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Accueil > Réseau Action Climat > Nos activités > Le RAC-F dans la presse... > Articles 2005-2006 > La voiture propre n’en finit pas de sortir des cartons
Selon le palmarès des rejets de CO2, le créneau n’inspire ni les constructeurs ni les clients
"Liberation" Laure NOUALHAT
07 avril 2005
La voiture propre n’en finit pas de sortir des cartons
Selon le palmarès des rejets de CO2, le créneau n’inspire ni les constructeurs ni les clients
"Liberation" Laure NOUALHAT
07 avril 2005
date 3 novembre 2005
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La voiture propre n’en finit pas de sortir des cartons
Selon le palmarès des rejets de CO2, le créneau n’inspire ni les constructeurs ni les clients
"Liberation" Laure NOUALHAT
07 avril 2005
http://www.liberation.fr/page.php?A...

Rien ne sert de construire des voitures peu polluantes si personne ne les
achète. Voilà le constat un peu gêné qu’a fait l’Agence de l’environnement et
de la maîtrise de l’énergie (Ademe) hier en présentant son 4e palmarès des
émissions de CO2 des voitures vendues en France.

Hybride. Cela dit, les voitures « propres » ne courent pas les rues : parmi plus
de 3 000 modèles testés, seuls 144 émettent moins de 120 grammes de CO2 par
kilomètre parcouru (1). Ils représentent 14 % des ventes en 2004. Parmi eux
figurent quelques best-sellers comme les Clio et Mégane de Renault, la 206 de
Peugeot et la Yaris de Toyota. Le constructeur japonais reçoit d’ailleurs la
palme du modèle le moins polluant dans la catégorie essence, avec la Prius,
modèle hybride (essence-électrique) qui rejette 104 g/km de CO2. Un succès à
relativiser avec le nombre de ventes du spécimen : 660 en 2004. Une autre
hybride figure au 5e rang (Honda Civic IMA avec 116 g/km). Les deux modèles ­
des familiales plutôt lourdes et massives ­ se hissent sans rougir parmi des
petites citadines comme la Twingo (120 g/km) ou la Smart Roadster (122 g/km).
Dans la catégorie diesel, la Smart ForTwo est sacrée véhicule le moins polluant
avec 90 g/km.

On ne peut que saluer ces performances même si ces modèles figurent loin dans le
palmarès des ventes en France. Toutefois, l’Ademe s’inquiète : depuis 2001, les
constructeurs peinent à améliorer les performances de leurs modèles. En trois
ans, on n’a gagné que 2 grammes de CO2 par kilomètre : de 156 g/km, on est
passé à 154 g/km en moyenne pour les véhicules circulant en France. Compte tenu
de cette tendance, on atteindra difficilement les objectifs de l’accord
volontaire de réduction des émissions conclu entre les constructeurs européens
et Bruxelles. En 2008, chacun de leur modèle devra émettre maximum 140 g/km, et
120 g/km en 2012.

« Nous craignons que la parole des constructeurs automobiles n’engage que celles
et ceux qui y croient », signale le Réseau Action Climat (RAC), qui réclame des
normes contraignantes.

Laxisme. Mais, surtout, les associations dénoncent le laxisme du gouvernement,
« qui adopte un laisser-faire à mille lieues des discours emphatiques tenus sur
le dérèglement climatique ». L’an dernier, le gouvernement a renoncé à mettre en
place le système de bonus-malus qui pénalisait les propriétaires de véhicules
polluants. Il a aussi retiré du plan climat les mesures sur le bridage et la
limitation de vitesse sur autoroute. Dommage car ces mesures toutes simples
permettent de gagner des tonnes de CO2 facilement. « Sur les 32 millions de
véhicules en France, on peut gagner 4 millions de tonnes de CO2 en limitant la
vitesse sur autoroute à 120 km/h et sur route à 80 km/h », selon Patrick
Coroller, du département transports de l’Ademe. Sans compter que le bon
gonflage des pneus, l’optimisation de la clim (qui boulotte 30 % de carburant
en plus en ville) et la conduite zen réduisent aussi les émissions.

Effet de mode. L’absence de contraintes permet ainsi aux constructeurs de
proposer des véhicules extrêmement polluants, comme les 4 x 4, dont les ventes
ne cessent de croître. Même si certains ne polluent pas plus que des berlines,
« ce véhicule pour les champs, et pas pour les Champs-Elysées, subit toujours un
effet de mode », déplore l’Ademe. Le 4 x 4 pèse 9 % du marché en France, contre 1
% il y a dix ans. Il consomme en moyenne 32 % de carburant et rejette 80 g/km de
CO2 de plus qu’un véhicule moyen. D’ailleurs, parmi les diesel les plus
polluants, on trouve, au milieu d’utilitaires, sept tout-terrain. C’est au pire
d’entre eux, le Volkswagen Touareg V10 TDI, que le RAC et Agir pour
l’environnement décerneront leur second prix Tuvalu du dérèglement climatique,
d’après le nom des îles du Pacifique vouées à disparaître sous les océans
réchauffés. Il est vrai que la bête crache 346 g/km de CO2 (18 l/100 km de
carburant), même s’il ne s’en est vendu que 150 en 2004.

Dans le palmarès, les diesel s’en sortent mieux que les moteurs à essence.
Logique puisque la procédure retenue par l’Ademe prend uniquement en compte le
CO2 et omet les oxydes d’azote. Pour les modèles essence comme les diesel les
chiffres sont minimisés car la procédure ne tient pas compte de la
climatisation sur la consommation de carburant (donc sur les émissions).

Le palmarès est l’occasion de rappeler que les Français se fichent un peu de
l’environnement quand ils achètent leur voiture : 53 % privilégient le confort,
51 % le look, et 8 % seulement avouent choisir l’objet de leurs rêves selon des
critères environnementaux. Il reste beaucoup de chemin à parcourir.

(1) Pour maintenir la teneur atmosphérique en CO2
à son niveau actuel, les experts calculent qu’un humain ne doit pas émettre plus
de 500 kg de CO2 par an, soit environ 4 000 km parcourus avec une voiture
émettant 120 g/km.