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Le climat en attente à Nairobi
date 7 novembre 2006
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Réchauffement. La douzième conférence des Nations unies, qui s’est ouverte hier au Kenya, devrait se cantonner aux questions techniques.

Le climat en attente à Nairobi

Ben sourit d’un air gêné. Il démarre son taxi et s’engouffre dans les embouteillages quotidiens de Nairobi. Une file de deux kilomètres devant lui. Le réchauffement climatique ? Il sait que la fumée qui sort de sa vieille guimbarde, qui serait interdite de circulation dans les « pays du Nord » et rachetée pour une bouchée de pain en Afrique, pollue l’atmosphère. Une conférence sur l’effet de serre ? Ici ? Chez lui à Nairobi ? Non, il n’était pas au courant. Les médias kenyans se montrent plus préoccupés par les démêlés de la fédération de football ou les déchirures politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2007 que par les aléas des températures mondiales.

« Sensibilisation ».
« Pole, pole ! [« doucement, doucement », en swahili] », s’écrit une responsable d’ONG qui participe à la conférence internationale sur le réchauffement climatique qui se tient à une quinzaine de kilomètres du centre-ville, dans le compound (« résidence ») des Nations unies, quartier de Gigiri. « La sensibilisation commence à faire son effet. Auparavant, les gens en Afrique pensaient que les inondations et la sécheresse étaient des punitions de Dieu. Aujourd’hui, ils savent que cela est dû au changement de climat. »
La conférence, qui accueille 6 000 participants, a été ouverte hier par le vice-président kenyan Moody Awori, qui a répété que les « économies subsahariennes sont les plus touchées par l’effet de serre ». Plus de 70 % de la population africaine vit dans les campagnes et dépend d’une agriculture faiblement irriguée dont les niveaux de production résultent entièrement des caprices du ciel.
La température en Afrique a augmenté de 0,7° C en un siècle et pourrait augmenter de 6° C d’ici à 2100, selon les prévisions les plus pessimistes du groupe intergouvernemental sur l’étude du climat créé en 1992. L’année 2005 a été l’année la plus chaude depuis 12 000 ans. « Le changement climatique a le potentiel de saper et même de défaire les améliorations des conditions de vie des Africains », alerte un communiqué du WWF, le fonds mondial pour la nature.
Les cris d’indignation se font donc écho si ce n’est concurrence à Nairobi pour cette douzième conférence sur le changement climatique depuis les accords de Rio signés en 1992 et qui réunit 189 des 192 Etats des Nations unies. En parallèle, se déroule la deuxième rencontre des négociations sur le protocole de Kyoto, effectif depuis février 2005, que ni les Etats-Unis, ni l’Australie n’ont ratifié.

Engagements concrets.
Au-delà des déclarations attendues teintées de mauvaise conscience sur les dangers que l’homme fait courir à lui-même, il s’agit d’aboutir à une série d’engagements concrets qui risquent d’être arrachés au forceps. Notamment, la question du fonds d’adaptation, financé par les pays du nord, qui permet aux pays dits en développement de financer des projets agricoles, d’irrigation, de travaux ou de transports publics en cohérence avec les effets du réchauffement de la planète. Qui va payer quoi ? Qui le contrôlera ? Il s’agit également d’amender la liste des pays soumis aux réductions d’émissions de CO2 pour convaincre deux nouveaux gros pollueurs, la Chine et l’Inde, d’en faire partie. A partir du 1er janvier 2013, l’après-Kyoto reste suspendu à la position des Etats-Unis et donc à l’élection présidentielle de novembre 2008. D’ici là, en l’absence du premier pollueur mondial, seules des questions techniques, sans portée politique à long terme, pourront être débattues.

Par Stéphanie BRAQUEHAIS
QUOTIDIEN : mardi 7 novembre 2006
Nairobi correspondance