logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Les Conférences Annuelles des Parties (COP/MOP) > COP19 - Varsovie 2013 > La note de position des associations françaises participant à la COP19
La note de position des associations françaises participant à la COP19
date 5 novembre 2013
texte+ texte- google twitter facebook

Le sommet de Varsovie doit préparer Paris Climat 2015

Nous avons presque atteint les limites de la planète. Le seuil de basculement irréversible des écosystèmes se rapproche dangereusement. Il y a quelques mois, le 5ème rapport du Giec révélait que le réchauffement climatique pourrait atteindre près de 5,5°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Le rapport nous dit aussi qu’il est encore possible d’éviter une hausse des températures supérieure à 2°C, à condition d’accélérer les efforts. Mais les engagements des pays sur la table aujourd’hui sont toujours insuffisants et entraîneraient un réchauffement proche de 4°C . Tous les continents subissent déjà les impacts dévastateurs des changements climatiques – tempêtes d’une violence inédite, inondations, sécheresses et autres évènements extrêmes de plus en plus nombreux. Les impacts du changement climatique ont un coût considérable pour nos sociétés, alors même que les économies occidentales peinent à sortir de la crise et les pays en développement de la pauvreté.

De l’urgence de signer un pacte mondial contre le changement climatique à Paris en 2015

Fin 2011, l’accord de Durban rassemblait l’ensemble des pays derrière un même objectif : la négociation d’un accord mondial et applicable à tous, à signer en 2015, et qui entrerait en vigueur avant 2020. Mais depuis, les gouvernements ont continué à faire la sourde oreille. Nos émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter, nous éloignant de plus en plus de la possibilité de limiter le réchauffement du climat à moins de 2°C. Il ne reste que deux ans aux gouvernements du monde entier pour redresser la barre et sceller un pacte mondial sur le climat en 2015 nous plaçant sur une trajectoire permettant de rester sous ce seuil de 2°C. Par ailleurs, tous les rapports publiés en 2012 et 2013 rappellent l’urgence de faire des coupes rapides dans nos émissions de gaz à effet de serre pour que les émissions mondiales cessent enfin d’augmenter, et ce, sans attendre la signature ou l’entrée en vigueur de ce nouvel accord mondial. Le sommet à Varsovie doit donc accélérer l’action.

Le double défi de Varsovie : éviter un réchauffement supérieur à 2°C et sécuriser des financements publics

La COP19 doit impérativement lancer la négociation d’un accord mondial équitable, ambitieux et juridiquement contraignant, et poser les fondations du nouveau régime climatique. Pour les ONG, la COP19 doit avant tout permettre de renforcer les efforts de réduction d’émissions à court terme (avant 2020) et de mobiliser les financements publics qui manquent encore à l’appel, malgré l’urgence. C’est essentiel pour avancer rapidement dans la lutte contre le changement climatique et créer une relation de confiance et une dynamique positive entre les pays. Les négociations sur la période précédant 2020 sont en effet d’autant plus cruciales qu’elles poseront les fondations du régime climatique post-2020 : comment un accord peut-il être possible en 2015 si les pays sont incapables de réduire leurs émissions et de mobiliser des financements d’ici là ? Tout ce qui ne sera pas acté à Varsovie retardera l’adoption d’un accord mondial, et affaiblira son contenu. Si la future présidence française veut mettre toutes les chances de son côté pour 2015, elle doit se battre pour obtenir à Varsovie des progrès sur tous les fronts, notamment : la révision à la hausse, par les pays développés, des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant 2020, les financements pour l’adaptation et l’atténuation dans les pays les plus vulnérables, et la préparation du calendrier et des formats d’engagement des pays pour l’après-2020.

La France doit confirmer une volonté politique forte

La responsabilité de la France, en tant que présidente de la COP21, Etat membre de l’Union européenne, pays développé et pays bailleur, commence maintenant. Une présidence de conférence climatique est réussie lorsque le gouvernement concerné propose et adopte des politiques de lutte contre le changement climatique exemplaires et ambitieuses. Dans ce contexte, nous appelons la France à :
** Prendre au plus vite les mesures nationales nécessaires pour entamer sa transition énergétique et réformer sa politique budgétaire et fiscale.

** Endosser un rôle moteur dans les négociations sur le futur paquet énergie-climat de l’Europe pour 2030, en soutenant des objectifs contraignants de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique ainsi qu’un objectif de réduction de GES d’au moins 55% pour 2030.

La France doit aussi prendre ses responsabilités vis-à-vis des pays les plus pauvres et les plus vulnérables :

** En mobilisant des financements publics additionnels aux engagements existants pour les pays les plus pauvres via le Fonds Vert et le Fonds pour l’Adaptation.

** En assumant un leadership sur l’instauration de mécanismes innovants au profit de la lutte contre le changement climatique. Notamment, la France, dès maintenant, doit élargir l’assiette de la Taxe sur les Transactions Financières française et flécher une partie des revenus supplémentaires dégagés au Fonds Vert pour le Climat. Enfin, la France doit réunir toutes les conditions d’un accord sur la taxation équitable des transports maritimes d’ici à 2015.

** En appuyant la réforme des subventions directes ou indirectes, bilatérales et multilatérales, consacrée aux énergies fossiles vers des politiques de subventions de l’accès aux énergies renouvelables pour tous.

** En s’assurant que les politiques françaises et européennes engagées au titre de la lutte contre le changement climatique, ainsi que les investissements et projets soutenus dans les pays du Sud, soient cohérents avec les objectifs de développement et de respect des droits humains (cf. les risques associés aux projets développés dans le cadre du mécanisme de développement propre ou du mécanisme REDD+, aux politiques de soutien aux agro-carburants industriels, etc).



Il est grand temps que les gouvernements prennent au sérieux l’urgence climatique. Il est encore possible de limiter la hausse de la température du globe à 2°C, à condition que toutes les nations – et notamment la France - l’exigent et s’engagent à la COP19 à Varsovie.


Télécharger la note de position complète :

PDF - 1.7 Mo