logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Secteurs d’activités > Activités forestières > Chiffres et études > La déforestation tropicale modifie la pluviométrie
La déforestation tropicale modifie la pluviométrie
date 26 septembre 2005
texte+ texte- google twitter facebook

La déforestation tropicale modifie la pluviométrie

Actuellement, les scientifiques estiment qu’entre un tiers et la moitié des surfaces terrestres du globe ont été transformées par les activités humaines. Les conséquences dans les zones tropicales boisées affecteraient l’ensemble du cycle des précipitations dans le monde.

A ce titre, une nouvelle étude nous éclaire sur les effets à long terme de la déforestation à grande échelle dans les régions tropicales, sur le climat planétaire.

Des chercheurs de l’université de Duke aux USA ont analysé des données pluriannuelles afin de réaliser plusieurs simulations climatiques. Ils ont utilisé pour cela les modèles GCM et GPCP du NASA Goddard Institute
(GCM = General Circulation Model, Model général de circulation ; GPCP = Global Precipitation Climatology Project, Projet climatologique de précipitation mondiale). Leurs résultats montrent que le déboisement dans différentes zones du globe affecte le cycle normal des précipitations sur une région considérable.

Le déboisement dans le bassin de l’Amazone en Amérique Centrale modifie la précipitation du Mexique jusqu’au Texas et dans le Golfe du Mexique. De même, la coupe du bois en Afrique a une influence sur la pluviométrie dans le centre-ouest des Etats-Unis, tandis que le déboisement en Asie du Sud-Est change la pluviométrie en Chine et dans les Balkans.

Il faut noter que ces changements se produisent surtout pendant certaines saisons et que si la déforestation diminue la quantité de pluie reçue en certains endroits, elle l’augmente en d’autres.

Ces résultats contredisent des études antérieures qui suggéraient que le déboisement devait induire une diminution de la quantité de pluie et une augmentation de la température dans le bassin de l’Amazone, tout en ayant un impact insignifiant sur le cycle planétaire de l’eau.

Roni Avissar, auteur principal de l’article, publié en avril 2005 dans la revue "Journal of Hydrometeorology" déclarait que les résultats étaient plutôt surprenants puisque les effets de la déforestation ne se limitaient plus seulement à l’espace dans et autour des régions concernées mais aussi dans les moyennes et même hautes latitudes.

Par exemple, les coupes en Amazonie diminuent fortement la quantité de pluie dans le Golfe du Mexique, le Texas et le nord du Mexique au printemps et en été, alors que cette précipitation est primordiale pour l’agriculture.

Le déboisement en Afrique Centrale a des effets similaires, avec moins de pluie dans la partie basse du centre-ouest des Etats-Unis au printemps et en été, et dans la partie haute en hiver et au printemps.

L’élimination d’une de ces forêts tropicales : Amazonie, Afrique Centrale ou Asie du Sud-Ouest augmenterait considérablement le niveau de pluie sur la pointe sud de la Péninsule Arabe. Cependant, les effets combinés de la déforestation dans ces trois régions entraînerait une perte considérable de précipitations en Californie en hiver.

Par conséquent, une meilleure compréhension du fonctionnement des régions tropicales boisées est nécessaire pour les scientifiques parce qu’elles ont une influence majeure sur le climat planétaire. Ainsi, le bassin de l’Amazone est un véritable système de redistribution du climat à travers le monde. En effet, les régions tropicales reçoivent les deux tiers de l’ensemble des précipitations sur Terre. Or, lorsqu’il pleut, l’eau passe de l’état gazeux à l’état liquide pour s’évaporer de nouveau ; ces processus accumulent ou libèrent de la chaleur ce qui fait des régions tropicales la première source de redistribution de chaleur pour la Terre.

Selon Avissar, le déboisement ne semble pas modifier le cumul moyen des pluies à l’échelle du globe, mais cela change la distribution et le cycle des précipitations de par son influence sur la quantité de chaleur sensible et de chaleur latente (celle libérée lorsque la vapeur d’eau se

condense) dégagée. Ceci induit des changements dans la distribution de la pression atmosphérique qui altère à son tour le schéma normal de la circulation planétaire, déplaçant les cellules de tempêtes loin de leur trajets habituels.

C’est pourquoi, à cause de la position de l’Amazone, tout aléa météorologique dans la région peut

provoquer des changements importants ailleurs dans le monde, tels que des périodes de sécheresse, ou des fortes tempêtes.

Il est évident que les changements dans l’occupation du sol des régions tropicales génèrent des conséquences potentiellement significatives pour les ressources en eau, la fréquence des incendies, l’agriculture et les activités associées, même en des endroits éloignés.

Tandis que les études liées aux émissions de gaz à effet de serre et autres polluants reçoivent

une attention toute particulière, cette étude montre que les modifications dans l’occupation du sol est un autre paramètre important qu’il faut prendre en compte dans l’élaboration des politiques climatiques. D’autant plus que la vitesse de déboisement en Afrique Centrale, Asie du Sud-Ouest et Amérique Latine est restée constante, voire en augmentation depuis ces deux dernières décennies. Les changements dans l’occupation du sol peuvent atténuer ou exacerber l’effet de serre.

Les chercheurs nous avertissent toutefois que leurs résultats sont basés sur des simulations numériques avec un seul modèle de circulation planétaire. Il y a donc intérêt à refaire l’expérience avec d’autres modèles et d’autres variables climatiques.

Leurs recherches actuelles essaient de savoir pourquoi la déforestation a une telle influence sur le cycle des précipitations au fil des saisons.

26.09.2005 notre-planete.info (Christophe Magdelaine)
http://www.notre-planete.info/actua...