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Accueil > Changements climatiques > Réponses aux sceptiques > Réponses détaillées aux erreurs fréquentes sur le climat > La longueur du cycle solaire long prouve que le soleil est responsable
La longueur du cycle solaire long prouve que le soleil est responsable
date 21 mai 2010
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Quelle relation entre la durée des cycles solaires et la contribution du soleil au changement climatique ?

L’argument des sceptiques...

En 1991, Eigil Friis-Christensen et Knud Lassen ont publié un article scientifique selon lequel il y aurait un « accord frappant » entre la durée des cycles solaires (c’est-à-dire la durée des cycles du nombre de taches solaires) et les températures continentales de l’hémisphère nord sur la période 1860-1990 (Friis-Christensen, 1991).

Ce que dit la science...

L’affirmation selon laquelle la durée des cycles solaires prouve que le soleil pilote le réchauffement climatique s’appuie sur un seul article publié en 1991. Des travaux plus récents, dont une étude co-publiée par l’un des auteurs de l’article de 1991, concluent qu’il n’en est rien. La durée des cycles solaires, qui est un indicateur de l’activité solaire, a en réalité très peu contribué au réchauffement planétaire depuis 1975.

La durée des cycles solaires est un indicateur utile pour évaluer les changements d’activité solaire sur le long terme. Lorsque le soleil est anormalement chaud, on observe des cycles solaires plus courts. A l’inverse, si le soleil est moins chaud, les cycles solaires sont plus longs. L’étude de Friis-Christensen publiée en 1991 s’est appuyée sur des données de durées de cycles solaires lissées, qui ont été comparées à la température moyenne terrestre de l’hémisphère nord. Les auteurs ont alors suggéré qu’il existait une corrélation entre ces deux variables, ce qui les a amenés à conclure à l’influence directe de l’activité solaire sur le climat sur la période 1860-1990. On peut noter en particulier l’étroite corrélation après 1980, c’est à dire au début de la tendance récente au réchauffement de la planète.


Figure 1 : Changements de la durée des cycles solaires (croix bleues) et de la température de l’ hémisphère nord (étoiles rouges).

Cependant, les données de durée de cycles solaires présentées en Figure 1 sont hétérogènes. Les 20 premiers points du graphique sont lissés en utilisant une moyenne glissante 1-2-2-2-1, alors que les 4 derniers points (repérés de 1 à 4 dans la figure ci-dessous) ne sont pas filtrés de la même manière. Les points 1 et 2 ne sont que partiellement filtrés. Les points 3 et 4 ne sont pas filtrés du tout. En pratique, cela revient à utiliser deux jeux de données distincts. Lorsque les derniers points sont correctement filtrés, à partir de données solaires plus récentes, l’allongement de la durée des cycles solaires à partir de 1980 disparaît (Laut, 2003).

Figure 2 : A gauche : Durée des cycles solaires provenant de l’étude de Friis-Christensen (1991). Les deux derniers points, 3 et 4 ont été calculés de manière erronée par les auteurs. A droite : durée des cycles solaires après correction, à partir de données de cycles solaires plus récentes (Thejll 2000).

En 1999, l’un des co-auteurs de l’article de 1991 a remis à jour son analyse en utilisant des données plus récentes (Lassen 1999). La conclusion de cette étude est que la durée des cycles solaires ne montre pas de tendance au cours des dernières décennies, pourtant caractérisées par un réchauffement du climat. Pour reprendre leurs mots : "depuis 1990 environ, le forçage solaire, décrit par l’indicateur qu’est la durée des cycles solaires, ne domine plus le changement de la température atmosphérique sur continents dans l’hémisphère nord ».

Figure 3 : La figure du haut compare la température aux cycles solaires. Celle du bas représente la différence entre la température et la durée des cycles solaires, montrant une forte divergence entre ces deux quantités à partir du milieu des années 1970 (Lassen 1999).

D’autres études confirment les conclusions de Lassen :


- Kelly 1992 modélise les effets combinés des gaz à effet de serre et de la durée des cycles solaires, et comparent les résultats obtenus avec des températures observées. Cette étude conclut que "même en optimisant la prise en compte du forçage solaire, l’essentiel du réchauffement récent s’explique par le forçage des gaz à effet de serre”.
- Laut 1998 analyse la période 1579-1987 et conclut que "l’hypothèse solaire, loin de contredire la thèse d’un réchauffement significatif lié aux activités humaines, la renforce”.
- Damon 1999 utilise un jeu de données préindustriel et estime que la corrélation entre la durée des cycles solaires et la température permet d’expliquer 25% du réchauffement planétaire jusqu’en 1980 et 15% jusqu’en 1997.
- Benestad 2005 conclut : "Des conjectures associant la durée du cycle solaire et le climat terrestre ont été émises. Cependant, l’analyse de la durée des cycles solaires montre que celle-ci n’est pas en accord avec les variations de la température moyenne de la planète. Une comparaison plus poussée avec le nombre mensuel de taches solaires, les rayons cosmiques et le flux solaire radio à 10,7cm depuis 1950 montre que l’activité solaire ne présente aucune tendance systématique susceptible d’expliquer le récent réchauffement de la planète".

Les affirmations selon lesquelles la durée des cycles solaires est la source du réchauffement climatique s’appuient sur un seul papier publié il y a pratiquement 20 ans. Des travaux plus récents, comprenant notamment un article publié par l’un des auteurs de l’article de 1991 concluent le contraire. La durée des cycles solaires montre qu’en réalité la contribution du soleil au réchauffement climatique observé depuis 1975 est très faible. En fait, des mesures directes de l’activité solaire (la durée des cycles solaires n’étant qu’un indicateur indirect de cette activité) indiquent même que le soleil a légèrement contribué à limiter le réchauffement constaté au cours des dernières décennies.