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Le changement climatique, possible pourvoyeur de maladies, via les insectes piqueurs
date 11 octobre 2005
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Le changement climatique, possible pourvoyeur de maladies, via les insectes piqueurs

Toutes les calamités ou presque semblent pouvoir être attribuées au réchauffement climatique, qu’il s’agisse d’inondations, d’ouragans, de canicules ou encore de sécheresses. Ce sombre tableau ne serait pas complet sans l’évocation des maladies dont il pourrait encourager le développement. C’est ce dernier aspect que s’attache à décrire un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) rendu public le 11 avril (www.afssa.fr).

Le document identifie six affections dont l’incidence est susceptible d’être modifiée par le changement climatique et "qui peuvent être considérées comme préoccupantes" : quatre d’entre elles peuvent toucher l’homme ­ la fièvre de West-Nile, la fièvre de la vallée du Rift, la leishmaniose et la leptospirose ­ et deux autres s’attaquent exclusivement aux animaux ­ la peste équine et la fièvre catarrhale ovine.

L’Afssa avait été saisie de cette question par la direction générale de l’alimentation du ministère de l’agriculture, en septembre 2003, à l’issue d’un été caniculaire meurtrier. Le souci des autorités tenait aussi à l’avancée dans le pourtour méditerranéen de la fièvre catarrhale ovine qui, après avoir frappé la Corse en 2000, avait nécessité la mise en place d’un réseau de surveillance en France continentale.

Pour François Rodhain (Ecole pasteurienne d’infectiologie), qui a présidé le groupe de travail constitué par l’Afssa, "s’il faut prendre garde à ne pas imputer au changement climatique tout événement jugé quelque peu inhabituel, il convient aussi de ne pas négliger les impacts possibles d’un tel changement. Ce qui signifie que nous devons, autant que faire se peut, évaluer les risques afin de nous y préparer au mieux". En l’occurrence, les chercheurs ont limité leur analyse à la France métropolitaine et à l’impact sur les animaux domestiques et l’homme.

La fièvre catarrhale ovine, rappellent-ils, peut tuer 2 % à 30 % des animaux infectés par le virus, propagé par un petit diptère suceur de sang appartenant à la famille des Ceratopogonidae, genre Culicoides. Ce vecteur a progressé ces dernières années sur le pourtour méditerranéen. On estime qu’une augmentation de 1 °C de la température moyenne permettrait d’accroître l’aire de distribution de l’espèce C. imicola de 90 km en latitude et de 150 mètres en altitude. Le risque est donc "élevé" que cette maladie animale progresse en France en cas de réchauffement.

Le risque d’introduction, via des animaux infectés, de la peste équine, qui se transmet selon un schéma assez proche, est jugé faible. Mais, si tel était le cas, le réchauffement favoriserait son installation. L’impact sur l’animal pourrait alors être élevé : le taux de mortalité atteint en effet 90 % en cas d’infection.

L’extension de la zone de répartition de la fièvre de la vallée du Rift, due à un virus transmis par diverses espèces de moustiques, représente un risque "modéré" pour la santé humaine, jugent les spécialistes réunis par l’Afssa. En Egypte, en 1977, elle avait fait 598 morts sur 18 000 malades, pour un total estimé à 200 000 infections.

SYSTÈMES D’ALERTE

Le virus de la fièvre du Nil occidental (West Nile), lui aussi transmis par des moustiques, après un transit par des oiseaux "réservoirs", n’avait plus été signalé en France depuis 1965 avant sa réapparition en 2000 en Camargue. Il avait alors tué 21 chevaux. En 2003, deux chevaux ont succombé dans le Var, où sept humains ont été infectés. Si à l’avenir le risque d’épizootie et d’épidémie semble élevé, leurs conséquences sont jugées "faibles à modérées" tant pour l’homme que pour l’animal.

"Rare il y a vingt ans, la leishmaniose est devenue une préoccupation constante des vétérinaires du sud de la France", lit-on dans le rapport de l’Afssa. Transmise par des diptères, l’affection touche en priorité les canidés. Les conséquences pour l’homme sont jugées "négligeables à faibles".

La leptospirose, causée par une bactérie transmise par l’urine des animaux vecteurs (rongeurs), a de fortes chances de voir son incidence augmenter avec le réchauffement. L’absence de jours de gel pourrait permettre la survie de la bactérie rejetée dans les cours d’eau et favoriser sa diffusion. Cela pourrait avoir un impact sur les loisirs nautiques : en 2003, on a enregistré 37 hospitalisations et deux décès.

Le groupe de travail de l’Afssa énonce un certain nombre de recommandations : renforcement de leur surveillance sur le territoire, mise en place de systèmes d’alerte, définition de plans d’urgence, développement de la recherche sur ces maladies, encouragement des collaborations européennes, information des professionnels de santé et du grand public.

Au cas où ces maladies apparaîtraient, celui-ci est d’ores et déjà invité à parer aux risques de contamination en se protégeant par exemple contre les piqûres de moustiques, en surveillant les animaux de compagnie lors des voyages et en se gardant de se baigner dans certains cours d’eau susceptibles d’être contaminés par la leptospirose.

"Constatant la difficulté des prévisions à moyen terme", le groupe d’experts de l’Afssa recommande en outre de réactualiser périodiquement ce premier rapport.

LE MONDE | 16.04.05 - Hervé Morin