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Laborieux compromis euro-américain sur l’avenir du protocole de Kyoto
date 10 janvier 2005
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Laborieux compromis euro-américain sur l’avenir du protocole de Kyoto

Fin samedi de la conférence de Buenos Aires sur le changement climatique.
Prochain rendez-vous en mai 2005

La conférence sur le changement climatique s’est achevée samedi après deux
semaines de débats. Elle a convenu de tenir en mai prochain à Bonn une
réunion sur les suites à donner aux engagements de réduction des émissions
de gaz à effet de serre à l’expiration du protocole de Kyoto en 2012.

« Quand votre salle de bains est inondée, vous contentez-vous d’éponger par
terre ? Personnellement, je commence par fermer le robinet. » Cette image,
choisie par le ministre hongrois de l’Environnement, Miklos Persanyi,
illustre bien le dilemme auquel ont été confrontés les 180 délégués à la
conférence de l’ONU sur le protocole de Kyoto, pour choisir les moyens de
lutte à privilégier contre le changement climatique. En clair, il ne suffit
pas de mettre en place des mesures d’adaptation au réchauffement, comme le
réclament haut et fort les pays en développement. Il faut prendre le
problème à la source en réduisant les émissions de gaz à effet de serre,
conformément aux voeux de l’Union européenne. C’est un compromis entre ces
deux visions de la lutte contre le changement climatique auquel les parties
prenantes au protocole de Kyoto sont parvenues samedi à Buenos Aires, après
deux nuits de négociation marathon.

Non sans mal. « Les États-Unis ont utilisé tous les moyens à leur disposition
pour prendre en otage le protocole de Kyoto », a accusé Jennifer Morgan, de
l’Organisation mondiale de protection de la nature (WWF). Il faut dire que
la politique de sabotage systématique américaine a porté ses fruits. Le
président argentin de cette conférence, Raùl Estrada, a dû réunir un groupe
de travail autour de vingt pays clés que les Européens et les Américains
parviennent à un accord sur le principal point litigieux, la question des
engagements futurs des partis après 2012. Mais c’est l’Inde qui a failli à
son tour faire capoter l’accord en séance plénière. Sans parler des
déclarations intempestives des pays de l’Opep, qui n’ont cessé de réclamer
des compensations à la mise en œuvre du protocole de Kyoto, qui menace leur
économie. Ces derniers ont d’ailleurs obtenu un groupe de travail pour
réfléchir à la question.

Il a donc été décidé que les partis au protocole de Kyoto se réuniraient en
mai prochain à Bonn pour faire avancer la discussion sur le sujet hautement
sensible de l’« après-2012 », en évitant d’aborder d’éventuels engagements à
venir des pays en développement. Si l’Europe a obtenu un accord, même
byzantin, sur ce point, les pays en développement ont, eux, obtenu en
partie gain de cause sur ce qui leur tenait le plus à cœur : l’adaptation
des pays en développement aux effets du changement climatique. Un « plan de
Buenos Aires » pour l’action va être lancé en vue de déterminer les actions
prioritaires dans les pays émergents. Un groupe de pays industrialisés, qui
avait promis 370 millions de dollars par an à la conférence de Marrakech,
va commencer à débloquer des fonds à partir de 2005. Un groupe de travail va
par ailleurs être constitué pour porter une attention particulière aux
petits États insulaires, menacés d’être engloutis par la montée du niveau
des océans.

Enfin les pays émergents peuvent se féliciter du fait que les projets de
coopération Nord-Sud prévus par le protocole de Kyoto (CDM dans le jargon
onusien) vont pouvoir se multiplier, comme l’a souligné le secrétaire
exécutif de l’organisation des Nations unies pour le changement climatique
(UNFCCC), Joke Waller Hunter. Le bureau exécutif chargé de les
sélectionner, actuellement déficitaire de 4,2 millions de dollars, va en
effet être renfloué.

Quelques points techniques ont également fait l’objet d’avancées au cours de
cette conférence : c’est le cas de la définition des puits de carbone
(puits de séquestration du CO2 comme les forêts) ou de la décision de
réfléchir à une méthode de comptabilisation des émissions des trafics aérien
et maritime, actuellement non prises en compte dans les calculs de rejet de
gaz à effet de serre.

L’Europe fera-t-elle preuve d’un tel unanimisme lors du Conseil européen de
l’environnement qui se réunit aujourd’hui ? L’Union doit en tout cas
réaffirmer son attachement à l’idée d’adopter des objectifs d’engagements
chiffrés, même s’il est pour l’instant prématuré de chercher à en imposer.
« La France souhaiterait que la communauté internationale décide de limiter
la hausse des températures à deux degrés d’ici à 2050 », a rappelé à Buenos
Aires le ministre français de l’Écologie et du Développement durable, Serge
Lepeltier. Le WWF réclame même que cette hausse soit limitée à 1,5 degré
Celsius.

La prochaine conférence des partis au protocole de Kyoto aura lieu en
novembre 2005. Ce sera la première dédiée à la mise en œuvre du traité
après son entrée en vigueur le 16 février 2005. La réunion de Bonn en mai
prochain sur l’« après-2012 » suffira-t-elle à préparer le terrain pour ouvrir
la voie à une réelle négociation sur le sujet ? L’absence à la table des
négociations des États-Unis qui n’ont pas ratifié Kyoto, la place sous des
meilleurs auspices que Buenos Aires. Mais le chemin de 2012 est encore long.

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