logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Secteurs d’activités > Energie > Nucléaire > La canicule sonne le glas du nucléaire
La canicule sonne le glas du nucléaire
date 25 juillet 2006
texte+ texte- google twitter facebook

La canicule sonne le glas du nucléaire

Depuis des années, de puissantes campagnes publicitaires et les discours gouvernementaux tentent d’imposer l’idée que le nucléaire, ne dégageant pas de gaz à effet de serre, permettrait de lutter contre le réchauffement climatique.

Or, la canicule actuelle montre que c’est en réalité le réchauffement climatique qui s’attaque au nucléaire et non l’inverse !

En ce moment, comme ce fut déjà le cas pendant la canicule 2003, EDF est obligée d’importer de l’électricité (non nucléaire) de chez nos voisins. Un comble pour le royaume de l’atome.

En effet, la majorité des réacteurs nucléaires sont menacés de fonctionner à bas régime ou même d’être arrêtés car il devient impossible de les refroidir : l’eau des rivières est trop chaude ou en quantité insuffisante.

Par ailleurs, les rejets chimiques et radioactifs massifs des centrales nucléaires sont encore plus dangereux pour l’environnement et la santé publique lorsque les débits des rivières sont très faibles. Et la canicule entraîne une démultiplication des émissions de légionelles (qui sont mortelles par inhalation) par les tours de refroidissement des centrales nucléaires.

Qui plus est, EDF nous fait courir un danger nucléaire maximal en faisant fonctionner "à flux tendu" des 14 réacteurs situés en bord de mer.

Justement, pour sauver le nucléaire de la disparition, des gens imaginent que des dizaines de réacteurs nucléaires pourraient être construits le long des cotes. Mais ce serait un échec sur plusieurs plans : en particulier, il serait pratiquement impossible d’acheminer l’électricité dans tous le pays.

Cela nécessiterait des milliers de kilomètres de lignes THT (Très haute tension), défigurant le pays bien plus que les éoliennes. Il y aurait aussi d’énormes pertes en ligne et, on revient à la question climatique, une extrême fragilité en cas de tempêtes ou de cyclones qui, nous allons y venir, ne manqueront pas de surgir de plus en plus souvent.

On le voit, le nucléaire est de toute façon dans l’impasse. Il y a peu, la France se moquait de l’Italie qui, grâce à un référendum organisé après Tchernobyl, a décidé de se passer de nucléaire. Hé bien, c’est actuellement cette même Italie qui vend à la France l’électricité nécessaire pour éviter la pénurie.

Mais, c’est une évidence, les pays voisins ne pourront indéfiniment nous céder leur électricité. Et, quand bien même la France passerait sans pénurie l’été 2006, la défaillance du parc nucléaire est inévitable à brève échéance : même si les mesures nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique étaient prises immédiatement (ce qui est loin d’être le cas), on sait que le phénomène va encore s’aggraver pendant des décennies.

Donc, les canicules et les sécheresses vont être de plus en plus fréquentes et intenses, et la France nucléaire va rapidement se retrouver dans une situation catastrophique. Il faut d’ailleurs noter que le réchauffement climatique s’accompagne d’épisodes très violents comme la tempête de décembre 1999 au cours de laquelle la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), gravement inondée, a frôlé la catastrophe. De tels phénomènes vont aux aussi gagner en intensité et en fréquence.

Aussi, deux constats s’imposent :
- le réchauffement climatique est un problème bien réel qui va s’aggraver de façon dramatique
- prétendre que le nucléaire constitue une solution, même partielle, est non seulement faux mais nous mène droit à la pénurie, à la catastrophe atomique... ou aux deux simultanément.

Cohérents dans l’irresponsabilité, les promoteurs du nucléaire comme "solution" au réchauffement climatique sont aussi ceux qui ont célébré le Viaduc de Millau et l’Airbus A380... les deux plus parfaits symboles des émissions de gaz à effet de serre. En effet, les transports en sont les premiers responsables, avec 30 % des émissions nationales et une croissance rapide de 1,7% par an en moyenne entre 1990 et 2002.

Le secteur résidentiel-tertiaire est une autre source importante d’émissions de gaz à effet de serre, qui a augmenté de 9% entre 1990 et 2002. Le pire est que cela va s’aggraver irrémédiablement avec l’essor... des climatiseurs qui, pour tenter d’apporter un peu de fraîcheur, démultiplient la consommation d’énergie... tout en dégageant des gaz à effet de serre 1300 fois plus dangereux que le CO2.

Alors, la planète est-elle condamnée ? Non : il se trouve que les solutions que nous proposons pour sortir du nucléaire sont, justement, les seules qui permettront de lutter réellement contre le réchauffement climatique.

En particulier, il faut d’urgence lancer un grand plan de rénovation de tous les bâtiments et ne plus construire que des bâtiments dit "passifs" : extrêmement bien isolés, équipés de panneaux solaires et de pompes à chaleur (qui récupèrent les calories sous dans le sol), ils n’ont pas besoin d’être raccordés au réseau électrique.

De façon générale, les pays riches doivent réduire fortement leur consommation énergétique et, dans le même temps, financer le développement des énergies renouvelables partout sur la planète.

Ceux qui estiment que ce programme est utopique doivent reconnaître que, en fin de compte, ils ne veulent pas laisser aux générations futures une terre habitable. C’est par exemple le cas de M. Sarkozy qui a décrété, dans sa déclaration sur l’énergie du 15 avril 2005 à l’Assemblée nationale, que la France devrait produire en 2030... deux fois plus de richesses qu’aujourd’hui : une véritable folie.

Cohérent dans l’irresponsabilité, M. Sarkozy a aussitôt annoncé la construction en France d’un réacteur nucléaire supplémentaire, l’EPR. Le plus incroyable est qu’il reste encore des gens pour croire que c’est ainsi que l’on sauvera la planète...

le 25 juillet 2006 image1 par Stéphane Lhomme (Réseau Sortir du Nucléaire)