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La place contestée des 4 × 4 dans la ville
date 8 février 2006
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La place contestée des 4×4 dans la ville
"LE MONDE" Jean-Michel Normand, 12 juin 2004


La Mairie de Paris souhaite limiter la circulation de ces véhicules polluants. Les 4 × 4 ne sont pas les bienvenus dans la capitale. A la majorité, la Mairie de Paris vient d’adopter un vœu (Le Monde du 10 juin) visant à restreindre "à terme" leur circulation et à les bannir purement et simplement "en cas de pic de pollution, dès le niveau 1". Les menaces sont précises : exclusion du bénéfice du tarif résidentiel de stationnement, interdiction de fréquenter certaines zones protégées, tels les bois de Vincennes et de Boulogne ou les quais de Seine, obligation d’arborer une "vignette noire".

La municipalité leur reproche d’"émettre en moyenne près de quatre fois plus de CO2 que les voitures les moins polluantes", reprenant l’argumentaire des trois associations écologistes qui, le mois dernier, ont symboliquement décerné le prix Tuvalu du véhicule le plus polluant au Mercedes Classe G500. Citant les données de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), Agir pour l’environnement, Réseau action climat France et France nature environnement relèvent que ce gros tout-terrain rejette dans l’atmosphère 400 g de CO2 au kilomètre, contre 155 g pour la moyenne des modèles commercialisés en France.

La question est donc publiquement posée : les 4 × 4 polluent-ils davantage que les autres voitures particulières ? On remarquera tout d’abord que le désormais fameux Mercedes G500 ne détient pas le record absolu des émissions de dioxyde de carbone, considéré comme le principal activateur de l’effet de serre. Selon le relevé de l’Ademe, les Ferrari 360 Modena et 550 Maranello atteignent respectivement 440 et 558 g, alors que la Bentley Arnage culmine à 456 g.

Si l’on considère l’ensemble de la gamme Mercedes, il apparaît que le luxueux 4 × 4 ML, diffusé à plusieurs milliers d’exemplaires chaque année, avoue, dans sa version la plus puissante, 335 g de CO2 aux 100 km, un cran en dessous de la grosse berline S600 (355 g). Chez BMW, le 4 × 4 X5 (335 g) est devancé par la berline M5 (346 g) et le roadster Z8 (358 g).

Pour autant, il ne fait pas de doute que les 4 × 4 sont, en moyenne, plus polluants que les modèles courants. L’écart de consommation de carburant avec une berline de catégorie comparable est généralement évalué à 4 l aux 100 km. Cependant, la comparaison n’est guère plus favorable aux gros monospaces qui, eux aussi plus lourds et plus volumineux que les modèles standard, consomment davantage. Pourtant, il ne viendrait à personne l’idée de les exclure de la circulation urbaine.

Pour leur défense, les constructeurs de 4 × 4 soulignent que la quasi-totalité de leurs modèles est dotée de moteurs diesel, qui émettent à puissance égale environ 20 % de CO2 de moins qu’une mécanique essence. C’est exact, mais cela n’empêche pas de considérer que le rapport entre énergie consommée et service rendu de ces véhicules est bien loin d’être optimal.

Les marques concernées font également valoir que l’essentiel du marché du 4 × 4, qui représente désormais 5 % du marché automobile français (soit 100 000 immatriculations de tout-terrain chaque année), est composé de modèles de gabarit moyen. Pas vraiment encombrants, le Toyota Rav4 et le Nissan X-Trail, les deux 4 × 4 les plus vendus en France, affichent dans leur version diesel (de loin la plus diffusée) 190 g de CO2 au km. Un résultat certes plus élevé que la moyenne mais comparable aux émissions d’une Peugeot 307 dotée d’un moteur essence de deux litres de cylindrée.

Au fond, on peut se demander si le principal seuil d’intolérance au 4 × 4 ne tient pas à des conflits territoriaux plutôt qu’à des considérations environnementales. Le problème, semble-t-il, vient surtout des tout-terrain pachydermiques qui bloquent la chaussée lorsque le feu passe au vert, occupent une place et demie de parking et compressent les pauvres pare-chocs des petites voitures. Le ressentiment des anti-4 × 4, qu’ils soient militants ou simples sympathisants, se nourrit aussi de la symbolique dominatrice qu’exhalent ces énormes voitures un peu trop sûres d’elles qui vous toisent dans la circulation urbaine. Mais cela ne se mesure pas en grammes par kilomètre.

• ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 13.06.04

http://www.lemonde.fr/web/recherche...,13-0,36-368623,0.html