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Accueil > Presse > Derniers Communiqués > La conférence de Doha renforce la crise climatique
La conférence de Doha renforce la crise climatique
date 8 décembre 2012
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Doha (Qatar), le 8 décembre 2012 : Au terme de deux semaines de discussions, conclues – encore - par une laborieuse session finale, la conférence internationale sur le climat a entériné l’inaction face aux changements climatiques. Les gouvernements ont échoué à prendre les mesures dictées par la science pour éviter un réchauffement de 4 à 6°C , et à prévoir les financements publics nécessaires pour aider des pays les plus vulnérables.

Communiqué du Réseau Action Climat – France

Les mains dans les poches, rien dans les poches

Les ministres à Doha n’ont aucune excuse. L’année 2012 a illustré - souvent violemment - l’ampleur des changements climatiques, au nord comme au sud. Peu avant la conférence, plusieurs rapports avaient alerté sur ce que signifie une planète à +4°C. Pourtant, les pays développés sont venus négocier à Doha sans réel mandat pour renforcer leur ambition en matière de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les pays sont également venus les mains vides malgré les appels à l’aide des pays les plus pauvres pour faire face aux impacts du changement climatique. « Adapter l’agriculture paysanne aux sécheresses répétées, construire des digues face à l’élévation du niveau des mers coûte très cher aux pays vulnérables. Les maigres engagements financiers pris à Copenhague (fast-start) se terminent déjà cette année. En 2013, la plupart des pays développés ont décidé de ne pas reconduire cette aide. Pour les populations pauvres qui subissent les impacts du changement climatique, c’est une trahison !", s’insurge Alix Mazounie, chargée des Politiques internationales au Réseau Action Climat - France.


Protocole sauvé, mais Protocole déserté

Arrivant à échéance le 31 décembre 2012, le Protocole de Kyoto – seul accord sur le climat – a été prolongé pour une période de 8 ans à compter du 1er janvier 2013. Il inclut les pays de l’Union Européenne, l’Australie, l’Islande, la Norvège et la Suisse, qui représentent 15% des émissions mondiales suite aux démissions du Japon, de la Russie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande. La Pologne et la Russie, arc-boutées sur leurs privilèges issus de la première période (« air chaud » ) [1] ont bien failli torpiller la signature de cette seconde période. « Cet accord sur la prolongation du Protocole maintient l’ossature d’une action collective contre le changement climatique mais reste largement insuffisante pour parvenir à l’objectif acté à la conférence de Copenhague de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre de 2°C », rappelle Célia Gautier du Réseau Action Climat – France.


L’accord de 2015 se dessine dès 2013

Les accords de Durban en 2011 avaient rassemblé les états autour d’un objectif commun : trouver un accord de lutte mondial contre les changements climatiques d’ici 2015. A condition de renforcer radicalement nos efforts en dès Doha, notamment en matière de justice climatique. « Mais les décisions prises ou plutôt arrachées à Doha nient l’urgence climatique dans les pays vulnérables. Dans ce contexte, quel intérêt et quelle confiance auront-ils à signer un accord mondial en 2015 sans prévisibilité sur les financements et sans volonté politique des Etats développés ? ».

La conférence de Doha clôturée, tous les regards se tournent vers Paris, qui s’est proposée d’accueillir le sommet en 2015. La France va devoir assumer cette responsabilité en traçant dès maintenant une trajectoire vers cet accord mondial et équitable.


Contacts Presse (à Doha et à Paris) :


- Alix Mazounie : Politiques internationales – RAC-F - +974 333 87 843 - alix@rac-f.org
- Célia Gautier : Politiques européennes – RAC-F - +33 (0)6 72 34 00 27 - celia@rac-f.org
- Marc Mossalgue : Information / communication - +974 333 87 032 - marc@rac-f.org

QUE CONTIENT « LA DECISION DE DOHA » :

- Une décision sur les financements vidée de toute sa substance qui ne met pas un centime sur la table pour 2013-2015 et ne propose pas de trajectoire pour atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, engagement pris par les pays développés depuis Copenhague. La décision invite les gouvernements à indiquer leur trajectoire financière jusqu’en 2020, appelle les Etats à financer l’adaptation en priorité avec des financements publics et encourage les pays développés à maintenir les niveaux actuels de financements climat.
- Une deuxième période d’engagement sous le Protocole de Kyoto bourrée d’échappatoires qui permettront aux pays d’utiliser et de vendre les surplus de quotas d’émissions de CO2 (« l’air chaud »).

- Un appel – plutôt qu’un mécanisme formel et ambitieux – pour que les pays du Protocole de Kyoto revoient leurs objectifs de réduction d’émissions à la hausse (entre -25 et -40%) d’ici 2014 au plus tard. Si la décision aurait pu être plus forte, elle renforce l’obligation morale pour les pays d’accroître leurs objectifs de réduction avant 2020 et précise la date pour le faire.

- Un programme de travail sur les pertes et dommages liés au changement climatique pour aider les victimes du changement climatique qui commencera immédiatement en vue d’établir un dispositif institutionnel, tel qu’un mécanisme international, à la COP19.

- Aucune décision sur la comparabilité des efforts de réduction d’émission pour l’ensemble des pays développés (ceux dans Kyoto et ceux qui n’y sont pas ou plus).

date Notes

[1Lors de la 1ère période du Protocole de Kyoto, certains pays ont largement dépassé leurs objectifs de réduction et créé une bulle gigantesque de permis d’émissions excédantes (13 milliards de tonne de CO2 ou "d’air chaud"). En transférant ce surplus de permis d’émission dans la 2ème période du protocole, cela signifie que les Etats pourront atteindre leurs objectifs de réduction en 2020 sans fournir de réels efforts. La Pologne et la Russie ont bloqué un accord à Doha pour définitivement annuler cet air chaud qui représentera donc une menace pour l’intégrité environnementale du Protocole.