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La climatisation à haute dose contribue à l’effet de serre
date 6 février 2006
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La climatisation à haute dose contribue à l’effet de serre
Le Figaro, 31 mai 2004

La ruée sur les climatiseurs est néfaste pour la planète

Les spécialistes de l’environnement s’inquiètent du boom de la climatisation dans les logements et les véhicules, consécutif à la canicule de l’été dernier. Au point que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’apprête à publier un guide destiné aux consommateurs. Et que le ministère de l’Ecologie envisage de rendre obligatoire, dans le plan climat qu’il prépare pour le mois de juillet, la vérification de la climatisation lors du contrôle technique des automobiles.

C’est l’histoire du chien qui se mord la queue : plus les températures augmentent et plus on a recours à la climatisation, mais plus on branche la clim et plus on contribue au réchauffement de la planète. Pourtant, depuis la canicule de l’été 2003, les particuliers se ruent sur les systèmes qui permettent de refroidir l’atmosphère. Les fabricants sont en rupture de stocks, les installateurs remplissent leurs carnets de commandes et les prix des appareils flambent (+ 5% à + 10% en un mois).

Les défenseurs de l’environnement, eux, prêchent dans le désert. Difficile, après les 15 000 morts de l’été dernier de dénoncer les méfaits de la climatisation sans passer pour un sauvage. « Il ne s’agit pas de bannir la climatisation mais de limiter son utilisation afin de réduire ses effets désastreux sur l’environnement, plaide Olivier Louchard, coordinateur du Réseau action climat (RAC). Car elle a deux types d’impact : elle entraîne une surconsommation d’énergie et rejette des gaz à effet de serre au pouvoir réchauffant. »

Utile pour les personnes fragiles en cas de fortes chaleurs, la climatisation est un non-sens écologique, qu’elle soit utilisée dans les logements ou en voiture. Dans l’habitat, les systèmes de refroidissement se révèlent d’énormes consommateurs d’énergie. « Pour un logement moyen, les climatiseurs accroissent la consommation d’électricité de 500 kWh par an, affirme Virginie Schwartz, directrice de l’énergie à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Dans la région de Nice en plein été à midi, la climatisation représente 40% de la consommation d’électricité totale. » Au point que certains craignent des problèmes de distribution d’électricité en cas de vague de chaleur.

Pour le moment, seulement 3% des logements particuliers possèdent un appareil de climatisation mais l’engouement actuel (+ 70% en un an) annonce une explosion des équipements, d’autant que, selon les spécialistes, les périodes de canicule se produiront de façon plus rapprochée que par le passé. « Tout laisse à penser qu’EDF aura du mal à fournir les consommateurs, ne pourra plus respecter les règles de rejets des températures dans l’eau comme l’été dernier et devra remettre en service les centrales thermiques qui contribueront à l’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre », affirme Claude Aubert, auteur d’un ouvrage sur les alternatives à la climatisation à paraître le 8 juin (1).

Autre effet dévastateur pour l’environnement : les climatiseurs fonctionnent avec des fluides frigorigènes à base d’hydrofluorocarbones (HFC) qui ont un fort pouvoir de réchauffement. « Au bout d’un certain temps, un système de climatisation se dégrade et les circuits, les joints et les tuyaux laissent fuir du HFC dans l’atmosphère », explique Olivier Louchard.

Ces fuites se constatent aussi sur les voitures équipées de la climatisation dont les circuits ne sont pas étanches. Or un gramme de fluide utilisé en climatisation automobile réchauffe 1 300 fois plus l’atmosphère qu’un gramme de CO2, le plus connu des gaz responsables du changement climatique. Par ailleurs, les véhicules climatisés consomment 25% à 35% de carburant de plus en ville, et 10% à 20% de plus sur route. Des chiffres que conteste le constructeur Renault : « La surconsommation de carburant est comprise entre 0,35 et 0,5 litre pour 100 kilomètres parcourus et par an, affirme un porte-parole de la firme. Quant aux fuites, nous les évaluons à 53 grammes de produits par an. Nous travaillons actuellement sur le remplacement des HFC par du CO2 pour les systèmes de climatisation. Ces recherches sont indispensables car la climatisation est devenue un équipement classique, au même titre que les airbags. »

Aujourd’hui, trois véhicules sur quatre vendus en France disposent, en effet, de la climatisation. En 2020, neuf véhicules sur dix seront climatisés. Il ne s’agit donc pas de la diaboliser mais de la réglementer et de l’améliorer. « Un volet important du plan climat, prévu pour début juillet, sera consacré à la climatisation, précise le ministère de l’Ecologie et du Développement durable. L’idée est de sensibiliser les consommateurs à ses effets sur l’environnement, d’insister sur l’exemplarité de l’État et d’encourager la recherche sur les alternatives possibles. Pour les automobiles, on envisage de rendre obligatoire la vérification de la climatisation lors du contrôle technique. » Une mesure qui permettrait de limiter les dégâts mais qui est loin de faire l’unanimité parmi les constructeurs.

(1) Fraîcheur sans clim’, le guide malin des alternatives écologiques, Claude Aubert et Thierry Salomon, Editions Terre vivante.