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Accueil > Changements climatiques > Réponses aux sceptiques > Réactions & droits de réponse > La chronique d’Eric Le Boucher s’est interrompue, achevez-la !
La chronique d’Eric Le Boucher s’est interrompue, achevez-la !
date 15 juillet 2004
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Voir l’article de la rubrique Economie du Monde d’Eric Le Boucher datant du 7 juillet 2004, à l’origine de la réponse suivante :

La chronique d’Eric Le Boucher s’est interrompue, achevez-la !

Jean-Louis FELLOUS (1)

M. Eric Le Boucher part en vacances la conscience tranquille. Le climat peut bien se réchauffer, il aura fini son année en décochant une flèche fatale, croit-il, au protocole de Kyoto et à ses défenseurs, qu’il réduit aux « écologistes » (Le protocole de Kyoto est moribond, achevons-le !, Le Monde, 4-5 juillet 2004). Il a des lectures, notamment celle du danois Björn Lomborg, un obscur statisticien qui s’est taillé une réputation sans commune mesure avec ses talents en prenant le contre-pied de toute la communauté scientifique mondiale du climat (à laquelle il n’appartient pas) à partir de lectures erronées (on veut le croire) de certains résultats. Ainsi de cette fable qu’il colporte selon laquelle « la mise en œuvre du protocole devrait permettre de réduire de 0,15°C » une hausse attendue de la température moyenne globale comprise entre 1,4 et 5,8°C d’ici à 2100.

M. Eric le Bourricot lit Lomborg, mais il ne lit pas Le Monde, qui donnait dans son numéro du 20-21 juin la parole à Jean Jouzel, climatologue, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace, auteur d’un livre paru en 2004 intitulé « Le Climat : jeux dangereux », dans lequel il démonte ces assertions fallacieuses : « Il est un autre argument employé par Björn Lomborg, et repris malheureusement par de nombreux médias nationaux et que nous aimerions commenter. Il affirme tout simplement que les efforts exigés par le Protocole ne serviraient tout bonnement à rien. Selon lui, ils ne diminueraient le réchauffement que de moins de 0,2°C. [...] Ce chiffre provient d’une simulation dans laquelle deux scénarios d’émissions de gaz carbonique sont utilisés. Dans le scénario de référence dit « Business as usual », l’utilisation annuelle de carbone passe de sa valeur actuelle proche de 7 GtC (milliards de tonnes) à 20,6 GtC à la fin du siècle. Dans le second scénario choisi, les accords de Kyoto sont respectés entre 2008 et 2012 puis les émissions repartent de plus belle ! Autrement dit, il [Lomborg - et avec lui Le Boucher] postule qu’après avoir limité leurs émissions pendant 10 ans, les Etats lâchent subitement la bride. A la suite d’un comportement aussi fantaisiste, les émissions atteindraient 19,5 GtC par an en 2100. » M. Le Bouché, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Jean Jouzel est poli, il ne s’agit pas de fantaisie, mais d’escroquerie intellectuelle. Il en va de même lorsque l’article évoque l’aide que les « immenses sommes d’argent » gaspillées pour appliquer le Protocole de Kyoto pourraient représenter pour les pays pauvres. Qui peut croire à de telles promesses qui n’engagent que ceux qui font semblant de les croire.

Soldant sa viande avariée, M. Le Boucher trompe son lecteur sur la marchandise. Il fait partie de ceux qu’il faut bien appeler les négationnistes du climat, fort peu nombreux au demeurant, mais bénéficiant d’appuis au sein des lobbies économiques peu soucieux de troquer leurs profits à court terme contre ce que faute de mieux on appelle développement durable. Sans doute est-il de ceux qui critiquent les mesures envisagées contre les véhicules polluants (voir l’intervention de R. Lion dans le Monde du 1er juillet, après un fâcheux éditorial du Monde du 25 juin).

M. Le Cynique conclut sur l’illusion d’un développement différent qu’il assimile, en l’absence de contradicteur, à un retour en arrière, et se fend de ce magnifique aphorisme : « Seul le progrès est la solution aux dégâts du progrès ». La formule est plaisante, mais trompeuse : « Seule la bêtise est la solution aux dégâts de la bêtise », « seule l’escroquerie est la solution aux dégâts de l’escroquerie », etc. Ajoutons-en une vraie, à l’attention de la rédaction du Monde, qui ne peut continuer d’osciller entre éveil de la conscience citoyenne sur le climat, et dénégation fallacieuse : « Seule la fin de cette chronique imbécile est la solution aux dégâts de cette chronique imbécile ». Bonnes et très longues vacances, M. Le Boucher.

(1) Directeur de recherches océaniques à l’IFREMER, auteur de « Avis de tempêtes - La nouvelle donne climatique » (Odile Jacob, 2003).