat et en traçant une véritable feuille de route pour l’Europe.

Pourquoi la France est-elle si mauvaise élève ?


- Le gouvernement français estime que l’objectif de 40% de baisse d’émissions est "ambitieux et équilibré". Pourtant, une telle cible ne ferait que retarder l’action climatique à plus tard. Le scénario tendanciel (sans aucune politique supplémentaire) est déjà de 32% de réduction d’émissions européennes d’ici 2030. Surtout, l’objectif de 40% suppose une baisse annuelle des émissions européennes de plus de 5% entre 2030 et 2050, pour espérer atteindre l’objectif minimum de l’UE pour le milieu du siècle (-80% en 2050). Et avant 2020, le rythme de baisse ne serait que de 1,3% par an ! La différence est encore plus frappante si l’UE vise le haut de sa fourchette d’objectifs de baisse d’émissions pour 2050 (95%), la seule option compatible avec la sauvegarde du climat.

- Le rôle alarmant de la France ne s’arrête pas là. François Hollande a appelé de ses voeux une "communauté européenne de l’énergie". Mais la France s’est ensuite opposée à un objectif européen ambitieux de développement des énergies renouvelables, qui soit contraignant et décliné en objectifs à atteindre au niveau des Etats membres (comme c’est le cas actuellement). La France et la Commission européenne veulent-elles vraiment nous faire croire qu’un objectif européen reposant sur des "plans d’action nationaux" volontaires sera respecté ? Abandonner une politique de développement des énergies renouvelables qui a fait ses preuves, dans un contexte d’urgence climatique, c’est tout de même le comble !

- La France estime, comme la Commission européenne, qu’adopter un nouvel objectif d’économies d’énergie à l’horizon 2030 "n’est pas à l’ordre du jour" (d’après les propos du Représentant Permanent adjoint de la France auprès de l’Union européenne). Encore fois, cette position est absurde car les économies d’énergie sont un moyen relativement peu coûteux et efficace de réduire les émissions. Elles sont également bénéfiques pour le portefeuille des ménages et pour la sécurité énergétique de l’UE.


Lettre des ONG à François Hollande et Angela Merkel by Reseauactionclimat