logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
La fonte arctique est un phénomène naturel
date 20 mai 2010
texte+ texte- google twitter facebook

La fonte de la banquise en Arctique est un cycle naturel

L’argument des sceptiques...

“En 2007, la couverture de glace sur l’hémisphère Nord a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré, et le passage du Nord-Ouest était libre de glace. On nous a dit alors que la banquise fondait plus rapidement que prévu. On ne nous a pas dit par contre que les relevés sur lesquels se basent ce soi-disant record ne sont disponibles que depuis la fin des années 70. Nous savons que le passage du Nord Ouest a déjà été libre de glace avant cette date » (Matt Rogers)

Ce que dit la science...

La couverture de glace en Arctique a diminué au cours des trente dernières années. Le taux de fonte s’accélère et dépasse en fait les projections de la plupart des modèles.

Le réchauffement global affecte la banquise en Arctique de diverses manières. A l’aide de bouées dérivantes et de données satellites radiométriques, on observe des températures de l’air plus élevées depuis les trois dernières décennies (Rigor 2000, Comiso 2003). Le rayonnement infrarouge descendant a augmenté en accord avec la théorie qui veut que celui-ci se renforce lorsque la température de l’air, la vapeur d’eau et la nébulosité augmentent (Francis 2006). Davantage de chaleur est transporté par l’océan vers les eaux arctiques (Shimada 2006).
Au fur et à mesure que la banquise fond, des rétroactions positives accélèrent encore davantage le rythme de la fonte. La rétroaction positive glace-albédo est devenue le facteur dominant depuis le milieu/la fin des années 1990 (Perovich 2007). En principe, les glaces pluriannuelles plus épaisses sont susceptibles de persister durant l’été arctique ; elles réfléchissent une plus grande partie du rayonnement solaire vers l’espace, et isolent ainsi l’océan. Or les mesures satellites montrent que sur les dernières décennies la quantité de glace pluriannuelle a diminué de manière systématique (Nghiem 2007). Par conséquent, l’épaisseur moyenne de la banquise arctique est passée de 2,6 mètres en mars 1987 à 2,0 mètres en 2007 (Stroeve 2008).

Le réchauffement global a clairement un effet à long-terme sur la glace de mer arctique. En fait, alors que les modèles climatiques prévoient un déclin de la banquise Arctique en réponse à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre, le niveau actuel de la fonte, à la fin de l’été Arctique, est environ 3 fois plus rapide que les projections de modèles (Stroeve 2007).

Figure 1 : Extension de la banquise Arctique (trait fin, bleu pale) superposée à sa tendance linéaire à long-terme (trait épais, bleu foncé). L’extension de la banquise correspond à la surface délimitée par le bord de la glace de concentration inférieure à 15%

Quelles sont les mécanismes à l’origine du retrait massif de la banquise en 2007 ?

La perte brutale de banquise en 2007 a dépassé la plupart des projections. La couverture de glace estivale était 40% plus basse que celle des années 1980 et 20% au dessous du record précédent en 2005. Les conditions atmosphériques furent le principal facteur de cette fonte de 2007.

Une circulation anticyclonique s’est formée au début du mois de juin 2007 sur le bassin arctique et a persisté pendant 3 mois (Gascard 2008). Cette anomalie était concomitante avec des basses pressions sur la Sibérie centrale et occidentale. Des vents de Sud persistants entre les centres de haute et basse pression entrainent des températures de l’air plus chaudes que la normale sur le Nord de la Sibérie et donc une fonte plus marquée. Les vents ont également provoqué un détachement de glace des côtes sibériennes et son transport vers le centre du bassin Arctique.
D’autre part, des conditions de ciel clair en régime anticyclonique ont dominé. Moins de nébulosité a accentué la quantité de rayonnement solaire atteignant la banquise et favorisant ainsi une fonte marquée (Kay 2008).

Ces conditions de vent et de nébulosité étaient toute deux anormales mais pas sans précédant. Des structures semblables ont été observées en 1987 et 1977. Cependant, leur occurrence n’a pas conduit à des effets aussi marqués qu’en 2007. La perte massive de banquise en 2007 trouve son origine dans le fait que le pack de glace est devenu plus mince et s’est réduit en surface au cours des deux dernières décennies, ce qui rend la banquise plus vulnérable aux conditions atmosphériques du moment (Nghiem 2007).

Conclusion

Des discussions récentes sur les oscillations océaniques ont suggéré que la variabilité interne du système climatique pourrait ralentir le réchauffement global. La fonte de la banquise arctique en 2007 est un bel exemple montrant que la variabilité interne, ici l’atmosphère, peut tout aussi bien renforcer considérablement la tendance basse fréquence du réchauffement global.