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Accueil > Secteurs d’activités > Energie > Nucléaire > Le contenu carbone de l’energie nucléaire
Le contenu carbone de l’energie nucléaire
date 25 mars 2003
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Nuclear Power : the Energy Balance (la balance énergétique de l’enregie nucléaire)

Un rapport interessant, qui montre qu’un reacteur nucleaire aura consomme
autant d’energie qu’il en a produit au bout de 110 ans (construction,
demantelement etc. compris) et que la majeure partie de l’energie est
consommee en fin de vie... autrement dit, quand le reacteur ne produit plus
rien. Donc, il ne s’agit que d’un deplacement du probleme energetique.

Quand le minerai contient moins de 0.05% d’U, les emissions de CO2 de la
centrale sur son cycle de vie depassent celles d’une centrale gaz.

Le nucleaire d’une maniere generale ne coute pas cher (et encore...),
economiquement et ecologiquement, parce qu’il reporte la majorite des couts
sur l’avenir : dette economique (un peu comme les retraites) et dette
ecologique/energetique. L’inverse du developpement soutenable, en fait.

Le tout par deux physiciens qui furent de fervents partisans du nucleaire,
ca ne manque pas de sel.

Nuclear Power : the Energy Balance
Jan-Willem Storm van Leeuwen and Philip Smith

Ce rapport est effectivement intéressant, mais pose problème : si sa démarche est pertinente, ses résultats sont peu convaincants. De plus, la discussion sur nucléaire et effet de serre ne doit pas s’enfermer dans une discussion technique sur la comparaison des émissions de l’électricité nucléaire avec d’autres filières.

L’idée d’une évaluation globale (cycle de vie) des performances énergétiques d’un réacteur nucléaire est pertinente. Mais le rapport accumule sur ce plan des hypothèses pénalisantes, qui tirent de façon très excessive le bilan énergétique vers le bas (vous me direz que cela compense l’accumulation des rapports du lobby nucléaire qui font l’inverse).

Surtout, la difficulté réside dans la traduction en émissions de gaz à effet de serre de ce bilan énergétique. En effet, dans ce domaine, tout dépend... de la nature, donc du "contenu en carbone", de l’énergie consommée par le cycle de vie du nucléaire. En particulier, une partie importante de cette énergie est consommée sous forme d’électricité. Ce qui laisse la porte grande ouverte à l’industrie nucléaire, qui peut arguer que les émissions carbone du nucléaire diminuent très fortement quand on fait plus de nucléaire - CQFD.

Une évaluation plus sérieuse a été réalisée par l’institut indépendant allemand Öko-Institut (modèle GEMIS). Le kWh nucléaire "cycle de vie" représente, dans les conditions allemandes, environ 35 grammes d’émissions de GES (ce serait donc moins en France). La comparaison complète de plusieurs filières calculée par l’Öko-Institut est consultable sur notre site :
http://www.wise-paris.org/francais/...

Mais la question des émissions intrinsèques du nucléaire est en réalité secondaire. La prétention de l’industrie nucléaire à offrir une alternative à l’effet de serre resterait contestable même si son affirmation qu’elle n’émet pas de carbone était vraie.

On peut pour s’en convaincre évaluer la contribution supposée du nucléaire aujourd’hui (avec plus de 430 réacteurs dans le monde) à un "évitement" d’émissions de gaz à effet de serre. Nous avons notamment comparé cette contribution avec la progression des émissions mondiales liées àla consommation d’énergie au cours du XXème siècle :

http://www.wise-paris.org/francais/...

Il ressort de cette comparaison deux choses :

- Le nucléaire, qui représente 2 à 3% de la consommation finale d’énergie dans le monde, n’exerce qu’une influence du même ordre, c’est-à-dire à la marge, sur les émissions de carbone. En d’autres termes, il faudrait, pour réduire les émissions dans des proportions importantes en s’appuyant sur le nucléaire, un parc au moins dix fois plus développé qu’aujourd’hui. C’est-à-dire un parc de plus de 4000 réacteurs dans le monde au lieu de plus de 400 actuellement.
Les problèmes liés au nucléaire - risque d’accident, solutions au problème des déchets, et surtout, dans le contexte international actuel, prolifération - seraient d’une toute autre ampleur. Ce qui ouvre la question, non débattue aujourd’hui, des conditions éventuelles de "soutenabilité" du nucléaire (on en est loin).

- La progression de la production nucléaire est parallèle dans sa forme à la progression de la consommation d’énergies fossiles. Ce qui suggère que le nucléaire n’est pas une alternative, mais une composante du problème. Il suffit d’ailleurs de se souvenir que les Etats-Unis sont à la fois, et de loin, les "champions" mondiaux des émissions de gaz à effet de serre et de la production électronucléaire.
Ainsi, le choix n’est pas entre nucléaire ou effet de serre, mais entre la poursuite du mode de développement de la seconde moitié du siècle dernier (qui signifie nucléaire plus effet de serre) ou un mode de développement soutenable.

Yves Marignac.