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La France veut aller au-delà des objectifs fixés par Kyoto
date 6 janvier 2006
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La fameuse dision par 4 en 2050...

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La France veut aller au-delà des objectifs fixés par Kyoto

Alors que le protocole sur la réduction des gaz à effet de serre entre en vigueur mercredi 16 février, Jacques Chirac propose de diviser par quatre les émissions de CO2 d’ici à 2050. La Grande-Bretagne est aussi déterminée à faire plus.
"Kyoto n’est qu’un premier pas. Nous devrons aller beaucoup plus loin et diviser par quatre, d’ici à 2050, les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des pays développés ." Par ces mots prononcés, mardi 15 février, le président Jacques Chirac a confirmé l’engagement de la France pour un objectif des plus ambitieux : réduire de 75 % ses émissions en 2050, alors que le Protocole de Kyoto n’exige que 5 % en 2010 pour les pays développés.

Cette annonce intervient alors que le Protocole entre en vigueur mercredi 16 février. M. Chirac s’exprimait en conclusion d’une table ronde consacrée au changement climatique, et à laquelle assistaient notamment Rajendra Pachauri, président du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, et Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale.

M. Chirac confirme l’objectif fixé pour la France en 2050, affiché en février 2003 par M. Raffarin et dans le Plan Climat de juillet 2004. La France s’inscrit ainsi aux côtés du Royaume-Uni. En février 2003, le premier ministre Tony Blair écrivait, dans le Livre Blanc sur l’énergie, définissant la politique énergétique britannique dans les prochaines années : "Nous montrons la voie en plaçant le Royaume-Uni sur le chemin d’une réduction de 60 % de ses émissions de gaz carbonique en 2050." M. Blair a, depuis toujours, manifesté l’importance qu’il accorde au problème climatique, le qualifiant le 8 février devant les Communes de "plus grand défi à long terme pour l’économie mondiale".

La Grande-Bretagne a fait du changement climatique l’un des deux thèmes prioritaires, avec l’Afrique, du G8 qu’elle préside cette année. L’enjeu essentiel est de ramener les Etats-Unis, qui ont rejeté le Protocole de Kyoto en 2001, dans la discussion sur le climat, mais aussi les grands pays émergents, au premier rang desquels la Chine. L’absence d’engagement de celle-ci dans le Protocole de Kyoto est un des motifs du refus du traité par M. Bush.

Londres a donc fixé trois buts au G8, afin de retrouver des dénominateurs communs à tous : établir "une solide fondation sur la science" ; "trouver un accord sur le développement de la technologie et d’autres mesures" ; "engager les pays n’appartenant pas au G8 et ayant des besoins croissants d’énergie, tels la Chine et l’Inde" sur la façon de les satisfaire d’une manière supportable.

M. Chirac évoquera la question du climat avec M. Bush, qu’il rencontrera le 21 février à Bruxelles. "Notre premier objectif cette année, a indiqué le président de la République, doit être de réengager les Etats-Unis dans l’effort international de lutte contre le changement climatique."

Mais l’objectif de diminuer par quatre les émissions en 2050 ne risque-t-il pas de faire l’effet d’un chiffon rouge sur le président Bush ? C’est la question qui se pose à Bruxelles, où l’Union européenne hésite à reprendre à son compte cette mesure. La position de la France, venant après celle de la Grande-Bretagne, pourrait faire pencher la balance. Le document préparatoire au Conseil européen qui doit réunir les chefs des Etats membres, en mars, inclut cet objectif : "Le groupe des pays industrialisés devrait envisager des stratégies pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre de plus de 15 % en 2020 et de 60 % à 80 % en 2050, par rapport aux niveaux de 1990."

Si certains hésitent à prendre cet engagement qui pourrait braquer les Etats-Unis, d’autres pensent qu’il est indispensable pour faire venir les grands pays du Sud dans le processus de Kyoto et de réduction des émissions. D’ores et déjà, la Chine rejette dans l’atmosphère plus de gaz carbonique (3 270 millions de tonnes en 2002) que l’Union européenne (3 207). Si l’Europe confirme qu’elle est prête à aller plus loin que ses engagements de Kyoto, elle devrait avoir un effet d’entraînement sur les grands pays du Sud. Les Européens auront donc à choisir : apaiser les Etats-Unis ou convaincre la Chine ?

Indépendamment de cet effet d’affichage, la France et la Grande-Bretagne auront à prouver qu’elles sont capables de tenir leurs promesses. Dans ses conclusions, mardi matin, M. Chirac préconise "la réhabilitation énergétique des habitats anciens", "une réflexion particulière sur le transport aérien, qui doit assumer sa part de l’effort de réduction des émissions", le "renforcement des normes existantes" sur les véhicules automobiles Il n’est pas certain que de telles actions soient à la mesure des réductions envisagées.

M. Blair a ainsi renvoyé aux calendes l’idée d’une taxe sur les émissions de gaz carbonique par les avions. "Combien de responsables politiques confrontés à une élection voteraient pour mettre un terme aux voyages à bas prix ?", a-t-il remarqué devant les Communes le 8 février.

La politique française en matière de changement climatique n’est pas, elle non plus, exemplaire. Selon le Parti socialiste, qui devait présenter, mardi après-midi, un "Livre noir des politiques de la droite en matière d’environnement", le gouvernement manifeste une "passivité complète" sur le sujet du changement climatique. Le PS dénonce notamment la forte réduction des crédits pour financer les transports collectifs, le recul du service public ferroviaire et le développement du transport routier de marchandises.

Hervé Kempf
LE MONDE | 15.02.05